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| [4,550] et autant de génisses dont la nuque n'a point encore été touchée
par le joug. Puis, quand la neuvième aurore se fut levée,
il offre un sacrifice aux mânes d'Orphée, et retourne dans
le bois sacré. Alors, prodige soudain et merveilleux à dire,
on voit, parmi les viscères liquéfiés des boeufs des abeilles
bourdonner qui en remplissent les flancs, et s'échapper
des côtes rompues, et se répandre en des nuées immenses,
puis convoler au sommet d'un arbre et laisser pendre
leur grappe à ses flexibles rameaux.
Voilà ce que je chantais sur les soins à donner aux
guérets et aux troupeaux, ainsi que sur les arbres,
| [4,550] quattuor eximios praestanti corpore tauros
ducit et intacta totidem ceruice iuuencas.
Post, ubi nona suos Aurora induxerat ortus,
inferias Orphei mittit lucumque reuisit.
Hic uero subitum ac dictu mirabile monstrum
adspiciunt, liquefacta boum per uiscera toto
stridere apes utero et ruptis efferuere costis,
immensasque trahi nubes, iamque arbore summa
confluere et lentis uuam demittere ramis.
Haec super aruorum cultu pecorumque canebam
| | [4,560] pendant que le grand César lançait ses foudres guerrières
contre l'Euphrate profond, et, vainqueur, donnait des
lois aux peuples soumis, et se frayait un chemin vers
l'Olympe. En ce temps-là, la douce Parthénope me
nourrissait, moi, Virgile, florissant aux soins d'un obscur
loisir, moi qui ai dit par jeu les chansons des bergers,
et qui, audacieux comme la jeunesse, t'ai chanté,
ô Tityre, sous le dôme d'un vaste hêtre.
| [4,560] et super arboribus, Caesar dum magnus ad altum
fulminat Euphraten bello uictorque uolentes
per populos dat iura uiamque adfectat Olympo.
Illo Vergilium me tempore dulcis alebat
Parthenope studiis florentem ignobilis oti,
carmina qui lusi pastorum audaxque iuuenta,
Tityre, te patulae cecini sub tegmine fagi.
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