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Itinera Electronica Du texte à l'hypertexte Virgile Aeneis, Livre IV |
3. Le suicide, l'agonie et la délivrance (630-705)
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CommentaireBarcé, la nourrice de Sychée... (4, 632-633). Les nourrices jouent souvent un rôle dans l'épopée; qu'on songe à Euryclée, nourrice d'Ulysse (Homère, Odyssée, 1, 429; 19, 357); Caiète, nourrice d'Énée (7, 1ss). Virgile a peut-être trouvé cette donnée dans une source qui nous est inconnue; il a peut-être inventé ce nom pour servir d'éponyme à la dynastie historique des Barca, à laquelle avaient appartenu Hamilcar et Hannibal (cfr 4, 43). Par ailleurs, aurait-il choisi de mentionner la nourrice de Sychée, pour souligner le revirement de Didon, qui se rapprochait ainsi de l'époux trahi.
leur antique patrie (4, 633). La nourrice de Didon serait morte à Tyr.
eau vive (4, 635). Anne doit se purifier pour accomplir les rites, et l'eau, surtout l'eau vive, est un instrument normal de purification.
bandelette sacrée (4, 637). Il a été souvent question de ces bandelettes ou rubans qui interviennent regulièrement à Rome dans les cérémonies religieuses.
Jupiter Stygien (4, 638). Il s'agit de Pluton (Hadès), le dieu des enfers (Homère, Iliade, 9, 457). En 6, 138, Proserpine sera appelée Iuno inferna.
l'effigie du Dardanien (4, 640). Allusion au rite magique déjà mentionné (4, 504ss) : Didon veut mettre le feu au bûcher où sont entassés les souvenirs d'Énée. Jusqu'à la fin, elle feint de vouloir se guérir (ou se venger) d'Énée par la magie.
l'épée du Dardanien (4, 646). On peut imaginer que Didon avait demandé à Énée son épée, en gage d'affection (4, 508). C'est en tout cas ainsi que les continuateurs de Virgile comprendront les choses. Cfr Silius Italicus, Punica, 8, 149 et Ovide, Héroïdes, 7, 187.
les étoffes d'Ilion et le lit familier (4, 648). Cfr 4, 494-498 et 4, 507-508.
grande image de moi (4, 654). Les images ou ombres des morts paraissent plus grandes que nature (cfr pour l'ombre de Créuse en 2, 772-773). Mais même vivante, Didon fut grande (cfr ce qui suit immédiatement).
J'ai fondé... (4, 655-656). Les réalisations de Didon ont été détaillées par Vénus en 1, 338-368.
Que je serais heureuse, etc. (4, 657-658). À comparer avec les plaintes de Médée (Apollonius de Rhodes, Argonautiques, 3, 771-801 et 4, 30-33) et avec celles d'Ariane délaissée par Thésée (Catulle, 64, 171-172).
Nous mourrons invengée (4, 659-662). Didon n'a plus aucun espoir de se venger dans l'immédiat; elle ne le sera que plus tard.
La Renommée comme une bacchante (4, 666). Pour la Renommée, cfr 4, 173; pour l'évocation d'une bacchante, cfr 4, 300-303, où la comparaison s'applique à Didon, et non à la Rumeur.
Des lamentations, etc. (4, 667-671). Passage peut-être inspiré d'Homère, Iliade, 22, 410ss, où sont décrites les lamentations à la mort d'Hector.
se lacérant... (4, 673). Vers repris en 12, 871 (Juturne pleurant la mort de Turnus), et avec une légère variante en 11, 86 (Acétès pleurant la mort de Pallas).
Tu voulais me tromper, etc. (4, 675-676). Anna n'avait pas compris les intentions réelles de Didon : cfr 4, 474-503. Les développements qui suivent font penser à la confrontation entre Antigone et Ismène, en présence de Créon, chez Sophocle (Antigone, 536-581).
le peuple et le sénat de Sidon (4, 682-683). Sidon est mis ici pour Carthage. Quant à l'expression "peuple et sénat(en latin populumque patresque), elle est très romaine, les patres désignant ici les sénateurs.
ma bouche le cueillera (4, 684). "C'était une coutume romaine de recueillir sur la bouche d'un mourant son dernier souffle" (M. Rat). Cicéron (Verrines, 2, 5, 118) montre les mères qui "ne demandaient plus qu'une chose, la permission de recueillir dans un baiser le dernier soupir de leurs fils" (trad. G. Rabaud). Voir aussi, chez Ovide (Métamorphoses, 12, 423ss), le récit de la mort de Cyllare. Mais il y a beaucoup d'autres exemples.
sifflait la blessure (4, 689). L'air qui s'échappe en sifflant de sa blessure.
Iris (4, 694). C'est la première apparition dans l'Énéide de Iris, fille d'Électre et du centaure Thaumas, ce dernier étant l'un des fils de Pontos (la Mer) et de Gaia (la Terre). Elle est chargée, comme Hermès-Mercure, "de porter les messages, ordres ou conseils des dieux. Elle est plus particulièrement au service de Zeus, et surtout d'Héra, dont elle apparaît presque comme la servante. Parfois, d'autres divinités ont recours à ses services. Iris symbolise l'arc-en-ciel, et, de façon plus générale, la liaison entre la Terre et le Ciel" (P. Grimal). "Sur les vases peints, Iris est représentée avec une tunique flottante, des ailes sur les épuales, quelquefois aussi, ayant comme Mercure, des talonnières et portant, comme lui, le caducée, mais plus souvent sans talonnières et tenant, au lieu du caducée, réservé à Mercure, la ciste à parfums de Junon" (M. Rat). On retrouvera Iris plus loin, en 5, 606; 9, 2ss; 9, 804; 10, 38; et 10, 73.
avant le terme (4, 697). Les suicidés, morts avant le terme normal de leur vie, ont, dans la conception de Virgile (6, 434-439), un sort particulier dans l'autre monde, tout comme d'ailleurs les victimes de l'amour, parmi lesquelles on retrouvera Didon (6, 440-476).
Proserpine (4, 698). Première apparition dans l'Énéide de la déesse romaine des Enfers, assimilée à la Perséphone grecque, qui porte aussi le nom de Coré. Dans la version la plus courante, Perséphone-Coré est la fille de Zeus et de Déméter, la déesse de l'agriculture et du blé. Sa légende principale est l'histoire de son enlèvement par son oncle, Hadès (Pluton), frère de Zeus et roi du monde souterrain. Hadès, tombé amoureux de la jeune fille, l'avait enlevée à l'insu de sa mère, Déméter. Cette dernière, folle de douleur, partit à sa recherche à travers toute la Grèce. En fin de compte, un accord fut trouvé : Perséphone-Coré partagerait son temps entre le monde souterrain et le monde d'en-haut. Le symbolisme est assez clair : le blé qui, en tant que semence, demeure caché dans la terre; ultérieurement il brille dans les épis sur les champs. Proserpine joue le rôle de reine des Enfers, épouse de Pluton (Hadès); elle est appelée en 4, 138 Iuno inferna. On la retrouvera dans le chant 6 (6, 142; 6, 251; 6, 402).
le cheveu (4, 699). Chez Euripide (Alceste, vers 74-76), le dieu de la mort (Thanatos, en grec) apparaît avec une épée pour couper une boucle de la chevelure du mourant, transposition, semble-t-il, d'un détail du rituel du sacrifice : le sacrificateur commençait par couper sur la tête de la victime une touffe de poils qu'il jetait au feu. Chez Virgile, la divinité censée jouer ce rôle n'est pas, comme chez Euripide, le dieu de la mort, mais Proserpine elle-même, qui délègue d'ailleurs Iris. Macrobe (Saturnales, 5, 19, 1-5) discutera en détail cet épisode de l'Énéide.
Orcus (4, 699). "Nom d'une divinité infernale, et, par extension, des Enfers, puis de la mort chez les anciens Romains" (M. Rat). Cfr 2, 398, et 4, 242.
mille couleurs variées (4, 701). C'est l'arc-en-ciel (cfr supra) ce qui a été dit d'Iris.
Dis (4, 703). Dis ou Pluton (Hadès) est le nom du dieu des enfers (cfr 4, 702; 5, 732-733; 6, 127). Anchise annonce le contenu du chant 6, consacré à la "catabase'" ou descente aux enfers d'Énée.
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