|
 |
| [4,16] XVI. Car quelle plus grande misère pour
l'homme, et rien le défigure-t-il plus honteusement,
que d'être affaibli, exténué, terrassé par
la tristesse? L'état où l'on est réduit par la crainte,
n'a rien de moins douloureux : et c'est de ce supplice
que les poètes ont voulu nous tracer l'image,
en nous peignant Tantale dans les enfers, avec
un rocher au-dessus de sa tête, toujours prêt à
tomber, pour le punir de ses crimes. Jamais la
folie ne marche qu'accompagnée de la crainte ou
de la tristesse. Car quiconque s'écarte de la raison,
ou dès lors il en porte la peine, ou il sent qu'elle
n'est pas loin. Et comme le propre de ces deux
passions est de nous dessécher l'âme, de nous
consumer, aussi les deux autres, qui sont une
insatiable cupidité et une joie excessive, quoiqu'elles
aient quelque chose de plus gai, ne laissent
pas d'être l'extravagance même, ou peu s'en
faut. Présentement il est aisé de juger quel est
l'homme vertueux, l'homme raisonnable, toujours
égal, toujours exactement renfermé dans
les limites de la modération, ou, pour tout dire
enfin, le seul qui mérite le nom « d'homme de
bien. » Tel est le sage des Stoïciens, à les en croire.
Peut-être donnent-ils un peu trop dans le merveilleux.
| [4,16] XVI. Quid autem est non miserius solum, sed foedius etiam et deformius quam
aegritudine quis adflictus debilitatus iacens? Cui miseriae proxumus est is qui
adpropinquans aliquod malum metuit exanimatusque pendet animi. Quam uim mali
significantes poetae impendere apud inferos saxum Tantalo faciunt
'Ob scelera animique inpotentiam et superbiloquentiam.'
Ea communis poena stultitiae est; omnibus enim, quorum mens abhorret a ratione,
semper aliqui talis terror impendet.
(36) Atque ut haec tabificae mentis perturbationes sunt, aegritudinem dico et
metum, sic hilariores illae, cupiditas auide semper aliquid expetens et inanis
alacritas, id est laetitia gestiens, non multum differunt ab amentia. Ex quo
intellegitur, qualis ille sit, quem tum moderatum, alias modestum temperantem,
alias constantem continentemque dicimus; non numquam haec eadem uocabula ad
frugalitatis nomen tamquam ad caput referre uolumus. Quodnisi eo nomine uirtutes
continerentur, numquam ita peruolgatum illud esset, ut iam prouerbio locum
optineret, 'hominem frugi omnia recte facere'. Quod idem cum Stoici de sapiente
dicunt, nimis admirabiliter nimisque magnifice dicere uidentur.
| | [4,17] XVII. Quoi qu'il en soit, l'homme toujours
modéré, toujours égal, toujours en paix avec
lui-même, jusqu'au point de ne se laisser jamais,
ni accabler par le chagrin, ni abattre par la
crainte, ni enflammer par de vains désirs, ni
amollir par une folle joie, c'est là cet homme
sage, cet homme heureux que je cherche. Rien
sur la terre, ni d'assez formidable, pour l'intimider;
ni d'assez estimable, pour lui enfler le
coeur. Que verrait-il dans tout ce qui fait le partage
des humains, qu'y verrait-il de grand, lorsqu'il
se met l'éternité devant les yeux, et qu'il
concoit l'immensité de l'univers? A quoi se bornent
les objets, qui sont à notre portée ! A quoi
se bornent nos jours! Et d'ailleurs un homme
sage fait continuellement autour de lui une garde
si exacte, qu'il ne lui peut rien arriver d'imprévu,
rien d'inopiné, rien qui lui paraisse nouveau.
Partout il jette des regards si perçants,
qu'il découvre toujours une retraite assurée, où
il puisse, quelque injure que lui fasse la fortune,
se rendre inaccessible aux chagrins, et trouver
la paix dans sa constance. Ainsi supérieur, et à
la tristesse, et à toute autre passion, ainsi heureux,
et parfaitement heureux de les avoir toutes
domptées. Un reste de passion suffirait toujours,
non seulement pour priver l'âme de son repos,
mais pour la rendre vraiment malade. Je ne vois
donc rien que de mou et d'énervé dans le sentiment
des Péripatéticiens, qui regardent les passions
comme nécessaires : pourvu, disent-ils,
qu'on leur prescrive des bornes, au delà desquelles
ils ne les approuvent point. Mais prescrit-on
des bornes au vice? Ou direz-vous que de ne pas
obéir à la raison, ce ne soit pas quelque chose de
vicieux? Or la raison ne vous dit-elle pas assez
que tous ces objets qui excitent dans votre âme,
ou de fougueux désirs, ou de vains transports de
joie, ne sont pas de vrais biens; et que ceux qui
vous consternent, ou qui vous épouvantent, ne
sont pas de vrais maux; mais que ces divers excès,
ou de tristesse, ou de joie, sont également
l'effet des préjugés qui vous aveuglent? Préjugés
dont le temps a bien la force lui seul d'arrêter
l'impression : car, quoiqu'il n'arrive nul
changement réel dans l'objet, cependant à mesure
que le temps l'éloigne, l'impression s'affaiblit
dans les personnes les moins sensées : et par
conséquent, à l'égard du sage, cette impression
ne doit pas même commencer.
| [4,17] XVII. (37) Ergo, hic, quisquis est qui moderatione et constantia quietus animo
est sibique ipse placatus, ut nec tabescat molestiis nec frangatur timore nec
sitienter quid expetens ardeat desiderio nec alacritate futili gestiens
deliquescat, is est sapiens quem quaerimus, is est beatus, cui nihil humanarum
rerum aut intolerabile ad demittendum animum aut nimis laetabile ad ecferendum
uideri potest. Quid enim uideatur ei magnum in rebus humanis, cui aeternitas
omnis totiusque mundi nota sit magnitudo? Nam quid aut in studiis humanis aut in
tam exigua breuitate uitae magnum sapienti uideri potest, qui semper animo sic
excubat, ut ei nihil inprouisum accidere possit, nihil inopinatum, nihil omnino
nouum?
(38) Atque idem ita acrem in omnis partis aciem intendit, ut semper uideat sedem
sibi ac locum sine molestia atque angore uiuendi, ut, quemcumque casum fortuna
inuexerit, hunc apte et quiete ferat. Quod qui faciet, non aegritudine solum
uacabit, sed etiam perturbationibus reliquis omnibus. HÏs autem uacuus animus
perfecte atque absolute beatos efficit, idemque concitatus et abstractus ab
integra certaque ratione non constantiam solum amittit, uerum etiam sanitatem.
Quocirca mollis et eneruata putanda est Peripateticorum ratio et oratio, qui
perturbari animos necesse dicunt esse, sed adhibent modum quendam, quem ultra
progredi non oporteat.
(39) Modum tu adhibes uitio? an uitium nullum est non parere rationi? an ratio
parum praecipit nec bonum illud esse, quod aut cupias ardenter aut adeptus
ecferas te insolenter, nec porro malum, quo aut oppressus iaceas aut, ne
opprimare, mente uix constes? eaque omnia aut nimis tristia aut nimis laeta
errore fieri, qui {si} error stultis extenuetur die ut, cum res eadem maneat,
aliter ferant inueterata aliter recentia, sapientis ne attingat quidem omnino?
| [4,18] XVIII. Mais encore, quelles bornes prescrire
aux passions? Prenons, par exemple, la tristesse,
qui est une des plus difficiles à guérir.
Rutilius, comme l'histoire nous l'apprend, fut
vivement touché de ce qu'on avait refusé le consulat
à son frère : mais touché si vivement, qu'il
en mourut. Ainsi c'était pousser le chagrin aux
dernières extrémités. Or supposons qu'il l'ait d'abord
renfermé dans les bornes des Péripatéticiens;
mais qu'après cette première disgrâce, il
ait perdu ses enfants. Quelques bornes qu'il se
prescrivît dans ce nouvel accident, c'était un
grand surcroît de tristesse. Je suppose qu'ensuite
soient venues des maladies douloureuses, la perte
des biens, celle de la vue, l'exil. A la fin, si chacun
de ces maux, pris en détail, apporte son
chagrin : le tout ensemble vient à faire une masse,
dont il n'est plus possible de soutenir le poids.
Vouloir donc qu'on marque des bornes à ce qui
est mal, c'est prétendre qu'un fou qui se précipite
du rocher de Leucade, pourra, s'il le veut, se
retenir au milieu de sa chute. Autant que cela
est impossible, autant l'est-il qu'un homme emporté
par quelque passion se retienne, et s'arrête
où il le voudra. Tout ce qui est pernicieux
dans son progrès, est mauvais en commençant.
Or la tristesse et toutes les autres passions, lorsqu'elles
arrivent à un certain degré, sont pestilentielles.
Donc à les prendre dès leur naissance,
elles ne valent rien. Car du moment qu'on a quitté
le sentier de la raison, elles se poussent, elles
s'avancent d'elles-mêmes : la faiblesse humaine
trouve du plaisir à ne point résister : et insensiblement
on se voit, si j'ose ainsi parler, en pleine
mer, le jouet des flots. Approuver des passions
modérées, c'est approuver une injustice modérée,
une lâcheté modérée, une intempérance
modérée. Car prescrire des bornes au vice, c'est
en admettre une partie. Et outre que cela seul
est blâmable, rien n'est d'ailleurs plus dangereux.
Car le vice ne demande qu'à faire du chemin;
et pour peu qu'on l'aide, il glisse avec tant
de rapidité, qu'il n'y a plus moyen de le retenir.
| [4,18] XVIII. (40) Etenim quis erit tandem modus iste? quaeramus enim modum aegritudinis,
in qua operae plurimum ponitur. Aegre tulisse P- Rupilium fratris repulsam
consulatus scriptum apud Fannium est; sed tamen transisse uidetur modum, quippe
qui ob eam causam a uita recesserit; moderatius igitur ferre debuit. Quid, si,
cum id ferret modice, mors liberorum accessisset? 'Nata esset aegritudo noua,
sed ea modica'. Magna tamen facta esset accessio. Quid, si deinde dolores graues
corporis, si bonorum amissio, si caecitas, si exilium? Si pro singulis malis
aegritudines accederent, summa ea fieret, quae non sustineretur.
(41) Qui modum igitur uitio quaerit, similiter facit, ut si posse putet
eum qui se e Leucata praecipitauerit sustinere se, cum uelit. Ut enim id non
potest, sic animus perturbatus et incitatus nec cohibere se potest nec, quo loco
uult, insistere. Omninoque, quae crescentia perniciosa sunt, eadem sunt uitiosa
nascentia; (42) aegritudo autem ceteraeque perturbationes amplificatae certe
pestiferae sunt; igitur etiam susceptae continuo in magna pestis parte
uersantur. Etenim ipsae se impellunt, ubi semel a ratione discessum est, ipsaque
sibi imbecillitas indulget in altumque prouehitur imprudens nec reperit locum
consistendi. Quam ob rem nihil interest, utrum moderatas perturbationes
adprobent an moderatam iniustitiam, moderatam ignauiam, moderatam
intemperantiam; qui enim uitiis modum apponit, is partem suscipit uitiorum quod
cum ipsum per se odiosum est, tum eo molestius, quia sunt in lubrico incitataque
semel procliui labuntur sustinerique nullo modo possunt.
| | [4,19] XIX. Mais ces passions que nous voulons totalement
extirper, les Péripatéticiens ne se contentent
pas de les croire naturelles; ils ajoutent que
la nature nous les a données pour notre bien.
Car, disent-ils, la colère n'a-t-elle pas son utilité?
Elle aiguise le courage. Elle fait qu'on attaque
un ennemi, un mauvais citoyen, avec une
ardeur qu'on n'aurait point sans elle. Car, qu'on
se dise froidement à soi-même : «Voilà un combat
qui est juste; c'est un devoir de se battre pour
tes lois, pour la liberté, pour la patrie; » ces
sortes de raisons n'échaufferont guère le courage,
à moins que le feu de la colère ne vienne
au secours. Et ce n'est pas seulement à la guerre
que la colère est bonne : mais il faut que le commandement
tienne de son aigreur, si l'on veut
se faire obéir dans les occasions un peu difficiles.
L'orateur même, soit qu'il attaque, soit qu'il
défende, a besoin d'être armé de ses aiguillons
et ne fût-il pas en colère, il doit feindre d'y être,
pour venir à bout d'inspirer les mêmes sentiments
à ses auditeurs, par la véhémence de son
action. Enfin , selon ces philosophes, c'est ne pas
être homme, que de ne savoir pas se fâcher : et
ce que nous appelons « douceur, » ils le traitent
« d'indolence. » Ils ne louent pas la colère seulement,
ils regardent aussi toutes les autres espèces
de cupidité, comme un don avantageux de
la nature, et comme le germe de toutes nos belles
actions. Thémistocle, ne pouvant dormir, se
promenait toute la nuit dans les rues; on lui demanda
ce qui le tenait si éveillé : «Ce sont, dit-il,
les trophées de Miltiade.» A qui les veilles de Démosthène
sont-elles inconnues? Il était de fort
mauvaise humeur, lorsqu'il arrivait qu'un artisan
se fût mis à l'ouvrage plus matin que lui. Et
les plus grands philosophes eux-mêmes, si l'étude
n'avait pas été pour eux une passion, auraient-ils
fait de si grands progrès? Pythagore, Démocrite,
Platon, allèrent jusqu'aux extrémités du
monde. Partout où ils espéraient apprendre, ils
y couraient. Tout cela se fait-il sans qu'il y entre
de la passion, et une passion infinie?
| [4,19] XIX. (43) Quid, quod idem Peripatetici perturbationes istas, quas nos
extirpandas putamus, non modo naturalis esse dicunt, sed etiam utiliter a natura
datas? Quorum est talis oratio: primum multis uerbis iracundiam laudant, cotem
fortitudinis esse dicunt, multoque et in hostem et in improbum ciuem
uehementioris iratorum impetus esse, leuis autem ratiunculas eorum, qui itam
cogitarent: 'proelium rectum est hoc fieri, conuenit dimicare pro legibus, pro
libertate, pro patria;' haec nullam habent uim, nisi ira excanduit fortitudo.
Nec uero de bellatoribus solum disputant: imperia seueriora nulla esse putant
sine aliqua acerbitate iracundiae; oratorem denique non modo accusantem, sed ne
defendentem quidem probant sine aculeis iracundiae, quae etiamsi non adsit,
tamen uerbis atque motu simulandam arbitrantur, ut auditoris iram oratoris
incendat actio. Virum denique uideri negant qui irasci nesciet, eamque, quam
lenitatem nos dicimus, uitioso lentitudinis nomine appellant.
(44) Nec uero solum hanc libidinem laudant - est enim ira, ut modo definiui,
ulciscendi libido -, sed ipsum illud genus uel libidinis uel cupiditatis ad
summam utilitatem esse dicunt a natura datum; nihil enim quemquam nisi quod
lubeat praeclare facere posse. Noctu ambulabat in publico Themistocles, quod
somnum capere non posset, quaerentibusque respondebat Miltiadis tropaeis se e
somno suscitari. Cui non sunt auditae Demosthenis uigiliae? qui dolere se
aiebat, si quando opificum antelucana uictus esset industria. Philosophiae
denique ipsius principes numquam in suis studiis tantos progressus sine
flagranti cupiditate facere potuissent. Ultimas terras lustrasse Pythagoran
Democritum Platonem accepimus; ubi enim quicquid esset quod disci posset, eo
ueniendum iudicauerunt. Num putamus haec fieri sine summo cupiditatis ardore
potuisse?
| [4,20] XX. Jusqu'à la tristesse même, que nous avons
recommandé de fuir comme une bête féroce, les
Péripatéticiens veulent que ce soit un présent
très utile de la nature; pour faire que les hommes,
lorsqu'ils oublient leur devoir, ne soient
pas insensibles à la correction, aux réprimandes,
à l'ignominie. Une parfaite insensibilité, en pareil
cas, serait une sorte d'impunité. Il vaut
mieux que la conscience soit bourrelée.
Afranius, dans une de ses comédies, a très bien saisi
cette idée, lorsqu'un jeune débauché ayant dit :
"Jamais fut-il mortel plus malheureux que moi?"
le père, qui était homme sévère, lui répond:
"S'il est vrai qu'au chagrin ton âme soit en proie,
Quel qu'en soit le sujet, je m'en fais une joie".
Toutes les espèces particulières, dont la tristesse
est le genre, ont aussi leur utilité, selon ces mêmes
philosophes. Car ils prétendent que la pitié
sert à nous faire secourir ceux qui sont dans le
besoin, et qui souffrent sans l'avoir mérité : Que
la jalousie est avantageuse, soit qu'elle vienne de
ce qu'un autre jouit comme nous d'un bien que
nous possédons, soit qu'elle vienne de ce que nous
ne possédons pas un bien dont un autre jouit: Que
d'ôter la crainte aux hommes, ce serait leur ôter
toute vigilance, puisque dès lors ils ne se mettraient
en peine, ni des lois, ni des magistrats,
ni de la pauvreté, ni de l'ignominie, ni de la
mort. Telle est l'opinion des Péripatéticiens. A la
vérité, ils veulent qu'on élague les passions, si
j'ose ainsi parler : mais ils trouvent qu'il ne serait
ni possible, ni même avantageux, de les extirper
totalement; parce qu'en toutes choses, ou
peu s'en faut, le parfait consiste dans un juste
milieu. Or cette opinion vous paraît-elle tout à
fait digne de mépris, ou croyez-vous qu'elle mérite
un peu d'examen? (L'A.) Je le crois assurément;
et j'ai fort envie de voir comment on peut
les réfuter. (C.) J'en viendrai peut-être à bout.
| [4,20] XX. (45) Ipsam aegritudinem, quam nos ut taetram et inmanem beluam fugiendam
diximus, non sine magna utilitate a natura dicunt constitutam, ut homines
castigationibus reprehensionibus ignominiis adfici se in delicto dolerent.
Impunitas enim peccatorum data uidetur eis qui ignominiam et infamiam ferunt
sine dolore; morderi est melius conscientia. Ex quo est illud e uita ductum ab
Afranio: nam cum dissolutus filius:
'Heu me miserum!'
tum seuerus pater:
'Dum modo doleat aliquid, doleat quidlubet.'
(46) Reliquas quoque partis aegritudinis utilis esse dicunt, misericordiam ad
opem ferendam et calamitates hominum indignorum subleuandas; ipsum illud
aemulari obtrectare non esse inutile, cum aut se non idem uideat consecutum,
quod alium, aut alium idem, quod se; metum uero si qui sustulisset, omnem uitae
diligentiam sublatam fore, quae summa esset in eis qui leges, qui magistratus,
qui paupertatem, qui ignominiam, qui mortem, qui dolorem timerent. Haec tamen
ita disputant, ut resecanda esse fateantur, euelli penitus dicant nec posse nec
opus esse et in omnibus fere rebus mediocritatem esse optumam existiment. Quae
cum exponunt, nihilne tibi uidentur an aliquid dicere?
- Mihi uero dicere aliquid, itaque expecto, quid ad ista.
| |  |