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Du texte à l'hypertexte

Ammien Marcellin, Histoire de Rome, livre XX

Chapitre 11

  Chapitre 11

[20,11] (1) Telle était la marche des affaires dans les Gaules, où tout se ressentait d'une direction ferme et habile. Constance pendant ce temps mandait près de lui Arsace, roi d'Arménie; et, après lui avoir fait la réception la plus honorable, mettait toute espèce de raisonnements et de persuasion en oeuvre pour le décider à rester inviolablement attaché aux Romains.
(2) Il savait en effet que supercheries, intrigues, menaces, le roi de Perse avait tout essayé près de ce prince pour nous l'aliéner, et l'attirer dans son parti.
(3) Arsace fit le serment, et le répéta plusieurs fois, de mourir plutôt que de changer à notre égard, et s'en retourna comblé de présents, lui et toute sa suite. Sa foi fut bien gardée, et en effet des liens multipliés de gratitude l'attachaient à Constance. Le principal était le mariage que ce dernier lui avait fait contracter avec Olympias, fille d'Ablabius, ancien préfet du prétoire, laquelle antérieurement avait été fiancée à son frère, l'empereur Constant.
(4) Constance, après le départ d'Arsace, prit lui-même sa route par Mélitène, ville de l'Arménie Mineure, Lacotène et Samosate, et gagna Édesse en passant l'Euphrate. Là il fit une station prolongée pour attendre les renforts de troupes et les convois de vivres qui lui arrivaient de tous côtés, et n'en sortit qu'après l'équinoxe d'automne, pour se rendre à Amida.
(5) Quand il vit de près ces remparts et ces édifices en cendres, son coeur se gonfla, et ses yeux se mouillèrent en songeant à tous les maux qu'avait soufferts cette malheureuse ville. Ursule, garde du trésor, qui se trouvait là en ce moment, s'écria, dans l'amertume de sa douleur: "Et voilà comme nos villes sont défendues par ceux que l'État s'épuise à ne laisser manquer de rien!" Le souvenir de ce propos suffit pour exciter plus tard à Chalcédoine un soulèvement militaire contre ses jours.
(6) D'Amida, l'armée se porta en colonnes serrées sur Bézabde, et y campa en se retranchant d'un fossé et d'une palissade. L'empereur monta à cheval pour faire, hors de la portée des traits, le tour de la ville, et, durant cette excursion, apprit de plus d'une bouche que les parties des défenses, dégradées par le temps et par l'incurie de l'autorité précédente, avaient été réparées et renforcées.
(7) Voulant ne commencer les hostilités qu'après l'épuisement des moyens conciliatoires, il députa aux assiégés d'habiles négociateurs, pour leur offrir l'alternative ou de retourner chez eux, gardant la possession paisible de tout le butin qu'ils avaient conquis, ou d'accepter la domination romaine, avec perspective assurée d'être comblés de dignités et de largesses. La réponse des chefs fut conforme au caractère indompté de leur nation: ils étaient tous de haute naissance , et les travaux ni les dangers ne leur faisaient peur. Il ne restait donc plus qu'à tout disposer pour le siège.
(8) Alors l'armée serre ses rangs, et, s'ébranlant au son guerrier des trompettes, aborde vigoureusement la place de tous côtés à la fois. Les légions se divisent en plusieurs corps, qui forment la tortue de tous leurs boucliers unis, et tentent sous cet abri de saper le pied des murs. Mais une prodigieuse quantité de projectiles de toute sorte eut bientôt rompu l'espèce de toit qui régnait au- dessus de leurs têtes, et la retraite dut être sonnée.
(9) Un jour entier fut donné au repos; et le suivant les nôtres recommencent l'assaut, en essayant, pour se couvrir, de moyens plus efficaces. Tout le circuit des remparts était tendu de cilices qui cachaient les assiégés à notre vue; mais ils n'hésitaient pas, quand il le fallait, à sortir de derrière ce rideau pour jouer des bras, et nous accabler d'une grêle de pierres et de traits.
(10) Ils laissaient nos mantelets s'approcher avec confiance du pied des murs; mais, dès qu'ils y touchaient, des tonneaux remplis de terre, des meules de moulins, des fragments de colonnes, se ruaient d'en haut, brisaient ces abris factices, et forçaient ceux qui s'en étaient protégés à se disperser à tout risque.
(11) Le siège durait depuis dix jours, et la confiance que continuaient à montrer les nôtres commençait à alarmer les assiégés, lorsqu'on s'avisa de mettre en batterie un bélier monstrueux, qui jadis avait procuré aux Perses la prise d'Antioche, et qu'ils avaient ensuite laissé derrière eux à Carrhes. La vue de cette machine, la merveille de sa construction, glacèrent d'abord le courage des assiégés, qui crurent un moment qu'il ne leur restait plus qu'à se rendre. Mais le coeur leur revint. Ils s'ingénièrent à neutraliser l'effet de ce terrible instrument de guerre;
(12) et ni l'audace ni l'adresse ne leur manqua. Tandis que les assiégeants s'évertuaient de tous leurs moyens à rajuster les pièces de ce vieux bélier, qu'on avait démonté pour la commodité du transport; que tous leurs efforts étaient tendus à en protéger l'approche, les balistes et les frondes de la ville ne cessaient leurs volées de pierres, qui, de droite ou de gauche, atteignaient nos ouvriers, et nous coûtaient bon nombre de vies. Nos terrasses cependant faisaient des progrès rapides, et les opérations de jour en jour se poussaient avec plus de vigueur. Mais elles n'en étaient pour nous que plus meurtrière, par l'ardeur même que montraient les soldats à mériter les récompenses. Combattant sous les yeux de leur empereur, quelques- uns allaient jusqu'à désarmer leur tête du casque pour être plus sûrement reconnus, et devenaient ainsi des points de mire pour les flèches des Perses.
(13) On ne dormait ni jour ni nuit, les sentinelles des deux parts tenant perpétuellement leur monde sur le qui-vive. Cependant les Perses voyaient nos terrasses s'élever de plus en plus, et le grand bélier s'avancer, suivi d'autres de dimensions moindres. Effrayés au dernier point, ils s'efforçaient d'y mettre le feu, et faisaient pleuvoir dessus les brandons, les traits incendiaires; le tout sans produire aucun effet, car les machines étaient couvertes en partie de cuirs frais ou de tissus mouillés, et enduites, quant au reste, d'alun, ce qui les rendait incombustibles.
(14) Les Romains éprouvaient des difficultés inouïes à les mouvoir et à les protéger; mais l'espoir d'emporter la place leur faisait braver les plus grands périls.
(15) De leur côté, les assiégés, au moment où le grand bélier allait enfin jouer contre une de leurs tours, eurent l'adresse singulière de saisir et enlacer, à l'aide de longues cordes, la tête de fer du battant (qui figure effectivement celle d'un bélier), de manière à en arrêter le mouvement de réaction, et conséquemment à en paralyser tout l'effet. Ils l'inondèrent en même temps d'un déluge de poix bouillante. Les autres machines en batterie restèrent aussi un assez longtemps immobiles, en butte aux projectiles de toutes sortes qu'on leur envoyait des remparts.
(16) Mais déjà les terrasses atteignaient le couronnement. Les assiégés, s'ils ne frappaient quelque grand coup, voyaient leur perte imminente. Ils prirent la résolution désespérée de faire une sortie, et d'incendier au milieu du combat les béliers avec des torches et des pots à feu.
(17) Cependant, après un engagement assez vif, ils se virent repoussés en désordre vers la ville, sans avoir rien réalisé de leur projet. Aussitôt les Romains, du haut de leurs terrasses, font sur les remparts une décharge générale de leurs arcs et de leurs frondes, sans oublier les traits enflammés qu'ils lancèrent avec profusion sur les tours; mais que la vigilance de leurs gardiens empêcha de produire grand effet.
(18) Le nombre des combattants s'était beaucoup éclairci des deux parts; mais les Perses en étaient arrivés à leur dernière heure, s'ils n'étaient parvenus à se relever par une sortie nouvelle et mieux combinée. Une force imposante se montra tout d'un coup hors des murs; et cette fois les incendiaires, qui étaient placés au centre des combattants, réussirent à jeter sur nos machines une multitude de corbeilles de fer, pleines de sarments enflammés et d'autres combustibles.
(19) Le tout en un instant fut enveloppé d'épais tourbillons de fumée. À cette vue, la trompette sonne, et les légions qui se trouvaient sous les armes précipitent le pas. Leur ardeur s'accroît à mesure qu'elles avancent; mais à peine en vient- on aux mains, que déjà nos machines apparaissent embrasées. Le grand bélier seul put être sauvé, quelques soldats, par un vigoureux effort, ayant réussi à couper les cordes qui le retenaient encore au rempart, et à le tirer demi-consumé du milieu des flammes.
(20) La nuit qui survint mit fin à cette mêlée, mais sans apporter beaucoup de répit aux soldats. Réveillés par leurs chefs après quelques courts instants de réfection et de sommeil, ils reçurent l'ordre de faire rétrograder loin des murs l'attirail entier des machines; et l'on prit des mesures pour une attaque faite du haut des terrasses qui dominaient déjà les fortifications. On y dressa deux balistes, afin de nettoyer plus aisément ces remparts de leurs défenseurs; car leur seul aspect, croyait-on ferait que pas un ennemi n'oserait s'y montrer.
(21) Ces dispositions faites, à l'approche du crépuscule, une triple ligne de combattants, dont un grand nombre était muni d'échelles, s'avance, secouant le cimier du casque en signe de défi , pour tenter l'assaut des murs. Le bruit des clairons se mêle au retentissement des armes, et de part et d'autre le combat s'engage avec une égale audace. Les Romains, dont le front d'attaque était plus étendu, voyant se cacher les Perses, qu'intimidait l'aspect de nos balistes, recommencèrent à battre du bélier la tour, et, en dépit d'une grêle de traits, toujours poussaient en avant, armés de leviers, de marteaux et d'échelles.
(22) Comparativement les Perses avaient bien plus à souffrir, écrasés comme ils étaient par les décharges continuelles et régulières de nos balistes, dont les coups plongeaient sur eux de ces hauteurs artificielles. Ils crurent le moment fatal arrivé, et se partagèrent les rôles pour un dernier effort. Une partie de leurs forces resta pour la défense des murs, tandis qu'une troupe d'élite, ouvrant sans bruit une poterne, fit soudain irruption l'épée à la main, suivie d'une autre qui portait des feux cachés;
(23) et pendant que les soldats armés occupent les Romains, tour à tour se laissant repousser et revenant à la charge, les autres se glissant, courbés en deux, et rampant ventre à terre jusqu'au pied de l'une des terrasses, dans la construction de laquelle entraient des branches d'arbres et des fascines de jonc et de roseaux, y introduisent des charbons allumés entre les jointures. En un instant toutes ces matières inflammables eurent pris feu, et les nôtres n'eurent que le temps, à travers mille dangers, de retirer leurs machines intactes.
(24) La nuit qui s'approchait mit encore fin à l'action, et l'on fit retraite de part et d'autre pour prendre quelque repos. L'empereur était dans un embarras extrême. Les plus fortes raisons lui faisaient considérer comme indispensable la prise de Phénice, dont on pouvait faire un boulevard inexpugnable contre les entreprises de l'ennemi; et cependant la saison était trop avancée pour songer à l'emporter de vive force. Il résolut donc de ne plus reprendre sérieusement l'offensive, et de se contenter d'un blocus, espérant prendre les Perses par la famine. L'événement trompa son attente.
(25) On continuait à se battre, mais plus mollement, quand l'atmosphère chargée d'humidité se couvrit d'un voile de ténèbres. Des pluies continuelles détrempèrent le sol, naturellement gras dans ce canton, de manière à le rendre impraticable. Des éclats répétés de tonnerre, accompagnés d'éclairs, venaient de plus jeter la terreur dans les esprits.
(26) L'arc-en-ciel aussi ne cessait de se montrer. Je vais rendre compte en peu de mots de ce dernier phénomène. La terre échauffée laisse échapper de son sein des exhalaisons humides: ces vapeurs, d'abord condensées en nuages, se résolvent ensuite en fine rosée que colorent les rayons du soleil, quand elle se trouve opposée à son globe de feu. C'est ce qui cause l'iris ou l'arc-en-ciel; et cette courbure que nous lui voyons lui est imprimée par la forme propre à la voûte du monde sur laquelle elle se déploie, et qui, suivant la physique, est celle d'une demi- sphère.
(27) L'oeil découvre dans l'arc-en-ciel cinq bandes: la première, d'un jaune clair; la seconde, plus foncée ou fauve; la troisième, rouge; la quatrième, pourpre; et la cinquième, d'un bleu tirant sur le vert.
(28) On explique ainsi cette belle succession de couleurs. La nuance graduée des deux premières bandes tient à ce que leur jaune se confond plus ou moins avec la teinte de l'air environnant; ce qui fait qu'il est plus pâle dans la première, plus vif dans la seconde. La troisième brille de ce beau rouge, parce que, soumise à l'action du soleil, elle en absorbe de très près les rayons. Le pourpre dont se revêt la quatrième provient des rayons qui s'amortissent en perçant ce voile de rosée, et ne donnent plus qu'un reflet assombri, d'un effet à peu près pareil à la couleur de feu. Cette dernière teinte enfin se perd en s'étendant, et se transforme en bleu et en vert.
(29) D'autres pensent que l'apparition de l'arc-en-ciel est due à l'interposition de quelque nuée plus dense et plus élevée qu'elles ne le sont d'ordinaire, que les rayons du soleil ne peuvent percer, et qui les renvoie avec une intensité multipliée par la réfraction. L'arc-en-ciel, dans ce système, recevrait du soleil lui-même les reflets de couleur analogue au blanc, et de la nue ceux qui ont l'apparence verdâtre. Effet d'optique à peu près semblable à celui que présentent les vagues, dont la couleur est bleue en haute mer, et qui blanchissent à l'oeil au moment de se briser sur le rivage.
(30) L'arc-en-ciel est le précurseur des variations de l'aspect du ciel, qui, de calme et pur qu'il était, va se montrer sombre et orageux comme dans l'exemple présent, ou, de nébuleux, revenir à l'état de sérénité. De là cette allégorie si fréquente chez les poètes, qui font descendre du ciel Iris chaque fois qu'un changement va s'introduire dans l'état des choses. Il existe sur ce sujet bien d'autres théories encore. Mais j'ai hâte de reprendre ma narration.
(31) Cet état menaçant de l'atmosphère inspirait à Constance de vives inquiétudes. L'intempérie augmentait de jour en jour. Une surprise était à redouter dans l'état des chemins, qui rendait les mouvements si difficiles. De plus, le soldat exaspéré pouvait s'insurger à tout moment. Mais l'empereur surtout éprouvait ce dépit d'un homme qui verrait s'ouvrir devant lui quelque opulente demeure, sans qu'il lui fût permis d'y mettre le pied.
(32) Il abandonna donc son entreprise, et revint dans la malheureuse Syrie passer l'hiver à Antioche. Il avait lui-même le coeur ulcéré, car cette année lui avait amené des revers déplorables, dont les conséquences devaient longtemps se faire sentir. Une sorte de fatalité, en effet, semble avoir pesé sur Constance, chaque fois qu'il combattit les Perses en personne. Aussi préférait-il leur opposer ses généraux, qui souvent furent plus heureux que lui.
[20,11] XI
1. Hic per Gallias erat ordo gestorum. quae dum ita prospere succedunt et caute, Constantius adcitum Arsacen Armeniae regem summaque liberalitate susceptum praemonebat et hortabatur, ut nobis amicus esse perseueraret et fidus.
2. audiebat enim saepius eum temptatum a rege Persarum fallaciis et minis et dolis, ut Romanorum societate posthabita suis rationibus stringeretur.
3. qui crebro adiurans animam prius posse amittere quam sententiam, muneratus cum comitibus, quos duxerat, redit ad regnum nihil ausus temerare postea promissorum, obligatus gratiarum multiplici nexu Constantio, inter quas illud potius excellebat quod Olympiada, Ablabi filiam praefecti quondam praetorio, ei copulauerat coniugem, sponsam fratris sui Constantis.
4. Quo dimisso a Cappadocia ipse per Melitenam, minoris Armeniae oppidum, et Lacotena et Samosata transito Euphrate Edessam uenit, ibique dum agmina undique conuenientium militum et dei cibariae abundantes copias operitur, diu moratus post aequinoctium egreditur autumnale Amidam petens.
5. Cuius cum prope uenisset moenia, fauillis oppleta collustrans flebat cum gemitu, reputans qualis miseranda ciuitas pertulerat clades. ibi tunc forte Vrsulus praesens, qui aerarium tuebatur, dolore percitus exclamauit ´en quibus animis urbes a milite defenduntur, cui ut abundare stipendium possit imperii opes iam fatiscunt!. quod dictum ita amarum militaris multitudo postea apud Chalcedona recordata ad eius exitium consurrexit.
6. Exinde cuneis confertis incedens cum Bezabden aduentaret, fixis tentoriis, uallo fossarumque altitudine circumsaeptis, obequitans castrorum ambitum longius, docebatur relatione multorum instaurata esse firmius loca, quae antehac incuria corruperat uetustatis.
7. et nequid omitteret, quod ante feruorem certaminum erat necessario praestruendum, uiris prudentibus missis condicione posita dupla urgebat moenium defensores redire ad suos, alienis sine cruore concessis, aut in dicionem uenire Romanam dignitatibus augendos et praemiis. atque cum illi destinatione natiua reniterentur ut clarentes periculisque et laboribus iam cuncta obsidioni congrua parabantur.
8. Densis itaque ordinibus cum tubarum incitamentis latera oppidi cuncta adortus alacris miles, legionibus in testudines uarias conglobatis, paulatim tuto progrediens subruere moenia conabatur, et quia telorum omne genus in subeuntes effundebatur, nexu clypeorum soluto discessum est, in receptum canentibus signis.
9. laxatis deinde ad diem unum indutiis, tertia luce curiosius tecti, elatis passim clamoribus ascensus undique temptabant. et licet defensoribus obtentis ciliciis ne conspicerentur ab hostibus latebant intrinsecus, tamen, quotiens flagitabat necessitas, lacertos fortiter exsertantes lapidibus subiectos incessebant et telis.
10. et uimineae crates cum procederent confidenter essentque parietibus contiguae, dolia desuper cadebant, molae et columnarum fragmenta, quorum ponderibus nimiis obruebantur oppugnatores, hiatuque uiolento disiectis operimentis cum periculis ultimis euadebant.
11. Decimo itaque postquam pugnari coeptum est die, cum spes nostrorum interiora cuncta maerore conpleret, transferri placuerat molem arietis magnam, quam Persae quondam Antiochia pulsibus eius excisa relatam reliquerant apud Carras, quae subito uisa aptataque faberrime, clausorum hebetauerat mentes ad usque deditionis remedia paene prolapsas, ni resumptis uiribus opponenda minaci machinae praeparassent.
12. nec temeritas post haec cessauerat nec consilium. namque dum instrueretur aries uetustus et dissolutus, ut facile ueheretur omni arte.


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Dernière mise à jour : 25/11/2003