| [16,9] IX. Cependant les Perses continuaient à remuer en Orient, mais sans faire des courses au
loin comme précédemment, et bornant leurs entreprises à enlever quelques prisonniers ou quelques
troupeaux. Ces déprédations réussissaient quelquefois par surprise; parfois aussi, nous trouvant
en force, l'ennemi voyait sa proie lui échapper. Souvent son espoir de butin était frustré par
la précaution qu'on avait prise de ne rien laisser sous sa main. J'ai déjà parlé de Musonien, préfet
du prétoire, comme d'un esprit distingué avec un caractère vénal, et que la perspective du gain
écartait facilement du devoir. Musonien entretenait chez les Perses de subtils émissaires, et
par eux cherchait à pénétrer les intentions de l'ennemi. Il s'entendait aussi, dans ce dessein,
avec Cassien, duc de Mésopotamie, vieux soldat éprouvé par les fatigues et les hasards de plus
d'une campagne. Sapor, d'après les rapports uniformes de leurs agents, se trouvait alors occupé
sur l'autre frontière de ses États, contenant avec peine, et non sans de grandes pertes, les
belliqueuses nations qu'il avait en tête. Quand ils eurent certitude sur ce point, ils ouvrirent secrètement
des communications, par l'entremise de soldats obscurs, avec Tamsapor, qui commandait
les forces des Perses de notre côté, et l'engagèrent à donner à son maître, dans ses lettres,
le conseil de traiter de la paix, à la première occasion, avec l'empereur romain. C'était assurer à
la fois ses flancs et ses derrières, et il se trouverait libre de reporter avec sécurité toutes ses forces
sur le point où les hostilités étaient le plus vives. Tamsapor s'empressa d'accepter de telles
ouvertures, et il écrivit à Sapor que Constance, ayant ailleurs sur les bras une guerre des plus
acharnées, lui demandait avec instance la paix. Mais un temps assez long s'écoula avant que sa
lettre n'arrivàt au roi son maître, qui avait pris ses quartiers d'hiver dans le pays des Chioniles
et des Eusènes.
| [16,9] IX.
1. At Persae in oriente per furta et latrocinia potius quam, ut solebant antea,
per concursatorias pugnas hominum praedas agitabant et pecorum, quis non numquam
lucrabantur ut repentini, aliquotiens superati multitudine militum amittebant,
interdum nihil prospicere prorsus quod poterat rapi permittebantur.
2. Musonianus tamen praefectus pra»torio multis, ut ante diximus, bonis artibus
eruditus, sed uenalis et flecti a ueritate pecunia facilis per emissarios
quosdam fallendi perstringendique gnaros Persarum scitabatur consilia adsumpto
in deliberationes huius modi Cassiano Mesopotamiae duce, stipendiis et
discriminibus indurato diuersis.
3. qui cum fide concinente speculatorum aperte cognossent Saporem 3 in extremis
regni limitibus suorum sanguine fuso multiplici aegre propulsare gentes
infestas, Tamsaporem ducem parti nostrae contiguum occultis per ignotos milites
temptauere conloquiis, ut si copiam fors dedisset, suaderet regi per litteras
pacem tandem aliquando cum principe Romano firmare, ut hoc facto latere ab omni
securus perduelles aduolaret adsiduos.
4. paruit Tamsapor hisque fretus refert ad regem, quod bellis acerrimis
Constantius inplicatus pacem postulat precatiuam. dumque ad Chionitas et Eusenos
haec scripta mittuntur, in quorum confiniis agebat hiemem Sapor, tempus
interstitit longum.
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