| [11,29] XXIX. D'abord Calliste, dont j'ai parlé à l'occasion du meurtre de Caius, Narcisse, instrument de celui d'Appius, et Pallas, qui était alors au plus haut période de sa faveur, délibérèrent si, par de secrètes menaces, ils n'arracheraient pas Messaline à son amour pour Silius, en taisant d'ailleurs tout le reste. Ensuite, dans la crainte de se perdre eux-mêmes, Pallas et Calliste abandonnèrent l'entreprise, Pallas par lâcheté, Calliste par prudence : il avait appris à l'ancienne cour que l'adresse réussit mieux que la vigueur, à qui veut maintenir son crédit. Narcisse persista ; seulement il eut la précaution de ne pas dire un mot qui fit pressentir à Messaline l'accusation ni l'accusateur, et il épia les occasions. Comme le prince tardait à revenir d'Ostie, il s'assure de deux courtisanes qui servaient habituellement à ses plaisirs ; et, joignant aux largesses et aux promesses l'espérance d'un plus grand pouvoir quand il n'y aurait plus d'épouse, il les détermine à se charger de la délation.
| [11,29] Ac primo Callistus, iam mihi circa necem G- Caesaris narratus, et
Appianae cacdis molitor Narcissus fagrantissimaque eo in tempore gratia
Pallas agitauere, num Messalinam secretis minis depellerent amore Silii,
cuncta alia dissimulantes. dein metu ne ad perniciem ultro traherentur,
desistunt, Pallas per ignauiam, Callistus prioris quoque regiae peritus et
potentiam cautis quam acribus consiliis tutius haberi: perstitit Narcissus,
solum id immutans ne quo sermone praesciam criminis et accusatoris faceret.
ipse ad occasiones intentus, longa apud Ostiam Caesaris mora, duas
paelices, quarum is corpori maxime insueuerat, largitione ac promissis et
uxore deiecta plus potentiae ostentando perpulit delationem subire.
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