Itinera Electronica
Du texte à l'hypertexte

Virgile Aeneis, Livre VIII

IV. La promenade dans Pallantée (306-369)

 1. Histoire du Latium et évocation de la future Rome (306-369)

Une fois accomplies les cérémonies religieuses,
tous se dirigent vers la ville. Le roi marchait, chargé d'ans;
il avait près de lui, pour l'accompagner, Énée et son fils;
et la conversation rendait la route moins rude.

8, 310 Énée admire et porte tout autour de lui des regards charmés;
les lieux le séduisent; il s'enquiert de tout avec plaisir
et écoute les souvenirs qui parlent des héros d'aurefois.
Alors le roi Évandre, fondateur de la citadelle de Rome, dit :
"En ces bois habitaient les Faunes et les Nymphes indigènes,

8, 315 ainsi qu'une race d'hommes nés du tronc de chênes durs,
êtres sans coutumes ni culture, qui ne savaient ni atteler des taureaux,
ni amasser des richesses, ni épargner ce qu'ils avaient acquis;
la cueillette et la chasse des bêtes sauvages assuraient leur subsistance.
Le premier qui vint de l'Olympe céleste fut Saturne,

8, 320 fuyant les armes de Jupiter, exilé, privé de son trône.
Il rassembla cette race ignorante et dispersée en haut des collines,
pour lui imposer des lois. Il choisit d'appeler ce lieu Latium,
puisqu'il s'était caché, bien à l'abri, sur ces bords.
Les siècles qui s'écoulèrent sous son règne, on les appelle

8, 325 dorés  : tant le roi maintint ces peuples dans une paix profonde,
jusqu'à ce que, peu à peu, lui succède un âge dégradé, sans éclat,
où la guerre faisait rage et où régnait  la soif de richesses.
Vinrent ensuite une troupe ausonienne et des tribus Sicanes,
et à plusieurs reprises la terre de Saturne changea de nom;

8, 330 puis il y eut des rois et le farouche Thybris au corps de géant;
c'est son nom que nous, Italiens, avons ensuite donné au fleuve Thybris,
et l'ancienne Albula perdit son vrai nom.
Et moi, chassé de ma patrie, je voulais atteindre l'extrémité des mers,
quand la toute puissante Fortune et l'inéluctable destin me firent

8, 335 toucher ces lieux : je suivais les oracles redoutables de ma mère,
la Nymphe Carmenta, et de son maître, le dieu Apollon".
À peine eut-il fini de parler qu'il quitta ce lieu, montrant
et l'autel et la porte que les Romains nomment Carmentale,
antique honneur accordé à la nymphe Carmenta,

8, 340 la prophétesse fatidique, qui fut la première à chanter
la future grandeur des Énéades et l'illustre Pallantée.
Ensuite, il montre l'immense bois sacré, que l'ardent Romulus
érigea en asile, et, à l'ombre fraîche d'un rocher, le Lupercal,
dédié, selon une coutume parrhasienne, à Pan Lycéen.

8, 345 Et il montre aussi le bois de l'Argilète sacré,
prend le lieu à témoin et raconte la mort de son hôte Argus.
De là, il le conduit vers la demeure de Tarpéia et vers le Capitole,
tout en or aujourd'hui, autrefois hérissé de ronces sauvages.
Déjà alors, un sentiment religieux effrayant émanait de ce lieu, épouvantant

8, 350 les paysans apeurés; déjà alors, le bois et le rocher les faisaient trembler.
"Ce bois", dit-il, "cette colline couverte de frondaisons,
un dieu (lequel, on ne le sait pas) les habite; les Arcadiens
croient avoir vu Jupiter en personne, quand dans sa main
il agite la noire égide et ébranle les orages.

8, 355 Tu vois aussi ces deux forteresses, aux murs écroulés;
ce sont des vestiges rappellant d'antiques héros.
La première fut fondée par le dieu Janus, l'autre par Saturne;
l'une fut appelée Janicule, l'autre Saturnia".
Tout en échangeant ces propos, ils s'approchaient de la demeure

8, 360 du pauvre Évandre, et apercevaient ici et là des troupeaux
mugissant en plein Forum romain et dans les élégantes Carènes.
Dès qu'ils furent arrivés à sa maison, Évandre dit : "Ce seuil,
Alcide le franchit, après sa victoire; ce palais l'accueillit.
Aie l'audace, ô mon hôte, de mépriser les richesses, et toi aussi,

8, 365 sois digne du dieu; viens, ne sois pas rebuté par notre pauvreté".
Il parla, et, sous les poutres de l'étroite demeure,
il introduisit le grand Énée; il le fit reposer sur une couche de feuilles,
recouverte de la peau d'une ourse de Libye :
la nuit était tombée et enserrait la terre de ses ailes sombres.

Exim se cuncti diuinis rebus ad urbem
perfectis referunt. Ibat rex obsitus aeuo
et comitem Aenean iuxta natumque tenebat
ingrediens uarioque uiam sermone leuabat.

310 miratur facilisque oculos fert omnia circum
Aeneas capiturque locis et singula laetus
exquiritque auditque uirum monimenta priorum.
Tum rex Euandrus, Romanae conditor arcis:
'Haec nemora indigenae fauni nymphaeque tenebant

315 gensque uirum truncis et duro robore nata,
quis neque mos neque cultus erat, nec iungere tauros
aut componere opes norant aut parcere parto,
sed rami atque asper uictu uenatus alebat.
Primus ab aetherio uenit Saturnus Olympo,

320 arma Iouis fugiens et regnis exsul ademptis.
Is genus indocile ac dispersum montibus altis
composuit legesque dedit Latiumque uocari
maluit, his quoniam latuisset tutis in oris.
Aurea quae perhibent illo sub rege fuere

325 saecula. Sic placida populos in pace regebat,
deterior donec paulatim ac decolor aetas
et belli rabies et amor successit habendi.
Tum manus Ausonia et gentes uenere Sicanae,
saepius et nomen posuit Saturnia tellus;

330 tum reges asperque immani corpore Thybris,
a quo post Itali fluuium cognomine Thybrim
diximus, amisit uerum uetus Albula nomen;
me pulsum patria pelagique extrema sequentem
Fortuna omnipotens et ineluctabile fatum

335 his posuere locis matrisque egere tremenda
Carmentis nymphae monita et deus auctor Apollo.
Vix ea dicta: dehinc progressus monstrat et aram
et Carmentalem Romani nomine portam
quam memorant, nymphae priscum Carmentis honorem,

340 uatis fatidicae, cecinit quae prima futuros
Aeneadas magnos et nobile Pallanteum.
Hinc lucum ingentem quem Romulus acer Asylum
rettulit et gelida monstrat sub rupe Lupercal,
Parrhasio dictum Panos de more Lycaei.

345 Nec non et sacri monstrat nemus Argileti
testaturque locum et letum docet hospitis Argi.
Hinc ad Tarpeiam sedem et Capitolia ducit,
aurea nunc, olim siluestribus horrida dumis.
Iam tum religio pauidos terrebat agrestis

350 dira loci, iam tum siluam saxumque tremebant.
Hoc nemus, hunc,' inquit, 'frondoso uertice collem
quis deus incertum est habitat deus: Arcades ipsum
credunt se uidisse Iouem, cum saepe nigrantem
aegida concuteret dextra nimbosque cieret.

355 Haec duo praeterea disiectis oppida muris,
reliquias ueterumque uides monimenta uirorum.
Hanc Ianus pater, hanc Saturnus condidit arcem:
Ianiculum huic, illi fuerat Saturnia nomen.'
Talibus inter se dictis ad tecta subibant

360 pauperis Euandri passimque armenta uidebant
Romanoque foro et lautis mugire Carinis.
Ut uentum ad sedes: 'Haec,' inquit, 'limina uictor
Alcides subiit, haec illum regia cepit.
Aude, hospes, contemnere opes et te quoque dignum

365 finge deo rebusque ueni non asper egenis.'
dixit et angusti subter fastigia tecti
ingentem Aenean duxit stratisque locauit
effultum foliis et pelle Libystidis ursae.
Nox ruit et fuscis tellurem amplectitur alis.


Commentaire

tout autour de lui (8, 310). Dans la ville de Pallantée, Virgile imagine déjà la Rome future avec ses monuments évocateurs d'histoire. Le poète très subtilement va mêler les plans chronologiques.

la citadelle de Rome (8, 313). À l'époque historique, le citadelle de Rome se dressait sur le Capitole. Virgile l'imagine ici sur le Palatin, là où Romulus avait, selon la légende, construit les premières murailles, là où aussi Auguste avait son palais. On aurait noté le rapprochement pseudo-étymologique entre les termes Palatin et Pallantée.

les Faunes et les Nymphes (8, 314). Les Nymphes (8, 71) sont des divinités féminines de la nature, représentant notamment la puissance divine des sources, des fontaines, des forêts, des arbres. Le terme est d'origine grecque et transpose une réalité grecque. Dans la poésie latine, les Faunes sont des génies champêtres, masculins. Le mot, au pluriel, est probablement une création latine faite à partir de Faunus, une divinité de la nature sauvage. Si, aux yeux des historiens modernes de la religion romaine, Faunus est une véritable divinité, il n'en est pas de même des Faunes, représentés dans l'iconographie "comme des personnages trapus, barbus, la tête ceinte de feuillage, le corps recouvert d'une peau de chèvre" (M. Rat, Virgile, 1965, p. 375, n. 2214). Ils ne semblent pas avoir jamais fait l'objet d'un culte.

hommes nés du tronc de chênes (8, 315). À côté de ces divinités élémentaires que sont les Faunes et les Nymphes, Virgile imagine les premiers hommes comme une race primitive et sauvage sortie du tronc des chênes. Il ne serait pas exclu qu'on trouve ici une réminiscence homérique. Lorsque, à la fin de l'Odyssée (19, 162-163), Pénélope interroge l'étranger qu'elle a alors devant elle et qui se révélera être Ulysse, elle lui demande : "Dis-moi ta race et ta patrie; car tu n'es pas sorti du chêne légendaire ou de quelque rocher". Apparemment d'antiques récits circulaient, faisant sortir les premiers hommes des arbres ou des pierres. On a conservé des traces (par exemple Juvénal, 7, 12; Stace, Thébaïde, 277-279) de cette naissance à partir de diverses espèces d'arbres. Et tout le monde connaît l'histoire de Deucalion et de Pyrrha qui, après le déluge, repeuplèrent la terre en lançant par dessus leurs épaules des pierres qui se transformèrent en hommes et en femmes.

Saturne (8, 319). Selon la tradition, Saturne est un des premiers rois mythiques du Latium (cfr 1, 569; et 7, 49). Chassé du ciel par Jupiter, il serait venu dans le Latium, où régnait Janus, et aurait apporté aux habitants encore rudes les bienfaits de la civilisation, en particulier l'agriculture. Janus l'aurait même associé à son pouvoir. Il passe pour le fondateur d'une ville Saturnia (la ville de Saturne, 8, 358) sur le mons Saturninus (la colline de Saturne), qui deviendra plus tard le Capitole. Rappelons que Virgile avait précédemment (7, 45ss) proposé une généalogie des rois du Latium à partir de Saturne, Picus, puis Faunus, puis Latinus.

Latium (8, 323). Étymologie fantaisiste, basée sur le verbe latere "être caché, se cacher". Servius, dans son commentaire à ce passage, signale que Varron proposait la même étymologie à partir de latere, mais parce que le Latium "se cache" parmi les montagnes. Selon Virgile, Saturne aurait "préféré" (maluit) le nom de Latium, mais le texte ne mentionne pas les autres noms possibles (peut-être Saturnia tellus ?).

dorés (8, 325). Comme le Saturne latin fut identifié à Cronos, son règne dans le Latium passe pour avoir été, comme celui de son homologue grec, celui de l'âge d'or. D'après la théorie des âges, très répandue dans l'antiquité et qu'a illustrée notamment Hésiode (Travaux, 106-201), l'âge d'or fut suivi de l'âge d'argent, de l'âge du bronze et de l'âge de fer. Il semble que Virgile passe ici directement de l'âge d'or à l'âge du fer.

une troupe ausonienne (8, 328). On a vu précédemment (7, 39n) que le terme Ausones (ou Auronces ou Auronques) désignait, au sens strict, un peuple au sud du Latium. Apparemment Virgile les considère ici comme une population très ancienne. Il les avait cités en 7, 795, avec les Sicanes d'ailleurs, parmi les troupes de Turnus, sous l'appellation de Auruncae manus. Il les retrouvera en 11, 318.

Sicanes (8, 328). Les Sicanes (mentionnés en 7, 795 parmi les troupes de Turnus, avec les Auronces) étaient eux aussi, aux yeux des Anciens, une population primitive du Latium. Pline (3, 69) signale dans l'antique Latium une communauté de Sicanes. Virgile réintroduira leur nom en 11, 317, en même temps que celui des Auronces d'ailleurs. La tradition les imagine chassés par les Aborigènes, et occupant la partie occidentale de la Sicile. Les Modernes ont beaucoup de mal à identifier sur le terrain la trace, tant des Auronces que des Sicanes, car les indications géographiques fournies sont obscures. Dans la géographie historique ancienne, les termes Sicanes et Sicules désignent généralement des populations fixées en Sicile (voire dans le sud de l'Italie) avant la colonisation grecque (cfr 1, 549 n).

changea de nom (8, 329). On rencontre ainsi, pour la désigner, les noms d'Oenotrie, d'Hespérie, de Tyrrhénie, et enfin d'Italie (Cfr 1,530-534n et 1, 569n).

des rois (8, 330). Ces rois mythiques du Latium, Virgile les a présentés plus en détail en 7, 170-182, dans la bouche de Latinus.

Thybris (8, 330-333). Conformément aux habitudes antiques, la tradition a inventé un personnage pour expliquer un toponyme. Il s'agit bien sûr ici du Tibre qui traverse Rome et que nous avons déjà rencontrés sous plusieurs noms : Thybris (7, 151 et 7, 242 par exemple), Tibérinus (8, 31 par exemple) et Tiberis, c'est-à-dire Tibre (7, 715). D'après la légende, ce fleuve se serait primitivement appelé Albula. C'est en s'y noyant que Thybris lui aurait donné son nom. Dans sa liste des rois d'Albe, Tite-Live (1, 3, 8) signale un Tibérinus qui "se noya en traversant l'Albula" et dont le "nom passa à la postérité en devenant celui du fleuve".

Carmenta (8, 336). Évandre donne ici certains détails sur son propre passé (cfr 8, 51-58n), sans préciser cependant les raisons de son exil. Il signale le rôle important qu'a joué sa mère, Carmenta, une nymphe prophétesse (d'où la référence à Apollon). On a dit plus haut (8, 130n) que la tradition romaine avait donné à cette mère d'Évandre qui était désignée de diverses manières (Nicostraté, Thémis, Timandra, Telpousa, voire Tybyrtis) le nom de Carmenta, qui était celui d'une vieille divinité romaine, patronne probablement du chant prophétique (carmen). Elle possédait un flamine, deux jours de fête dans le calendrier (les Carmentalia) et un autel au pied du Capitole (ara Carmentalis), qui donna son nom à une des portes de la ville (porta Carmentalis). La légende jouera sur tous ces éléments. Elle imaginera que Carmenta avait vécu très âgée, jusqu'à 110 ans, et que son fils l'avait inhumée au pied du Capitole, non loin de la porte Carmentale, censée perpétuer son souvenir.

asile (8, 343). Il s'agit de l'asile qu'avait ouvert Romulus entre les deux sommets du Capitole afin d'augmenter une population romaine, au départ assez clairsemée. Tous ceux qui venaient y chercher refuge, quelle que soit leur origine, quel que soit aussi leur passé, devenaient citoyens romains. On pourra lire le récit de Tite-Live, 1, 8, 4-6.

Lupercal (8, 343). Le Lupercal était une grotte sur le flanc du Palatin, en rapport étroit avec la légende de Romulus, car c'était là qu'était censée venue se réfugier la louve nourricière de Romulus et de Rémus. La grotte intervenait dans la fête des Lupercales (8, 282n). Elle aura sa place sur le bouclier d'Énée (8, 630-634). Une tradition ancienne identifiait le dieu Faunus, qui semble avoir été à l'honneur dans les Lupercales, avec le dieu arcadien Pan, vénéré sur le mont Lycée (d'où son surnom de Lycéen).

parrhasienne (8, 344). C'est-à-dire arcadienne, Parrhasie étant une ville d'Arcadie.

Argilète sacré (8, 345). L'Argilète était un quartier de Rome entre le Capitole et l'Aventin. L'antiquité lui connaissait diverses étymologies. Selon la version évoquée ici, Argus, un hôte d'Évandre, aurait voulu s'emparer du pouvoir de ce dernier en le tuant; informés de son projet, les Arcadiens l'auraient mis à mort, à l'insu de leur roi. Celui-ci, par respect pour les liens d'hospitalité qui avaient été violés, lui fit élever un tombeau dans une zone de Rome qui aurait reçu son nom de cet incident (le mot latin Argiletum peut en effet s'interpréter comme "la mort d'Argus").

demeure de Tarpéia (8, 347). Dans la tradition, le Capitole, au cours de son histoire, est censé avoir porté plusieurs noms. D'abord celui de mons Saturninus (8, 319n) en liaison avec Saturne; ensuite celui de mons Tarpeius, en rapport avec la légende de Tarpéia, la fille du commandant de la citadelle sous Romulus, laquelle livra la place aux Sabins de Titus Tatius et périt ensevelie sous les boucliers ennemis; enfin celui de Capitole, lorsqu'à l'époque des Tarquins fut découverte une tête humaine (caput) dans les fondations du temple de Jupiter. En l'espace de quelques vers, Virgile aura donc eu l'occasion de faire une allusion aux trois dénominations (pour l'utilisation de Tarpéia, cfr aussi 8, 652). Il n'est pas question ici de la "roche Tarpéienne" (saxum Tarpeium), un rocher du Capitole d'où étaient précipités dans le vide certains criminels et qui conservait lui aussi le souvenir de Tarpéia. Au moment de la visite d'Énée, le grand temple de Jupiter n'était évidemment pas encore construit, mais les habitants du lieu avaient déjà ressenti la présence du dieu. On aura noté ici encore l'opposition entre l'époque de Virgile ("tout d'or aujourd'hui") et les temps anciens ("les ronces sauvages").

égide (8, 354). L'égide était le bouclier fabriqué par Vulcain pour Jupiter; il était recouvert d'une peau de chèvre (la Chèvre Amalthée qui avait nourri Zeus enfant); Homère (Iliade, 17, 593-594) raconte que Zeus, en agitant son égide, recouvrait le mont Ida de nuages noirs. L'évocation de Virgile s'inspire probablement de ce passage. Dans la suite, Jupiter offrit son égide à Minerve, qui y plaça la tête de Méduse (cfr 7, 341n et 8, 435-438). - Sur le Capitole se dressaient plusieurs temples à Jupiter, le grand temple à Iuppiter Optimus Maximus bien sûr, un temple à Iuppiter Feretrius, mais aussi un temple à Iuppiter Tonans, dédié par Auguste à la suite d'un voeu. Peut-être Virgile, poète courtisan, évoque-il ici ce dernier temple. En tout cas le texte dépeint manifestement le dieu de la foudre, du tonnerre et des orages.

Janus et Saturne (8, 357). À ces deux divinités, déjà évoquées plusieurs fois (notamment 7, 180), la tradition attribuait la construction de deux forteresses, l'une sur le Janicule, un nom interprété comme "la colline de Janus", l'autre, appelée Saturnia, sur le Capitole. À l'époque d'Énée et d'Évandre, ces forteresses sont déjà censées être en ruines l'une et l'autre.

Forum romain (8, 361). Le Forum Romain, situé entre le Capitole et le Palatin, était, à l'époque de Virgile, un des grands centres politique, religieux et administratif de Rome. C'était presque le symbole du pouvoir romain. Il est piquant de voir paître des troupeaux sur son emplacement. La réalité dépassera la fiction, si l'on peut dire, car ce sera aussi la situation au XVIIIe siècle, quand la zone s'appellera "Campo Vaccino".

Carènes (8, 361). Situées entre l'Esquilin et le Célius, les Carènes étaient au temps de Virgile un des quartiers les plus élégants de Rome, habités par des personnages importants (Pompée et Antoine, par exemple). Contraste donc ici encore.

ourse de Libye (8, 368). La Libye était réputée pour ses ours (cfr 5, 37), censés plus grands que les autres. Pline raconte que les Romains, pour leurs spectacles, faisaient venir des ours de ce pays.

 



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Dernière mise à jour : 07/03/2002