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Itinera Electronica Du texte à l'hypertexte Virgile Aeneis, Livre I |
4. L'inconnue écoute Énée et le rassure (369-417)
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CommentaireOlympe fermé...Vesper (1, 374). Vesper est l'étoile du Soir (ou du Berger), opposée à l'étoile du matin (ou Lucifer). Virgile imagine que son apparition entraînait, avec la tombée de la nuit, la fermeture des portes du palais des dieux, sur le mont Olympe.
Je suis le pieux Énée (1, 378-379). À rapprocher d'Homère, Odyssée, 9, 19-20, où Ulysse se présente au roi des Phéaciens. On notera l'insistance mise sur la piété du héros (1, 6).
terre de mes pères (1, 380). Première mention, discrète encore, du thème de l'Italie vue comme la terre ancestrale d'Énée. Selon le poète en effet, Dardanus serait originaire d'Italie (cfr 7, 205-209) : avec son frère Iasius (cfr 3, 168), il aurait quitté la ville étrusque de son père, Corythus (cfr 3, 170), pour gagner Samothrace et la Troade. En réalité, nulle part avant Virgile, il n'est question d'une origine italienne de Dardanus. Mais le poète tient beaucoup à cette innovation, sur laquelle il reviendra à plusieurs reprises (3, 94-96; 3, 163-171; 8, 36). Cette transformation apportée à la tradition prévirgilienne était d'importance. Devenu maintenant le descendant lointain d'un Italien, le troyen Énée n'arrive plus en Italie comme un étranger; il rentre dans sa patrie.
issue du grand Jupiter (1, 380). Par son père Anchise, Énée descend de la race de Dardanos et donc de Jupiter. Quant à sa mère, Aphrodite, elle était, rappelons-le, fille de Jupiter.
Phrygie (1, 381). Contrée d'Asie Mineure; le mot désigne ici Troie et la Troade. Le mot "Phrygiens" est souvent utilisé pour "Troyens" (cfr 1, 468).
mère divine (1, 382). Vénus, à qui Énée s'adresse sans la reconnaître. Selon Varron, nous apprend le commentaire de Servius, Énée fut, dès son départ de Troie, guidé par l'étoile de sa mère Vénus, dont la disparition signifiait qu'il était arrivé au terme de son voyage. Le motif de l'étoile-guide ne sera plus utilisé par Virgile dans la suite du récit. Manifestement le poète augustéen veut montrer qu'il connaissait cette tradition varronienne, qu'il n'a toutefois pas suivie dans son récit principal.
sept navires (1, 383). Cfr 1, 170.
Eurus (1, 383). Pour l'Eurus, voir 1, 84-86n. C'est le nom grec du vent du sud-est, dont le nom Latin est Volturnus, généralement synonyme de vent violent.
Aquilons (1, 391). L'Aquilon est le vent du nord (cfr 1, 102).
si du moins... (1, 392). Vénus essaie de se faire passer pour une prophétesse, afin de mieux convaincre son fils sans révéler son identité. Les augures interprétaient les signes envoyés par les dieux, notamment le vol des oiseaux.
colonne de douze cygnes... (1, 393-398). Les cygnes étaient des oiseaux consacrés à Vénus; s'il faut en croire une citation d'Aemilius Macer, conservée par Servius, ils étaient également censés envoyer des présages aux marins. L'aigle, quant à lui, était consacré à Jupiter. Il faut imaginer qu'un aigle avait fondu sur un groupe de cygnes, lesquels s'étaient envolés en se dispersant; ensuite, une fois le danger passé, les cygnes avaient repris leur place.
ainsi tes vaisseaux (1, 399-400). La pseudo-chasseresse interprète le prodige, qu'elle applique au cas des navires d'Énée. Le héros avait quitté Troie avec vingt bateaux (1, 381); la tempête avait englouti celui d'Oronte (1, 113-117); il en restait sept à Énée lorsqu'il aborde en Libye (1, 170). Il lui en manque donc douze : les douze cygnes représentent donc les douze navires qui vont être retrouvés.
ambroisie (1, 403). Dans la mythologie, l'ambroisie était à la fois une liqueur et un parfum, réservé aux dieux.
sa robe tomba... (1, 404-405). Vêtue en chasseresse, elle ne portait donc pas au départ la longue robe flottante caractéristique des déesses, du moins de celles qui n'ont rien à voir avec la chasse. Vénus dévoile donc ici sa divinité. "Les déesses glissent sur la terre sans y toucher", note le commentaire de M. Rat qui cite un texte du Mahabharata. Selon ce poème sanscrit, continue-t-il, "on reconnaît les dieux et les déesses à quatre signes : ils n'ont ni sueur ni poussière; ils ne clignent pas des yeux; ils n'ont pas d'ombre; leurs couronnes ne se flétrissent pas. Cette conception des dieux de l'épopée sanscrite est commune aux peuples indo-européens, et en particulier aux anciens Grecs et Latins." Cfr dans l'Énéide, en 5, 647-649, la liste des signes qui permettent de reconnaître qu'une divinité a pris l'apparence de Béroé. On verra aussi en 2, 588-592, l'éclat de Vénus se manifestant à Énée lorsqu'il envisage de tuer Hélène, pendant l'attaque des Grecs contre Troie.
si souvent (1, 407). Dans le reste de l'Énéide en tout cas, on n'en trouve pas d'autres exemples. Faut-il imputer ce détail au fait que Virgile n'a pas pu terminer son oeuvre ? Peut-être.
un sombre nuage (1, 411). Chez Homère aussi (Odyssée, 7, 14-17), Athéna enveloppe Ulysse d'un nuage, pour lui éviter d'être un objet de curiosité pour les Phéaciens. On est dans le domaine du merveilleux épique.
Paphos (1, 415-417). Vénus, heureuse d'avoir obtenu ce qu'elle souhaitait de Jupiter (1, 228) regagne Paphos, une ville de l'île de Chypre où elle avait un temple. Un autre de ses endroits de prédilection était l'île de Cythère (1, 257).
encens sabéen (1, 415-417). L'encens de Saba, une ville d'Arabie dans l'actuel Yémen, était renommé.
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