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| [39,6] (1) Déjà l'époque des comices consulaires approchait: M.
Aemilius, que le sort avait désigné pour les présider, ne pouvant se
rendre à Rome, C. Flaminius vint le remplacer. Il proclama consuls
Sp. Postumius Albinus et Q. Marcius Philippus. (2) On nomma ensuite
préteurs T. Maenius, P. Cornélius Sylla, C. Calpurnius Piso, M.
Licinius Lucullus, C. Aurélius Scaurus et L. Quinctius Crispinus.
(3) Ce fut à la fin de cette année, après la nomination des
magistrats, trois jours avant les nones de mars, que Cn. Manlius
Vulso triompha des Gaulois d'Asie. (4) Le motif qui lui avait fait
différer son triomphe fut la crainte de se voir cité, en vertu de la
loi Pétilla, devant le tribunal du préteur Q. Térentius Culléo, et
enveloppé dans l'arrêt de proscription qui avait frappé L. Scipion.
(5) Il savait que les juges seraient d'autant plus sévères à son
égard qu'il avait relâché par tous les excès de la licence les liens
de la discipline militaire si rigoureusement maintenue par son
prédécesseur. (6) D'ailleurs les désordres commis, disait-on, par
ses soldats dans cette province lointaine, n'étaient pas les seuls
griefs qu'on eût à lui reprocher; on blâmait encore plus ceux
auxquels ils se livraient tous les jours sous les yeux de leurs
concitoyens. (7) En effet, le luxe des nations étrangères n'entra
dans Rome qu'avec l'armée d'Asie; ce fut elle qui introduisit dans
la ville les lits ornés de bronze, les tapis précieux, les voiles et
tissus déliés, enfin, ces guéridons et ces buffets, qu'on regardait
alors comme une grande élégance dans l'ameublement. (8) Ce fut à
cette époque qu'on fit paraître dans les festins des chanteuses, des
joueuses de harpe et des baladins pour égayer les convives; (9) que
l'on mit plus de recherche et de magnificence dans les apprêts mêmes
des festins; que les cuisiniers, qui n'étaient pour nos aïeux que
les derniers et les moins utiles de leurs esclaves, commencèrent à
devenir très chers, et qu'un vil métier passa pour un art. Et
pourtant toutes ces innovations étaient à peine le germe du luxe à
venir.
| [39,6] Iam consularium comitiorum appetebat tempus; quibus quia M- Aemilius, cuius
sortis ea cura erat, occurrere non potuit, C- Flaminius Romam uenit. ab eo
creati consules Sp- Postumius Albinus Q- Marcius Philippus. praetores inde facti
T- Maenius P- Cornelius Sulla C- Calpurnius Piso M- Licinius Lucullus C-
Aurelius Scaurus L- Quinctius Crispinus.
Extremo anni, magistratibus iam creatis, ante diem tertium nonas Martias Cn-
Manlius Vulso de Gallis qui Asiam incolunt triumphauit. serius ei triumphandi
causa fuit, ne Q- Terentio Culleone praetore causam lege Petillia diceret, et
incendio alieni iudicii, quo L- Scipio damnatus erat, conflagraret, eo
infensioribus in se quam in illum iudicibus, quod disciplinam militarem seuere
ab eo conseruatam successorem ipsum omni genere licentiae corrupisse fama
attulerat. neque ea sola infamiae erant, quae in prouincia procul ab oculis
facta narrabantur, sed ea etiam magis, quae in militibus eius quotidie
aspiciebantur. luxuriae enim peregrinae origo ab exercitu Asiatico inuecta in
urbem est. ii primum lectos aeratos, uestem stragulam pretiosam, plagulas et
alia textilia, et quae tum magnificae supellectilis habebantur, monopodia et
abacos Romam aduexerunt. tunc psaltriae sambucistriaeque et conuiualia alia
ludorum oblectamenta addita epulis; epulae quoque ipsae et cura et sumptu maiore
apparari coeptae. tum coquus, uilissimum antiquis mancipium et aestimatione et
usu, in pretio esse, et quod ministerium fuerat, ars haberi coepta. uix tamen
illa quae tum conspiciebantur, semina erant futurae luxuriae.
| | [39,7] (1) Dans son triomphe, Cn. Manlius étala deux cents couronnes
d'or pesant chacune douze livres, deux cent vingt mille livres
d'argent, deux mille cent trois d'or, cent vingt-sept mille
tétradrachmes attiques, deux cent cinquante mille cistophores, seize
mille trois cent vingt philippes d'or, (2) et une grande quantité
d'armes et de dépouilles gauloises entassées sur des chariots.
Cinquante-deux chefs ennemis marchaient devant le char. Chaque
soldat reçut quarante-deux deniers, chaque centurion quatre-vingt
quatre; la solde fut doublée pour l'infanterie et triplée pour la
cavalerie. (3) Une foule de guerriers de tous grades, ornés de leurs
récompenses militaires, venaient à la suite du char, et les chants
que faisaient entendre les soldats en l'honneur de leur chef
attestaient assez la complaisance calculée du général, et prouvaient
que son triomphe était plus agréable à l'armée qu'au peuple. (4)
Mais les amis de Manlius vinrent à bout de lui concilier aussi la
faveur populaire; (5) sur leurs instances, le sénat décréta qu'on
prélèverait, sur l'argent porté à ce triomphe, les sommes
nécessaires pour acquitter ce qui n'avait pas encore été remboursé
des avances faites par le peuple à la république. Les questeurs de
la ville payèrent avec une scrupuleuse fidélité les créanciers de
l'état, à raison de vingt-cinq as et demi pour mille. (6)Vers le
même temps, deux tribuns militaires arrivèrent des Espagnes avec des
dépêches de C. Atinius et de L. Manlius, qui commandaient dans ces
deux provinces. (7) Ces dépêches annonçaient que les Celtibères et
les Lusitaniens étaient en armes et qu'ils dévastaient les terres
des alliés. Le sénat ne voulut pas entamer de délibération à ce
sujet et renvoya l'affaire aux nouveaux magistrats. (8) Aux jeux
romains, célébrés cette même année par P. Cornélius Céthégus et A.
Postumius Albinus, un mât du cirque, qui avait été mal fixé en
terre, tomba sur la statue de la déesse Pollentia et la renversa.
(9) Les sénateurs, alarmés de cet accident, décidèrent qu'on
prolongerait d'un jour la célébration des jeux et qu'on remplacerait
la statue par deux statues nouvelles, dont l'une serait dorée. (10)
Les édiles C. Sempronius Blaesus et M. Furius Luscus firent aussi
représenter deux jours de suite les jeux plébéiens.
| [39,7] In triumpho tulit Cn- Manlius coronas aureas ducenta duodecim {pondo},
argenti pondo ducenta uiginti milia, auri pondo duo milia centum tria,
tetrachmum Atticum centum uiginti septem milia, cistophori ducenta quinquaginta,
Philippeorum aureorum nummorum sedecim milia trecentos uiginti; et arma
spoliaque multa Gallica carpentis trauecta, duces hostium duo et quinquaginta
ducti ante currum. militibus quadragenos binos denarios diuisit, duplex
centurioni, triplex in equites, et stipendium duplex {in pedites} dedit; multi
omnium ordinum donati militaribus donis currum secuti sunt. carminaque a
militibus ea in imperatorem dicta, ut facile appareret in ducem indulgentem
ambitiosumque ea dici, triumphum esse militari magis fauore quam populari
celebrem. sed ad populi quoque gratiam conciliandam amici Manlii ualuerunt;
quibus adnitentibus senatus consultum factum est, ut ex pecunia quae in triumpho
translata esset, stipendium collatum a populo in publicum, quod eius solutum
antea non esset, solueretur. uicenos quinos et semisses in milia aeris
quaestores urbani cum fide et cura soluerunt. per idem tempus tribuni militum
duo ex duabus Hispaniis cum litteris C- Atinii et L- Manlii, qui eas prouincias
obtinebant, uenerunt. ex iis litteris cognitum est Celtiberos Lusitanosque in
armis esse et sociorum agros populari. de ea re consultationem integram senatus
ad nouos magistratus reiecit.
Ludis Romanis eo anno, quos P- Cornelius Cethegus A- Postumius Albinus
faciebant, malus in circo instabilis in signum Pollentiae procidit atque id
deicit. ea religione moti patres et diem unum adiciendum ludorum censuerunt, et
signa duo pro uno reponenda, et nouum auratum faciendum. et plebeii ludi ab
aedilibus C- Sempronio Blaeso et M- Furio Lusco diem unum instaurati sunt.
| | [39,8] (1) L'année suivante, les consuls Sp. Postumius Albinus et Q.
Marcius Philippus négligèrent l'organisation de leurs armées, leurs
préparatifs de guerre et le gouvernement de leurs provinces pour
s'occuper uniquement d'étouffer une conjuration domestique. (2) Les
préteurs tirèrent au sort leurs départements. T. Maenius eut la
juridiction de la ville; M. Licinius Lucullus celle des étrangers;
C. Aurélius Scaurus, la Sardaigne; P. Cornélius Sylla, la Sicile; L.
Quinctius Crispinus, l'Espagne citérieure; C. Calpurnius Piso,
l'Espagne ultérieure. (3) Les deux consuls furent chargés, par un
décret, d'instruire contre les associations secrètes. Un Grec de
naissance obscure était venu d'abord en Étrurie; il n'avait aucune
de ces connaissances propres à former l'esprit et le corps dont
l'admirable civilisation de la Grèce nous a enrichis. Ce n'était
qu'une espèce de prêtre et de devin, (4) non point de ceux qui
prêchent leur doctrine à découvert et qui, tout en faisant
publiquement métier d'instruire le peuple, lui inspirent des
craintes superstitieuses, mais un de ces ministres d'une religion
mystérieuse, qui s'entoure des ombres de la nuit. (5) Il n'initia
d'abord à ses mystères que très peu de personnes; bientôt il y admit
indistinctement les hommes et les femmes, et, pour attirer un plus
grand nombre de prosélytes, il mêla les plaisirs du vin et de la
table à ses pratiques religieuses. (6) Les vapeurs de l'ivresse,
l'obscurité de la nuit, le mélange des sexes et des âges eurent
bientôt éteint tout sentiment de pudeur, et l'on s'abandonna sans
réserve à toutes sortes de débauches; chacun trouvait sous sa main
les voluptés qui flattaient le plus les penchants de sa nature. (7)
Le commerce infâme des hommes et des femmes n'était pas le seul
scandale de ces orgies; c'était comme une sentine impure d'où
sortaient de faux témoignages, de fausses signatures, des testaments
supposés, de calomnieuses dénonciations, (8) quelquefois même des
empoisonnements et des meurtres si secrets, qu'on ne retrouvait pas
les corps des victimes pour leur donner la sépulture. Souvent la
ruse, plus souvent encore la violence, présidaient à ces attentats.
Des hurlements sauvages et le bruit des tambours et des cymbales
protégeaient la violence en étouffant les cris de ceux qu'on
déshonorait ou qu'on égorgeait.
| [39,8] Insequens annus Sp- Postumium Albinum et Q- Marcium Philippum consules ab
exercitu bellorumque et prouinciarum cura ad intestinae coniurationis uindictam
auertit. praetores prouincias sortiti sunt, T- Maenius urbanam, M- Licinius
Lucullus inter ciues et peregrinos, C- Aurelius Scaurus Sardiniam, P- Cornelius
Sulla Siciliam, L- Quinctius Crispinus Hispaniam citeriorem, C- Calpurnius Piso
Hispaniam ulteriorem. consulibus ambobus quaestio de clandestinis
coniurationibus decreta est. Graecus ignobilis in Etruriam primum uenit nulla
cum arte earum, quas multas ad animorum corporumque cultum nobis eruditissima
omnium gens inuexit, sacrificulus et uates; nec is qui aperta religione,
propalam et quaestum et disciplinam profitendo, animos errore imbueret, sed
occultorum et nocturnorum antistes sacrorum. initia erant, quae primo paucis
tradita sunt, deinde uulgari coepta sunt per uiros mulieresque. additae
uoluptates religioni uini et epularum, quo plurium animi illicerentur. cum uinum
animos {incendissent}, et nox et mixti feminis mares, aetatis tenerae maioribus,
discrimen omne pudoris exstinxissent, corruptelae primum omnis generis fieri
coeptae, cum ad id quisque, quo natura pronioris libidinis esset, paratam
uoluptatem haberet. nec unum genus noxae, stupra promiscua ingenuorum
feminarumque erant, sed falsi testes, falsa signa testamentaque et indicia ex
eadem officina exibant: uenena indidem intestinaeque caedes, ita ut ne corpora
quidem interdum ad sepulturam exstarent. multa dolo, pleraque per uim
audebantur. occulebat uim quod prae ululatibus tympanorumque et cymbalorum
strepitu nulla uox quiritantium inter stupra et caedes exaudiri poterat.
| | [39,9] (1) Cette lèpre hideuse passa, comme par contagion, de
l'Étrurie à Rome. L'étendue de la ville, qui lui permettait de
receler plus facilement dans son sein de pareils désordres, les
déroba d'abord aux regards; mais enfin le consul Postumius fut mis
sur la trace des coupables. (2) P. Aebutius, fils d'un chevalier
romain, ayant perdu son père, puis ses tuteurs, avait été élevé sons
la tutelle de sa mère Duronia et du second mari de cette femme, T.
Sempronius Rutilus. (3) Duronia était dévouée à son mari, et
Rutilus, qui avait géré la tutelle de manière à ne pouvoir en rendre
compte, cherchait à se défaire de son pupille, ou à le tenir sous sa
dépendance par quelque lien puissant. Le seul moyen de le corrompre,
c'était de l'initier aux Bacchanales. (4) La mère fit venir le jeune
homme. "Pendant qu'il était malade, lui dit-elle, elle avait fait
voeu de l'initier aux mystères de Bacchus, aussitôt après sa
guérison. Puisque les dieux avaient daigné l'exaucer, elle voulait
accomplir son voeu. Il fallait pour cela qu'il observât pendant dix
jours la plus grande chasteté; au bout de ce temps elle le
conduirait au sanctuaire, lorsqu'il aurait soupé et pris un bain
pour se purifier." (5) Il y avait à Rome une courtisane fameuse,
l'affranchie Hispala Faecénia: c'était une femme au-dessus du métier
auquel elle s'était livrée quand elle était esclave, et que, depuis
son affranchissement, elle avait continué par besoin. (6) Le
voisinage avait fait naître entre elle et Aebutius des relations qui
ne nuisaient ni à la fortune ni à la réputation du jeune homme.
C'était elle qui l'avait aimé et recherché la première, et la
générosité de la courtisane lui fournissait ce que lui refusait
l'avarice de ses parents. (7) Elle avait même fini par s'attacher
tellement à Aebutius, qu'après la mort de son patron elle demanda un
tuteur aux tribuns et au préteur pour se faire autoriser à
contracter, et elle rédigea un testament où elle institua Aebutius
son légataire universel.
| [39,9] Huius mali labes ex Etruria Romam ueluti contagione morbi penetrauit. primo
urbis magnitudo capacior patientiorque talium malorum ea celauit: tandem
indicium hoc maxime modo ad Postumium consulem peruenit. P- Aebutius, cuius
pater publico equo stipendia fecerat, pupillus relictus, mortuis deinde
tutoribus sub tutela Duroniae matris et uitrici T- Sempronii Rutili educatus
fuerat. et mater dedita uiro erat, et uitricus, quia tutelam ita gesserat, ut
rationem reddere non posset, aut tolli pupillum aut obnoxium sibi uinculo aliquo
fieri cupiebat. uia una corruptelae Bacchanalia erant. mater adulescentem
appellat: se pro aegro eo uouisse, ubi primum conualuisset, Bacchis eum se
initiaturam; damnatam uoti benignitate deum exsoluere id uelle. decem dierum
castimonia opus esse: decimo die cenatum, deinde pure lautum in sacrarium
deducturam. scortum nobile libertina Hispala Faecenia, non digna quaestu, cui
ancillula adsuerat, etiam postquam manumissa erat, eodem se genere tuebatur.
huic consuetudo iuxta uicinitatem cum Aebutio fuit, minime adulescentis aut rei
aut famae damnosa: ultro enim amatus appetitusque erat, et maligne omnia
praebentibus suis meretriculae munificentia sustinebatur. quin eo processerat
consuetudine capta, ut post patroni mortem, quia in nullius manu erat, tutore ab
tribunis et praetore petito, cum testamentum faceret, unum Aebutium institueret
heredem.
| | [39,10] (1) Après de pareils gages d'amour, ils n'eurent plus de
secrets l'un pour l'autre. Un jour, le jeune homme dit en
plaisantant à sa maîtresse de ne pas s'étonner si pendant plusieurs
nuits elle le voyait découcher. (2) "Un motif religieux l'y
obligeait, ajouta-t-il, afin d'acquitter un voeu fait pour sa
guérison; il voulait se faire initier aux mystères de Bacchus. - Les
dieux vous en préservent! s'écria aussitôt Hispala tout éperdue,
plutôt la mort et pour vous et pour moi qu'une pareille
extravagance!" Puis elle se répandit en menaces et en imprécations
contre ceux qui lui avaient donné ce conseil. (3) Le jeune homme,
étonné des paroles et de l'émotion de sa maîtresse, l'engagea à
modérer ses transports, puisqu'il ne faisait qu'obéir aux ordres que
sa mère lui avait donnés, avec l'aveu de son beau-père. (4) "Votre
beau-père, reprit-elle, car je n'oserais accuser votre mère, a donc
hâte de vous enlever tout à la fois l'honneur, la réputation,
l'avenir et la vie?" (5) Aebutius, de plus en plus étonné, la pressa
de s'expliquer. Alors Hispala, demandant aux dieux et aux déesses de
pardonner à l'excès de son amour la révélation de ces secrets
qu'elle aurait dû taire, lui déclara qu'étant esclave elle était
entrée dans ce sanctuaire avec son maître, (6) mais que depuis son
affranchissement elle n'y avait jamais mis le pied. "Elle savait,
dit-elle, que c'était une école d'abominations de toute sorte, et il
était constant que depuis deux années on n'avait initié personne au-
dessus de l'âge de vingt ans. (7) Dès qu'on y était introduit, on
était livré comme une victime aux mains des prêtres, et ils vous
conduisaient en un lieu où des hurlements affreux, le son des
instruments, le bruit des cymbales et des tambours étouffaient les
cris de la pudeur outragée." (8) Elle le pria ensuite et le conjura
de rompre à tout prix son engagement et de ne pas se précipiter dans
un abîme où il aurait d'abord à supporter toutes les infamies, pour
les exercer à son tour sur d'autres; (9) enfin elle ne le laissa
partir qu'après avoir obtenu sa parole qu'il éviterait cette
initiation.
| [39,10] Haec amoris pignora cum essent, nec quicquam secretum alter ab altero
haberent, per iocum adulescens uetat eam mirari, si per aliquot noctes
secubuisset: religionis se causa, ut uoto pro ualetudine sua facto liberetur,
Bacchis initiari uelle. id ubi mulier audiuit, perturbata 'dii meliora.' inquit:
mori et sibi et illi satius esse quam id faceret; et in caput eorum detestari
minas periculaque, qui id suasissent. admiratus cum uerba tum perturbationem
tantam adulescens parcere exsecrationibus iubet: matrem id sibi adsentiente
uitrico imperasse. 'uitricus ergo' inquit 'tuus - matrem enim insimulare forsitan
fas non sit - pudicitiam famam spem uitamque tuam perditum ire hoc facto
properat.' eo magis mirabundo quaerentique, quid rei esset, pacem ueniamque
precata deorum dearumque, si coacta caritate eius silenda enuntiasset, ancillam
se ait dominae comitem id sacrarium intrasse, liberam numquam eo accessisse.
scire corruptelarum omnis generis eam officinam esse; et iam biennio constare
neminem initiatum ibi maiorem annis uiginti. ut quisque introductus sit, uelut
uictimam tradi sacerdotibus. eos deducere in locum, qui circumsonet ululatibus
cantuque symphoniae et cymbalorum et tympanorum pulsu, ne uox quiritantis, cum
per uim stuprum inferatur, exaudiri possit. orare inde atque obsecrare, ut eam
rem quocumque modo discuteret nec se eo praecipitaret, ubi omnia infanda
patienda primum, deinde facienda essent. neque ante dimisit eum, quam fidem
dedit adulescens ab his sacris se temperaturum.
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