| [32,28] (1) Le premier acte du consulat de C. Cornélius et de Q.
Minucius fut de procéder à la répartition des provinces consulaires
et prétoriennes. (2) On s'occupa d'abord de ces dernières, qui
pouvaient être réglées par le sort. Sergius eut la juridiction de la
ville, Minucius celle des étrangers. Atilius obtint la Sardaigne,
Manlius la Sicile, Sempronius l'Espagne citérieure, Helvius
l'Espagne ultérieure. (3) Les consuls se disposaient à tirer au sort
l'Italie et la Macédoine, lorsque les tribuns du peuple L. Oppius et
Q. Fulvius s'y opposèrent. "La Macédoine, disaient-ils, était une
province éloignée; (4) les principaux obstacles qui avaient entravé
la guerre jusqu'à ce jour venaient de ce qu'on laissait à peine aux
consuls le temps de commencer les opérations, et qu'on les rappelait
au fort même de leurs préparatifs. (5) Il y avait quatre ans déjà
qu'on avait décrété la guerre de Macédoine. Sulpicius avait consumé
la plus grande partie de l'année à chercher le roi et son armée.
Villius, qui avait pu joindre l'ennemi, avait été rappelé avant
d'avoir livré bataille. (6) Quinctius, bien que retenu à Rome une
grande partie de l'année par des affaires religieuses, avait
cependant poussé la guerre avec tant de vigueur qu'il aurait pu la
terminer s'il fût arrivé plus tôt dans sa province, ou si l'hiver
eût été plus tardif. (7) Maintenant il était à peu près rentré dans
ses quartiers; mais on disait qu'il faisait de tels préparatifs,
qu'à moins d'être supplanté par un successeur, il pouvait compter
sur une victoire définitive pour la campagne prochaine." (8) Ces
représentations obligèrent les consuls à déclarer qu'ils s'en
remettraient à la décision du sénat, pourvu que les tribuns en
fissent autant. Sur le consentement des uns et des autres, les
sénateurs décrétèrent, après libre discussion, que les deux consuls
auraient l'Italie pour département. (9) Ils prorogèrent T. Quinctius
dans son commandement jusqu'à ce qu'on lui envoyât un successeur. On
donna deux légions à chaque consul et on les chargea de faire la
guerre aux Gaulois cisalpins, qui avaient abandonné le parti des
Romains. (10) On arrêta qu'il serait envoyé à Quinctius, en
Macédoine, un renfort de cinq mille hommes d'infanterie, trois cents
chevaux et trois mille soldats de marine. (11) On laissa à la tête
de la flotte L. Quinctius Flamininus, qui la commandait. Les
préteurs désignés pour les Espagnes devaient emmener huit mille
fantassins, tant des autres alliés que des Latins, et quatre cents
cavaliers, afin de pouvoir renvoyer de leurs provinces les anciennes
armées. On leur recommanda de fixer les limites de l'ultérieure et
de la citérieure. (12) On envoya de plus comme lieutenants, en
Macédoine, P. Sulpicius et P. Villius, qui avaient eu cette province
en qualité de consuls.
| [32,28] C- Cornelio et Q- Minucio consulibus omnium primum de prouinciis consulum
praetorumque actum. Prius de praetoribus transacta res quae transigi sorte
poterat: urbana Sergio, peregrina iurisdictio Minucio obtigit; Sardiniam
Atilius, Siciliam Manlius, Hispanias Sempronius citeriorem, Heluius ulteriorem
est sortitus. Consulibus Italiam Macedoniamque sortiri parantibus L- Oppius et
Q- Fuluius tribuni plebis impedimento erant, quod longinqua prouincia Macedonia
esset neque ulla alia res maius bello impedimentum ad eam diem fuisset quam quod
uixdum incohatis rebus in ipso conatu gerendi belli prior consul reuocaretur:
quartum iam annum esse ab decreto Macedonico bello; quaerendo regem et exercitum
eius Sulpicium maiorem partem anni absumpsisse; Villium congredientem cum hoste
infecta re reuocatum; Quinctium rebus diuinis Romae maiorem partem anni retentum
ita gessisse tamen res ut, si aut maturius in prouinciam uenisset aut hiems
magis sera fuisset, potuerit debellare: nunc prope in hiberna profectum ita
comparare dici bellum ut, nisi successor impediat, perfecturus aestate proxima
uideatur. His orationibus peruicerunt ut consules in senatus auctoritate fore
dicerent se, si idem tribuni plebis facerent. Permittentibus utrisque liberam
consultationem patres consulibus ambobus Italiam prouinciam decreuerunt, T-
Quinctio prorogarunt imperium donec successor ex senatus consulto uenisset.
Consulibus binae legiones decretae et ut bellum cum Gallis Cisalpinis qui
defecissent a populo Romano gererent. Quinctio in Macedoniam supplementum
decretum, sex milia peditum, trecenti equites, sociorum naualium milia tria.
Praeesse eidem cui praeerat classi L- Quinctius Flamininus iussus. Praetoribus
in Hispanias octona milia peditum socium ac nominis Latini data et quadringeni
equites, ut dimitterent ueterem ex Hispaniis militem; et terminare iussi qua
ulterior citeriorue prouincia seruaretur. Macedoniae legatos P- Sulpicium et P-
Villium, qui consules in ea prouincia fuerant, adiecerunt.
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