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| [4,21] XXI. (C.) Mais d'abord, remarquez, je vous prie,
quelle a été la retenue des Académiciens; car ils
vont précisément jusqu'où il faut aller. Ici grande
altercation entre les Péripatéticiens et les Stoïciens.
Qu'ils se battent les uns les autres tant
qu'ils voudront. Peu m'importe à moi, qui ne
cherche que le vraisemblable. Par où donc, dans
la question présente, m'assurer de cette vraisemblance,
qui est la borne de l'esprit humain? Par
la définition de ce qu'on appelle passion. Or je
trouve excellente celle de Zénon : Un mouvement
de l'âme, opposé à la raison, et contraire
à la nature ; ou en moins de mots: Un appétit
trop violent, c'est-à-dire, qui fait perdre à notre
âme cette égalité, où la nature la voudrait toujours.
Que reprendre dans ces définitions? Il y
paraît une grande pénétration, une grande justesse
d'esprit. Mais ces phrases des Péripatéticiens,
enflammer les cœurs, aiguiser la vertu,
doivent être renvoyées ait style pompeux des rhéteurs.
Hé quoi! un homme courageux ne pourra
montrer de la valeur, à moins qu'il ne se mette
en colère? Je veux que cela soit vrai des gladiateurs,
quoiqu'il ne le soit pas de tous; car il y en a
d'assez tranquilles avant le combat; ils s'accostent,
ils se parlent, ils font leurs conventions;
nous leur voyons plus de sang-froid que de colère.
Je veux bien, dis-je, qu'il y en ait de tels que ce
Pacidéien, qui parle ainsi dans Lucilius :
"Veut-on le voir mourir? Qu'il prenne son épée
La mienne de son sang sera bientôt trempée.
C'est fait de lui. Je sais qu'il pourra bien d'abord
Me porter quelques coups dans son premier effort
Mais bientôt, triomphant de sa rage mutine,
Je plongerai ce fer au fond de sa poitrine.
Le faquin me déplaît. Seuls guides de mon bras,
Ma colère et ma haine assurent son trépas".
| [4,21] XXI. (47) - Reperiam fortasse, sed illud ante: uidesne, quanti fuerit apud
Academicos uerecondia? plane enim dicunt, quod ad rem pertineat. Peripateticis
respondetur a Stoicis; digladientur illi per me licet, cui nihil est necesse
nisi, ubi sit illud, quod ueri simillimum uideatur, anquirere. Quid est igitur
quod occurrat in hac quaestione, e quo possit attingi aliquid ueri simile, quo
longius mens humana progredi non potest? Definitio perturbationis, qua recte
Zenonem usum puto; ita enim definit, ut perturbatio sit auersa {a} ratione
contra naturam animi commotio, uel breuius, ut perturbatio sit adpetitus
uehementior, uehementior autem intellegatur is qui procul absit a naturae
constantia.
(48) Quid ad has definitiones possim dicere? Atque haec pleraque sunt prudenter
acuteque disserentium, illa quidem ex rhetorum pompa: 'ardores animorum cotesque
uirtutum.' An uero uir fortis, nisi stomachari coepit, non potest fortis esse?
Gladiatorium id quidem. Quamquam in eis ipsis uidemus saepe constantiam:
'Conlocuntur, congrediuntur, quaerunt aliquid, postulant,'
ut magis placati quam irati esse uideantur. Sed in illo genere sit sane
Pacideianus aliquis hoc animo, ut narrat Lucilius:
'Occidam illum equidem et uincam, si id quaeritis' inquit,
'Verum illud credo fore: in os prius accipiam ipse
Quam gladium in stomacho furi ac pulmonibus sisto.
Odi hominem, iratus pugno, nec longius quicquam
Nobis, quam dextrae gladium dum acconuno alter;
Usque adeo studio atque odio illius ecferor ira';
| | [4,22] XXII. Mais ce n'est pas ainsi qu'Ajax, dans
Homère, se présente au combat. Il marche gaiement
à l'ennemi. Aussitôt l'allégresse est répandue
parmi les Grecs, la terreur parmi les Troyens.
Hector lui-même, comme le raconte Homère,
en est ému, et se repent du défi qu'il a fait aux
Grecs. On voit ces deux guerriers, avant que d'en
venir aux mains, se parler de sang-froid; et dans
la chaleur même du combat, il ne se passe rien
de part ni d'autre qui tienne de l'emportement.
Aussi ne crois-je point que Torquatus fût en colère,
lorsqu'il arracha le collier du Gaulois, ni
Marcellus, lorsqu'il montra tant de bravoure à
Clastidie. Pour Scipion l'Africain, que nous connaissons
mieux, parce qu'il est moins éloigné de
notre temps, je jurerais que la colère ne le transportait
nullement, lorsqu'il couvrit Alliénus de
son bouclier, et enfonça son épée dans le sein de
l'ennemi. Je ne l'assurerais pas si hardiment de
Brutus : car la haine qu'il portait au tyran était
si violente, que, lorsqu'il se jeta sur Aruns,
l'emportement put bien y avoir part : et ce qui le
rend vraisemblable, c'est qu'ils se percèrent l'un
l'autre de leurs lances dans le même instant. A
quel propos voulez-vous donc ici de la colère?
Quoi ! la valeur n'est capable de rien , à moins
qu'elle n'entre en furie ? Hercule, que cette valeur,
qu'il vous plaît de confondre avec la colère, a mis
au rang des Dieux, était-il en courroux, quand il
combattit le sanglier d'Érymanthe, ou le lion de
Némée? Thésée y était-il, quand il saisit par les
cornes le taureau de Marathon? Prenez-y bien
garde, la colère bannit la réflexion, et cependant
le courage la suppose : car, dès que la raison n'y
est pas, ce n'est plus vrai courage.
| [4,22] XXII. (49) At sine hac gladiatoria iracundia uidemus progredientem apud Homerum
Aiacem multa cum hilaritate, cum depugnaturus esset cum Hectore; cuius, ut arma
sumpsit, ingressio laetitiam attulit sociis, terrorem autem hostibus, ut ipsum
Hectorem, quem ad modum est apud Homerum, toto pectore trementem prouocasse ad
pugnam paeniteret. Atque hi conlocuti inter se, prius quam manum consererent,
leniter et quiete nihil ne in ipsa quidem pugna iracunde rabioseue fecerunt. Ego
ne Torquatum quidem illum, qui hoc cognomen inuenit, iratum existimo Gallo
torquem detraxisse, nec Marcellum apud Clastidium ideo fortem fuisse, quia
fuerit iratus.
(50) De Africano quidem, quia notior est nobis propter recentem memoriam, uel
iurare possum non illum iracundia tum inflammatum fuisse, cum in acie M.
Alliennium Paelignum scuto protexerit gladiumque hosti in pectus infixerit. De
L- Bruto fortasse dubitarim, an propter infinitum odium tyranni ecfrenatius in
Arruntem inuaserit; uideo enim utrumque comminus ictu cecidisse contrario. Quid
igitur huc adhibetis iram? An fortitudo, nisi insanire coepit, impetus suos non
habet? Quid? Herculem, quem in caelum ista ipsa, quam uos iracundiam esse
uultis, sustulit fortitudo, iratumne censes conflixisse cum Erymanthio apro aut
leone Nemeaeo? An etiam Theseus Marathonii tauri cornua conprehendit iratus?
Vide ne fortitudo minime sit rabiosa sitque iracundia tota leuitatis.
| | [4,23] XXIII. Ayez un profond mépris pour tout ce
qui peut arriver; n'appréhendez point la mort;
regardez la peine et la douleur comme aisées à
supporter. Avec de tels principes, bien médités,
et bien gravés dans le coeur, votre courage sera
ferme, sera inébranlable; et ce que vous ferez de
hardi, de grand, de vigoureux, ne craignez pas
que nous l'imputions à la colère. Je n'accuserai
point Scipion, ce souverain pontife, qui a si bien
vérifié la maxime des Stoïciens, Que jamais le
sage n'est homme privé; je ne l'accuserai point
d'avoir agi par un mouvement de colère contre
Gracchus, lorsque s'étant séparé du consul, qui
ne montrait pas assez de vigueur, et oubliant qu'il
n'était qu'homme privé, il commanda, comme
s'il avait été consul, que tous ceux qui s'intéressaient
à la république, eussent à le suivre. Pour
ce qui me regarde personnellement, je ne sais si
j'ai montré du courage, pendant que j'ai été à la
tête de la république: mais, si j'en ai montré,
assurément la colère n'y a point eu de part. Y a-t-il
rien qui ressemble plus à la folie, que la colère?
Ennius a très bien dit que c'en était du moins
un commencement. Voyez les yeux, la voix, la
couleur, la respiration d'un homme en colère.
Voyez quel désordre dans ses discours, dans ses
actions! Qu'y a-t-il de plus indécent que la colère
d'Achille et d'Agamemnon, dans Homère? A l'égard
d'Ajax, on sait que l'emportement le conduisit
à la fureur; et de la fureur, à la mort. Il
n'est donc point nécessaire que le courage appelle
la colère au secours. La valeur n'a besoin que
d'elle-même. Autrement il faudrait dire que l'ivresse,
et même la démence, lui sont utile
puisque la démence et l'ivresse portent souvent
à des actions où il paraît du courage. Ajax fut
toujours brave, mais il ne le fut jamais tant, si
l'on en croit un poète, que dans ses accès de fureur.
| [4,23] XXIII. Neque enim est ulla fortitudo, quae rationis est expers.
(51) 'Contemnendae res humanae sunt, neglegenda mors est, patibiles et dolores et
labores putandi'. Haec cum constituta sunt iudicio atque sententia, tum est
robusta illa et stabilis fortitudo, nisi forte, quae uehementer acriter animose
fiunt iracunde fieri suspicamur. Mihi ne Scipio quidem ille pontufex maxumus,
qui hoc Stoicorum uerum esse declarauit, numquam priuatum esse sapientem, iratus
uidetur fuisse Ti- Graccho tum, cum consulem languentem reliquit atque ipse
priuatus, ut si consul esset, qui rem publicam saluam esse uellent, se sequi iussit.
(52) Nescio ecquid ipsi nos fortiter in re p- fecerimus: si quid fecimus, certe
irati non fecimus. An est quicquam similius insaniae quam ira? quam bene Ennius
'initium' dixit 'insaniae.' Color, uox, oculi, spiritus, inpotentia dictorum ac
factorum quam partem habent sanitatis? Quid Achille Homerico foedius, quid
Agamemnone in iurgio? Nam Aiacem quidem ira ad furorem mortemque perduxit. Non
igitur desiderat fortitudo aduocatam iracundiam; satis est instructa parata
armata per sese. Nam isto quidem modo licet dicere utilem uinulentiam ad
fortitudinem, utilem etiam dementiam, quod et insani et ebrii multa faciunt
saepe uehementÏus. Semper Aiax fortis, fortissimus tamen in furore; nam
Facinus fecit maximum, cum Danais inclinantibus
Summam rem perfecit manu, Proelium restituit insaniens.
| | [4,24] XXIV. En conclura-t-on qu'il est utile d'être
furieux? Examinez comment on définit le courage;
vous comprendrez que la colère ne lui est
bonne à rien. On le définit: Une telle disposition
d'esprit, qu'on accepte tout ce qu'il plaît à la
loi suprême de nous faire souffrir. Ou: La conservation
d'un jugement, sain et ferme, lorsqu'il s'agit de supporter
ou de repousser quelque chose qui nous parait formidable.
Ou: La science de mépriser les événemeaats fâcheux, en
se formant une juste idée de ce qu'ils sont, et
conservant toujours cette idée. Ou, en moins de
mots, comme Chrysippe: La science de ce qui
est à souffrir. Ou enfin: Une telle disposition
d'esprit, qu'on envisage sans fayeur, et qu'on
supporte constamment tout ce que la loi suprême
nous envoie de fâcheux. Cette dernière définition
est encore de Chrysippe. Les trois premières
sont de Sphérus, que les Stoïciens croient
l'homme du monde le plus habile dans l'art de
bien définir. Elles se ressemblent fort, et ne font
toutes que développer plus ou moins ce que
chacun pense. Pour moi, quoique souvent je tombe
sur les Stoïciens, comme faisait Carnéade, j'ai
bien peur qu'il n'y ait qu'eux de philosophes. Car
de toutes ces définitions, y en a-t-il une seule,
qui ne rende parfaitement l'idée confuse que nous
avons en nous-mêmes du courage? Et lorsque
cette idée est bien dépouillée, la colère parait-elle
nécessaire au guerrier, au général, à l'orateur?
Les croira-t-on incapables d'agir comme
il faut, si la rage ne les anime? Quand les Stoïciens
prétendent que tout homme qui n'est pas
sage, est malade, ne raisonnent-ils pas conséquemment?
Jamais de passion, et surtout point
de colère. On voudrait prendre cela pour un
étrange paradoxe. Voici comment ils l'entendent :
nous disons qu'il n'y a point de fou qui ne soit
malade, comme on dit qu'il n'y a point de boue
qui n'exhale une mauvaise odeur. Quelquefois la
boue ne sent point : remuez-la, vous le saurez.
Et de même, un homme colère paraît tranquille
dans certains moments : heurtez-le, vous allez le
voir en fureur. Hé quoi! cette colère qu'on approuve
dans un guerrier, lui est-elle aussi de
quelque utilité hors du combat, et lorsqu'il se
trouve chez lui, avec sa femme, ses enfants, ses
domestiques? Pour cela, il faudrait que l'esprit
troublé fût quelquefois préférable au sens rassis.
Car, se met-on en colère, sans que l'esprit se
trouble? Mais bien loin que l'emportement soit
utile dans le commerce ordinaire de la vie, il
n'y a rien, au contraire, de si odieux, ni qui
rende plus insociable, que d'avoir l'esprit hargneux,
et d'être toujours prêt à se fâcher.
| [4,24] XXIV. (53) Dicamus igitur utilem insaniam? Tracta
definitiones fortitudinis: intelleges eam stomacho non egere. Fortitudo est
igitur 'adfectio animi legi summae in perpetiendis rebus obtemperans' uel
'conseruatio stabilis iudicii in eis rebus quae formidolosae uidentur subeundis
et repellendis' uel 'scientia rerum formidolosarum contrariarumque aut omnino
neglegendarum conseruans earum rerum stabile iudicium' uel breuius, ut
Chrysippus (nam superiores definitiones erant Sphaeri, hominis in primis bene
definientis, ut putant Stoici; sunt enim omnino omnes fere similes, sed
declarant communis notiones alia magis alia) - quo modo igitur Chrysippus?
'Fortitudo est' inquit 'scientia rerum perferendarum uel adfectio animi in
patiendo ac perferendo summae legi parens sine timore.' Quamuis licet insectemur
istos, ut Carneades solebat, metuo ne soli philosophi sint. Quae enim istarum
definitionum non aperit notionem nostram, quam habemus omnes de fortitudine
tectam atque inuolutam? Qua aperta quis est qui aut bellatori aut imperatori aut
oratori quaerat aliquid neque eos existumet sine rabie quicquam fortiter facere posse?
(54) Quid? Stoici, qui omnes insipientes insanos esse dicunt, nonne ista
conligunt? Remoue perturbationes maxumeque iracundiam: iam uidebuntur monstra
dicere. Nunc autem ita disserunt, sic se dicere omnes stultos insanire, ut male
olere omne caenum. 'At non semper.' Commoue: senties. Sic iracundus non semper
iratus est; lacesse: iam uidebis furentem. Quid? ista bellatrix iracundia, cum
domum rediit, qualis est cum uxore, cum liberis, cum familia? an tum quoque est
utilis? Est igitur aliquid quod perturbata mens melius possit facere quam
constans? an quisquam potest sine perturbatione mentis irasci? Bene igitur
nostri, cum omnia essent in moribus uitia, quod nullum erat iracundia foedius,
iracundos solos morosos nominauerunt.
| | [4,25] XXV. Quant à l'orateur, il ne lui sied nullement
de se mettre en colère ; il lui sied quelque-fois
de le feindre. Pensez-vous que je sois en
courroux, toutes les fois qu'il m'arrive de hausser
le ton et de m'échauffer? Pensez-vous que
l'affaire étant jugée, et absolument finie, s'il
m'arrive de mettre mon discours par écrit, je
sois en courroux la plume à la main? Accius y
était-il en composant ses tragédies? Y croyez-vous
Esope, dans les endroits qu'il déclame avec le
plus de feu? Un orateur, qui sera vraiment orateur,
aura encore plus de véhémence qu'un comédien;
mais sans passion, et toujours de sangfroid.
Pour louer la cupidité, comme font les
Péripatéticiens, ne faut-il pas qu'elle les aveugle?
Prennent-ils donc pour des branches de
la cupidité, ces nobles inclinations, qui ont
donné lieu aux travaux des grands hommes
qu'ils nous citent, Thémistocle, Démosthène,
Pythagore, Démocrite, Platon? Mais les inclinations
même les plus estimables, telles que celles-là,
ne doivent rien prendre sur la tranquillité
de l'esprit. A l'égard de la tristesse, qui est la chose
du monde la plus détestable, comment des philosophes
en font-ils l'éloge? Qu'on approuve le mot
d'Afranius, à la bonne heure; cela est dit d'un
jeune homme plongé dans la débauche : mais ici
nous examinons ce qui peut convenir à un homme
sage. Car mon dessein, en décriant la colère,
n'a pas été non plus de la blâmer sans quelque
restriction. Elle pourra servir dans les troupes,
à des officiers subalternes. Elle pourra servir en
d'autres occasions, sur lesquelles je ne m'explique
pas plus clairement, pour ne pas découvrir les
mystères de la rhétorique. Un mouvement de colère
sera utilement inspiré à des gens incapables
d'écouter la raison. Mais ici, encore une fois, il
s'agit de savoir ce qu'un homme sage doit se permettre.
| [4,25] XXV. (55) Oratorem uero irasci minime decet, simulare non dedecet. An tibi
irasci tum uidemur, cum quid in causis acrius et uehementius dicimus? Quid? cum
iam rebus transactis et praeteritis orationes scribimus, num irati scribimus?
'Ecquis hoc animaduertit? uincite!'
Num aut egisse umquam iratum Aesopum aut scripsisse existimas iratum Accium?
Aguntur ista praeclare et ab oratore quidem melius, si modo est orator, quam ab
ullo histrione, sed aguntur leniter et mente tranquilla.
Libidinem uero laudare cuius est libidinis? Themistoclem mihi et Demosthenen
profertis, additis Pithagoran Democritum Platonem. Quid? uos studia libidinem
uocatis? quae uel optimarum rerum, ut ea sunt quae profertis, sedata tamen et
tranquilla esse debent. Iam aegritudinem laudare, unam rem maxime detestabilem,
quorum est tandem philosophorum? At commode dixit Afranius:
'Dum modo doleat aliquid, doleat quidlibet.'
Dixit enim de adolescente perdito ac dissoluto, nos autem de constanti uiro ac
sapienti quaerimus. Et quidem ipsam illam iram centurio habeat aut signifer uel
ceteri, de quibus dici non necesse est, ne rhetorum aperiamus mysteria; utile
est enim uti motu animi, qui uti ratione non potest: nos autem, ut testificor
saepe, de sapiente quaerimus.
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