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| [39,41] (1) Sa candidature fut alors attaquée par la noblesse, comme
l'avait été toute sa vie; et tous ses compétiteurs, à l'exception de
L. Flaccus, qui avait été son collègue au consulat, s'étaient ligués
pour le faire échouer. (2) Non seulement ils aimaient mieux obtenir
la censure pour eux-mêmes et ils s'indignaient de voir un homme
nouveau promu à cette dignité; mais ils pensaient bien aussi qu'un
homme tant de fois offensé par eux aurait à coeur de se venger, et
qu'il déploierait dans sa censure une sévérité dangereuse pour la
réputation de beaucoup d'entre eux. (3) En effet, c'était la menace
à la bouche que Caton sollicitait les suffrages. "Ceux qui
combattaient son élection, disait-il, étaient des gens qui
redoutaient un censeur intègre et courageux." En même temps il
appuyait la candidature de L. Valérius: (4) "C'était, disait-il
encore, le seul collègue avec lequel il pût réprimer la corruption
nouvellement introduite à Rome, et faire revivre les moeurs
antiques." Le peuple, enflammé par ces paroles, éleva M. Porcius à
la censure, malgré l'opposition de la noblesse, et lui donna même
pour collègue L. Valérius Flaccus. (5) Aussitôt après les comices
censoriens, les consuls et les préteurs se rendirent dans leurs
provinces, à l'exception de Q. Naevius, dont le départ pour la
Sardaigne fut retardé de quatre mois environ par les soins de
l'enquête contre les empoisonneurs. Ce fut hors de Rome, dans les
municipes et conciliabules qu'eurent lieu la plupart des
informations; on l'avait jugé plus convenable ainsi. (6) Si l'on en
croit Valérius Antias, près de deux mille personnes furent
condamnées. De son côté, le préteur L. Postumius, à qui le sort
avait assigné le département de Tarente, dissipa de nombreuses
coalitions de pâtres, et poursuivit avec une grande activité les
débris de la conspiration des Bacchanales. (7) Plusieurs des
accusés, qui n'avaient pas comparu en justice, ou qui s'étaient
enfui après avoir fourni caution, étaient cachés dans cette contrée
de l'Italie. Il condamna les uns et envoya les autres chargés de fer
à Rome pour y être jugés par le sénat. P. Cornélius les fit tous
jeter en prison.
| [39,41] Hunc, sicut omni uita, tum petentem premebat nobilitas; coierantque praeter
L- Flaccum, qui collega in consulatu fuerat, candidati omnes ad deiciendum
honore, non solum ut ipsi potius adipiscerentur, nec quia indignabantur nouum
hominem censorem uidere, sed etiam quod tristem censuram periculosamque multorum
famae et ab laeso a plerisque et laedendi cupido exspectabant. etenim tum quoque
minitabundus petebat, refragari sibi, qui liberam et fortem censuram timerent,
criminando. et simul L- Valerio suffragabatur: illo uno collega castigare se
noua flagitia et priscos reuocare mores posse. his accensi homines, aduersa
nobilitate, non M- Porcium modo censorem fecerunt, sed collegam ei L- Valerium
Flaccum adiecerunt.
Secundum comitia censorum consules praetoresque in prouincias profecti praeter
Q- Naeuium, quem quattuor non minus menses, priusquam in Sardiniam iret,
quaestiones ueneficii, quarum magnam partem extra urbem per municipia
conciliabulaque habuit, quia ita aptius uisum erat, tenuerunt. si Antiati
Valerio credere libet, ad duo milia hominum damnauit. et L- Postumius praetor,
cui Tarentum prouincia euenerat, magnas pastorum coniurationes uindicauit, et
reliquias Bacchanalium quaestionis cum cura exsecutus est. multos, qui aut
citati non adfuerant aut uades deseruerant, in ea regione Italiae latentes
partim noxios iudicauit, partim comprehensos Romam ad senatum misit. in carcerem
omnes a P- Cornelio coniecti sunt.
| | [39,42] (1) Il n'y eut aucun mouvement dans l'Espagne ultérieure;
les malheurs de la dernière campagne avaient abattu le courage des
Lusitaniens. Dans la citérieure, chez les Suessétans, A. Térentius
assiéga et prit la ville de Corbion, dont il vendit les prisonniers;
le reste de l'hiver s'écoula dès lors aussi paisiblement pour cette
province. (2) Les anciens préteurs, C. Calpurnius Piso et L.
Quinctius revinrent à Rome, où les sénateurs leur décernèrent à
l'unanimité les honneurs du triomphe. (3) C. Calpurnius triompha le
premier des Lusitaniens et des Celtibères. Il fit porter devant lui
quatre-vingt-trois couronnes d'or et douze mille livres pesant
d'argent. (4) Peu de jours après, L. Quinctius Crispinus triompha
également des Lusitaniens et des Celtibères, et il étala dans cette
pompe nouvelle la même quantité d'or et d'argent. (5) Les censeurs
M. Porcius Caton et L. Valérius firent la revue du sénat. Cette
opération était vivement attendue et redoutée tout à la fois. Ils
exclurent sept membres de la compagnie, parmi lesquels on remarquait
un personnage illustre par sa naissance et par les honneurs dont il
avait été revêtu, le consulaire T. Quinctius Flamininus. (6) Un
antique usage voulait, dit-on, que les censeurs motivassent par une
apostille l'exclusion qu'ils prononçaient. Nous avons plusieurs
discours assez violents de Caton, contre ceux qu'il dégrada du rang
de sénateur ou qu'il priva de leur cheval. (7) Mais aucun sans
contredit ne renferme de reproches plus graves que celui qu'il fit
contre L. Quinctius. Si Caton eût parlé ainsi comme accusateur,
avant d'avoir mis son apostille, et non comme censeur pour la
justifier, T. Quinctius lui-même n'aurait pu, en supposant qu'il eût
été censeur à ce moment, maintenir son frère Lucius dans le sénat.
(8) Entre autres infamies, il lui reprocha d'avoir séduit par de
magnifiques promesses et emmené de Rome dans son département de la
Gaule, un jeune débauché fort célèbre alors, nommé Philippe le
Carthaginois. (9) Ce jeune homme, qui voulait se faire aux yeux de
son amant un mérite de sa complaisance, lui reprochait assez
ordinairement, par forme de plaisanterie, dans l'intimité de leur
commerce, de l'avoir emmené de Rome la veille d'un combat de
gladiateurs. (10) Un jour qu'ils étaient tous deux à table, et
qu'ils avaient la tête échauffée par le vin, on vint annoncer au
consul qu'un noble Boïen s'était présenté au camp comme transfuge
avec ses enfants, et qu'il demandait à voir Quinctius pour recevoir
de lui personnellement l'assurance de sa protection. (11) Introduit
dans la tente, il s'adressa au consul par l'organe d'un interprète.
Tout à coup Quinctius l'interrompit: "Veux-tu, dit-il au complice de
ses débauches, pour te dédommager du spectacle que je t'ai fait
manquer, voir mourir ce Gaulois?" (12) À peine Philippe avait-il
fait un signe d'assentiment, sans croire l'offre sérieuse, que pour
lui complaire le consul tira du fourreau l'épée qui était suspendue
auprès de lui, et en frappa d'abord le Gaulois à la tête pendant
qu'il parlait; puis, voyant qu'il fuyait en implorant la protection
du peuple romain et de tous ceux qui se trouvaient là, il le
poursuivit et lui perça le flanc.
| [39,42] In Hispania ulteriore fractis proximo bello Lusitanis quietae res fuerunt:
in citeriore A- Terentius in Suessetanis oppidum Corbionem uineis et operibus
expugnauit, captiuos uendidit: quieta deinde hiberna et citerior prouincia
habuit. ueteres praetores C- Calpurnius Piso et L- Quinctius Romam redierunt.
utrique magno patrum consensu triumphus est decretus. prior C- Calpurnius de
Lusitanis et Celtiberis triumphauit: coronas aureas tulit octoginta tres et
duodecim milia pondo argenti. paucos post dies L- Quinctius Crispinus ex iisdem
Lusitanis et Celtiberis triumphauit: tantundem auri atque argenti in eo triumpho
praelatum. censores M- Porcius et L- Valerius metu mixta exspectatione senatum
legerunt; septem mouerunt senatu, ex quibus unum insignem et nobilitate et
honoribus, L- Quinctium Flamininum consularem. patrum memoria institutum fertur,
ut censores motis senatu adscriberent notas. Catonis et aliae quidem acerbae
orationes exstant in eos, quos aut senatorio loco mouit aut quibus equos ademit,
longe grauissima in L- Quinctium oratio, qua si accusator ante notam, non censor
post notam usus esset, retinere L- Quinctium in senatu ne frater quidem T-
Quinctius, si tum censor esset, potuisset. inter cetera obiecit ei Philippum
Poenum, carum ac nobile scortum, ab Roma in Galliam prouinciam spe ingentium
donorum perductum. eum puerum, {per} lasciuiam cum cauillaretur, exprobrare
consuli {per}saepe solitum, quod sub ipsum spectaculum gladiatorium abductus ab
Roma esset, ut obsequium amatori uenditaret. forte epulantibus iis, cum iam uino
incaluissent, nuntiatum in conuiuio esse nobilem Boium cum liberis transfugam
uenisse; conuenire consulem uelle, ut ab eo fidem praesens acciperet.
introductum in tabernaculum per interpretem adloqui consulem coepisse. inter
cuius sermonem Quinctius scorto 'uis tu', inquit 'quoniam gladiatorium
spectaculum reliquisti, iam hunc Gallum morientem uidere?' et cum is uixdum
serio adnuisset, ad nutum scorti consulem stricto gladio, qui super caput
pendebat, loquenti Gallo caput primum percussisse, deinde, fugienti fidemque
populi Romani atque eorum, qui aderant, imploranti latus transfodisse.
| | [39,43] (1) Valérius Antias, qui n'avait point lu le discours de
Caton, et qui a simplement ajouté foi à un récit peu authentique,
présente le fait d'une autre manière; mais on y retrouve le même
raffinement de débauche et de cruauté. (2) Suivant lui, Quinctius
étant à Plaisance avait invité à sa table une courtisane fameuse
dont il était éperdûment amoureux. Pendant le repas, il se vanta,
entre autres choses, devant cette femme, d'avoir instruit avec une
excessive rigueur plusieurs affaires dont on l'avait chargé, et de
tenir en prison un grand nombre de condamnés à mort, qu'il devait
livrer à la hache du bourreau. (3) Alors la courtisane, qui était
couchée au-dessous du consul, déclara qu'elle n'avait jamais vu
d'exécution et qu'elle avait le plus vif désir d'en voir une. Son
amant, jaloux de lui prouver sa complaisance,
fit aussitôt amener en sa présence un de ces malheureux et lui
trancha la tête. (4) Au reste, quel que soit le véritable récit,
celui du censeur ou celui de Valérius, le crime est constant; il
n'en est pas de plus atroce et de plus inouï. Au milieu d'un festin,
alors qu'on fait ordinairement des libations en l'honneur des dieux
et qu'on leur adresse des voeux solennels, un consul a eu l'infamie
d'immoler une victime humaine et de faire rejaillir son sang sur la
table, pour satisfaire le caprice d'une courtisane mollement étendue
dans ses bras! (5) Caton, en finissant son discours, défia Quinctius
de nier ce fait ainsi que les autres dont il l'accusait, et lui
proposa de fournir caution et de se justifier. "S'il s'avouait
coupable, lui dit-il, pouvait-on le plaindre d'avoir été flétri,
lorsqu'on savait qu'au milieu d'une orgie, égaré par l'ivresse et la
débauche, il s'était fait un jeu de verser le sang d'un homme?"
| [39,43] Valerius Antias, ut qui nec orationem Catonis legisset et fabulae tantum
sine auctore editae credidisset, aliud argumentum, simile tamen et libidine et
crudelitate peragit. Placentiae famosam mulierem, cuius amore deperiret, in
conuiuium arcessitam scribit. ibi iactantem sese scorto inter cetera rettulisse,
quam acriter quaestiones exercuisset, et quam multos capitis damnatos in
uinculis haberet, quos securi percussurus esset. tum illam infra eum accubantem
negasse umquam uidisse quemquam securi ferientem, et peruelle id uidere. hic
indulgentem amatorem unum ex illis miseris attrahi iussum securi percussisse.
facinus, siue eo modo, quo censor obiecit, siue, ut Valerius tradit, commissum
est, saeuum atque atrox: inter pocula atque epulas, ubi libare diis dapes, ubi
bene precari mos esset, ad spectaculum scorti procacis, in sinu consulis
recubantis, mactatam humanam uictimam esse et cruore mensam respersam. in
extrema oratione Catonis condicio Quinctio fertur, ut si id factum negaret
ceteraque, quae obiecisset, sponsione defenderet sese: sin fateretur,
ignominiane sua quemquam doliturum censeret, cum ipse uino et uenere amens
sanguine hominis in conuiuio lusisset?
| | [39,44] (1) En faisant la revue des chevaliers, les censeurs
privèrent Scipion l'Asiatique de son cheval. Ils ne se montrèrent
pas moins sévères ni moins rigoureux à l'égard de tous les ordres
pour l'opération du cens. (2) Ils enjoignirent aux citoyens de
comprendre dans la déclaration de leurs revenus les bijoux, les
parures de femmes et les voitures dont la valeur excéderait la somme
de quinze mille as. (3) Ils décidèrent que les esclaves, âgés de
moins de vingt ans, qui avaient été vendus depuis le dernier lustre
dix mille as au plus, seraient estimés dix fois plus qu'il n'avaient
coûté, et frappèrent tous ces objets d'un droit de trois as par
mille. (4) Ils supprimèrent toutes les eaux que les particuliers
tiraient des aqueducs pour leurs maisons ou leurs champs, et
obligèrent tous ceux qui avaient des maisons en saillie sur la voie
publique, commencées ou achevées, à les démolir dans l'espace de
trente jours. (5) Ils employèrent ensuite à des travaux publics
l'argent décrété pour cet objet, firent paver les abreuvoirs et
nettoyer les égouts qui en avaient besoin; ils en construisirent
aussi de nouveaux sur l'Aventin et dans les autres quartiers qui
n'en avaient pas. (6) Ils travaillèrent aussi séparément. Flaccus
fit élever, dans l'intérêt du peuple, une chaussée qui conduisait
aux eaux de Neptune, et percer un chemin à travers la montagne de
Formies. (7) Caton acheta pour l'état deux vestibules, celui de
Maenius et celui de Titius, dans les Lautumies, ainsi que quatre
boutiques; il en fit la basilique appelée Porcia. Ils affermèrent
les impôts à un très haut prix, et les travaux publics au rabais.
(8) Mais le sénat, vaincu par les prières et les larmes des
publicains, ayant ordonné qu'on procédât à une nouvelle adjudication
de la ferme des impôts, les censeurs écartèrent de la concurrence
par un édit ceux qui avaient éludé leurs premiers engagements, et
firent une nouvelle adjudication avec une légère baisse de prix. (9)
Ce fut une censure célèbre que celle de ces deux magistrats; mais
elle excita beaucoup de haine contre Caton, à qui l'on attribuait
tous les actes de sévérité, et il ne cessa plus d'être en butte aux
attaques de ses ennemis. (10) La même année deux colonies furent
fondées, l'une à Potentia dans le Picénum, l'autre à Pisaure chez
les Gaulois. Chaque colon reçut six arpents; le partage des terres
et l'installation des colons dans l'une et l'autre ville furent
confiés aux mêmes triumvirs Q. Fabius Labéo, M. Fulvius Flaccus et
Q. Fulvius Nobilior. (11) Les consuls de l'année ne firent rien de
remarquable, ni au dedans ni au dehors.
| [39,44] In equitatu recognoscendo L- Scipioni Asiatico ademptus equus. in censibus
quoque accipiendis tristis et aspera in omnes ordines censura fuit. ornamenta et
uestem muliebrem et uehicula, quae pluris quam quindecim milium aeris essent,
{deciens tanto pluris quam quanti essent} in censum referre iuratores iussi;
item mancipia minora annis uiginti, quae post proximum lustrum decem milibus
aeris aut pluris eo uenissent, uti ea quoque deciens tanto pluris quam quanti
essent aestimarentur, et his rebus omnibus terni in milia aeris attribuerentur.
aquam publicam omnem in priuatum aedificium aut agrum fluentem ademerunt; et
quae in loca publica inaedificata immolitaue priuati habebant, intra dies
triginta demoliti sunt. opera deinde facienda ex decreta in eam rem pecunia,
lacus sternendos lapide, detergendasque, qua opus esset, cloacas, in Auentino et
in aliis partibus, qua nondum erant, faciendas locauerunt. et separatim Flaccus
molem ad Neptunias aquas, ut iter populo esset, et uiam per Formianum montem,
Cato atria duo, Maenium et Titium, in lautumiis, et quattuor tabernas in
publicum emit basilicamque ibi fecit, quae Porcia appellata est. et uectigalia
summis pretiis, ultro tributa infimis locauerunt. quas locationes cum senatus
precibus et lacrimis uictus publicanorum induci et de integro locari iussisset,
censores, edicto summotis ab hasta qui ludificati priorem locationem erant,
omnia eadem paulum imminutis pretiis locauerunt. nobilis censura fuit
simultatiumque plena, quae M- Porcium, cui acerbitas ea adsignabatur, per omnem
uitam exercuerunt. eodem anno coloniae duae, Potentia in Picenum, Pisaurum in
Gallicum agrum, deductae sunt. sena iugera in singulos data. diuiserunt agrum
coloniasque deduxerunt iidem tresuiri, Q- Fabius Labeo, et M- et Q- Fuluii,
Flaccus et Nobilior. consules eius anni nec domi nec militiae memorabile
quicquam egerunt.
| | [39,45] (1) Ils désignèrent pour l'année suivante M. Claudius
Marcellus et Q. Fabius Labéo. Aux ides de Mars, qui était le jour de
leur entrée en charge, les deux nouveaux consuls proposèrent de
régler la répartition des provinces consulaires et prétoriennes. (2)
Les préteurs nommés étaient C. Valérius, flamine de Jupiter, qui
s'était déjà mis sur les rangs l'année précédente, Sp. Postumius
Albinus, P. Cornélius Sisenna, L. Pupius, L. Julius et Cn. Sicinius.
(3) Les consuls eurent pour département la Ligurie avec les deux
armées que P. Claudius et L. Porcius y avaient commandées. (4) Les
Espagnes ne furent pas tirées au sort; on les laissa aux préteurs de
l'année précédente avec leurs armées. Les préteurs eurent ordre de
se partager leurs provinces par la voie du sort, de manière que le
flamine de Jupiter eût au moins l'une des deux juridictions de la
ville; le sort lui assigna celle des étrangers. (5) Cornélius
Sisenna eut celle de Rome, Sp. Postumius la Sicile, L. Pupius
l'Apulie, L. Julius la Gaule, Cn. Sicinius la Sardaigne. (6) L.
Julius eut ordre de hâter son départ. Les Gaulois transalpins
avaient, comme on l'a dit plus haut, pénétré en Italie par des
défilés jusqu'alors inconnus, et ils bâtissaient une ville sur le
territoire où se trouve aujourd'hui Aquilée. (7) Le préteur devait,
autant qu'il le pourrait, s'opposer à cette fondation, sans employer
la force des armes; s'il lui fallait recourir à ce moyen, il devait
en informer les consuls, et l'on avait décidé que l'un d'eux
marcherait avec ses légions contre les Gaulois. (8) À la fin de
l'année précédente, les comices avaient été réunis pour nommer un
successeur à l'augure Cn. Cornélius, qui était mort; et l'on avait
choisit Sp. Postumius Albinus. | [39,45] In insequentem annum crearunt consules M- Claudium Marcellum Q- Fabium
Labeonem. M- Claudius Q- Fabius idibus Martiis, quo die consulatum inierunt, de
prouinciis suis praetorumque rettulerunt. praetores creati erant C- Valerius
flamen Dialis, qui et priore anno petierat, et Sp- Postumius Albinus et P-
Cornelius Sisenna L- Pupius L- Iulius Cn- Sicinius. consulibus Ligures cum
iisdem exercitibus, quos P- Claudius et L- Porcius habuerant, prouincia decreta
est. Hispaniae extra sortem prioris anni praetoribus cum suis exercitibus
seruatae. praetores ita sortiri iussi, uti flamini Diali utique altera iuris
dicendi Romae prouincia esset: peregrinam est sortitus. Sisennae Cornelio
urbana, Sp- Postumio Sicilia, L- Pupio Apulia, L- Iulio Gallia, Cn- Sicinio
Sardinia euenit. L- Iulius maturare est iussus. Galli Transalpini per saltus
ignotae antea uiae, ut ante dictum est, in Italiam transgressi oppidum in agro,
qui nunc est Aquileiensis, aedificabant. id eos ut prohiberet, quod eius sine
bello posset, praetori mandatum est. si armis prohibendi essent, consules
certiores faceret: ex his placere alterum aduersus Gallos ducere legiones.
extremo prioris anni {comitia auguris creandi habita erant}. {augur} in demortui
Cn- Cornelii Lentuli locum creatus erat Sp- Postumius Albinus.
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