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Du texte à l'hypertexte

Valère Maxime, Des faits et des paroles mémorables, Livre IV

Chapitre IV

  Chapitre IV

[4,4] CHAPITRE IV. De la pauvreté.
Les plus beaux ornements d'une mère de famille, ce sont ses enfants, comme on peut le lire dans le recueil de Pomponius Rufus. Une mère de famille Campanienne, que recevait Cornélie, mère des Gracques, lui montrait ses bijoux qui étaient les plus beaux de cette époque. Cornélie la retint en prolongeant l'entretien jusqu'au retour de ses enfants de l'école. "Voici, dit-elle, mes bijoux, à moi." (Et elle avait raison de mépriser les vaines richesses.) C'est avoir tout, que de ne désirer rien : propriété d'autant mieux assurée que, si la possession des autres biens est fragile, celle de la sagesse ne subit pas les atteintes de la mauvaise fortune. Quelle raison y a-t-il de regarder la richesse comme le comble du bonheur et la pauvreté comme le dernier degré du malheur, alors que l'une, sous des dehors riants, est pleine d'amertumes secrètes et que l'autre au contraire, avec un aspect rebutant, abonde en biens solides et sûrs ? Des exemples, mieux que des paroles, rendront cette vérité plus sensible.
1. Quand, par son orgueil sans bornes, Tarquin eut causé la chute de la royauté, Valérius Publicola exerça le premier avec Junius Brutus les pouvoirs du consulat. (An de R. 244.) Trois fois encore dans la suite il occupa cette magistrature à la grande satisfaction du peuple romain, et des oeuvres glorieuses, aussi nombreuses que belles, vinrent grossir sous ses images la liste de ses titres d'honneur. Et cependant cet homme, dont le nom est au faîte de nos fastes consulaires, mourut sans laisser même de quoi pourvoir à ses funérailles : elles durent être célébrées aux frais de l'État. Il n'y a pas lieu de rechercher d'autres preuves de la pauvreté d'un si grand citoyen : on voit suffisamment ce qu'il dut posséder pendant sa vie, puisque, au moment de sa mort, il n'avait ni un lit funèbre, ni un bûcher. (An de R. 250.)
2. Quelle idée pouvons-nous nous faire de l'autorité morale de Ménénius Agrippa, ce médiateur choisi par le sénat et le peuple pour rétablir entre eux la concorde ? Il eut sans doute toute celle qu'il fallait à l'arbitre du salut de l'État. Cependant, si le peuple n'avait payé une contribution de deux onces par tête pour ses funérailles, il mourut si pauvre qu'il eût été privé des honneurs de la sépulture. Mais la république déchirée par des divisions fatales voulut confier aux mains d'Agrippa le soin de rapprocher les deux partis : c'est qu'elle le savait intègre autant que pauvre. De son vivant il ne posséda pas une fortune soumise au cens, mais après sa mort et encore aujourd'hui la paix publique est son magnifique patrimoine. (An de R. 260.)
3. Mais, il faut l'avouer, chez C. Fabricius et Q. Aemilius Papus, les premiers citoyens de leur siècle, il y avait de I argenterie : c'étaient, chez l'un et l'autre, la coupe les dieux et une salière. Mais dans l'usage de ces objets, Fabricius mit une certaine recherche d'élégance, en ce sens qu'il fit monter sa coupe sur un pied de corne. Papus à leur sujet fit preuve de nobles sentiments : Comme il les avait reçus en héritage, il se fit un scrupule religieux de ne pas les vendre. (An de R. 478.)
4. Ils étaient sans doute opulents, eux aussi, ces citoyens qu'on allait prendre à leur charrue pour les faire consuls, et c'était par plaisir qu'ils remuaient le sol stérile et brûlé de la Pupinie et par amusement qu'ils brisaient, à force de sueur, les mottes énormes ? Mais non, pour dire vrai : ces hommes que les dangers de la patrie mettaient à la tête des armées, c'était bien la pauvreté - pourquoi hésiter devant le mot propre ? - qui les réduisait à conduire des boeufs.
5. Les députés envoyés par le sénat auprès d'Atilius pour l'inviter à venir prendre le gouvernement du peuple romain le trouvèrent en train de semer. Mais ces mains endurcies aux travaux de la campagne assurèrent le salut de l'État et anéantirent de grandes forces ennemies. Elles venaient de conduire un attelage de boeufs de labour ; elles n'en surent pas moins tenir les rênes d'un char triomphal ; et, après avoir déposé le bâton d'ivoire, elles reprirent sans honte le manche de la charrue rustique. L'exemple d'Atilius peut réconforter les pauvres, mais il peut encore plus montrer aux riches combien il est inutile, à qui désire une gloire solide, de se tourmenter pour acquérir la richesse. (An de R. 496.)
6. Un héros du même nom et de la même famille, Atilius Regulus, qui, dans la première guerre punique, connut tour à tour la gloire et le malheur le plus éclatant, réussissait par des victoires répétées sur le sol africain à abattre la puissance de l'orgueilleuse Carthage. Informé que le sénat avait, en considération de ses succès, prorogé son commandement pour l'année suivante, il écrivit aux consuls que le régisseur d'une terre de sept arpents qu'il possédait dans la Pupinie, était mort et qu'un mercenaire, profitant de l'occasion, avait disparu en emportant tout le matériel de culture. Il demandait en conséquence un successeur, de peur que l'abandon de son domaine ne privât sa femme et ses enfants des moyens de vivre. Aussitôt que les consuls eurent porté ces faits la connaissance du sénat, il fit tout de suite mettre en location l'entretien du champ d'Atilius, fournir des aliments à sa femme et à ses enfants, et racheter les objets qui lui avaient été enlevés. Voilà tout ce que coûta à notre trésor l'admirable vertu de Régulus qui fera, dans tous les siècles, l'orgueil de Rome. (An de R. 498.)
7. Aussi vastes étaient les domaines de L. Quinctius Cincinnatus. Il posséda en effet sept arpents de terre. Il en engagea trois à l'égard du trésor public en faveur d'un ami et les perdit, ayant dû payer l'amende de cet ami. Il paya aussi sur le revenu de ce petit champ une amende prononcée contre son fils Caeson pour n'avoir pas comparu au jour de l'assignation. (An 295.) Néanmoins, quoiqu'il n'eût plus que quatre arpents à labourer, il soutint sa dignité de père de famille et se vit même honorer de la dictature. Aujourd'hui l'on se croit logé trop à l'étroit, lorsqu'on a une maison aussi étendue que les terres de Cincinnatus.
8. Que dire de la famille Aelia, de sa richesse ? Les Aelii étaient seize dans le même temps, n'ayant pour tous qu'une petite maison située sur l'emplacement actuel des monuments de Marius, une terre dans le pays de Véies, qui demandait moins d'ouvriers agricoles qu'elle n'avait de maîtres, des places réservées aux spectacles du grand Cirque et du cirque Flaminien : faveur que la république leur avait accordée en récompense de leur bravoure. (Vers l'an 534.)
9. La même famille ne posséda pas une once d'argent jusqu'au moment où Paul-Émile, vainqueur du roi Persée, fit présent à Q. Aelius Tubéron, son gendre, de cinq livres d'argent prélevées sur le butin. Je ne veux point parler de ce fait que le premier personnage de la république donna sa fille en mariage à un homme dont il savait la famille si dépourvue de fortune. Paul-Émile lui-même mourut dans une pauvreté telle que, sans la vente de l'unique bien-fonds qu'il eût laissé, sa veuve n'aurait pas trouvé de quoi reprendre sa dot. (An de R. 593.)
Hommes et femmes montraient dans la vie publique une âme grande et forte et les qualités morales étaient en toutes choses la mesure du mérite. Ce sont elles qui procuraient les magistratures, qui faisaient les mariages, qui exerçaient une influence souveraine au forum, au sénat, dans l'intérieur des familles. Chacun s'empressait d'accroître la fortune publique, et non la sienne, et l'on préférait une vie pauvre dans un empire riche à une vie riche dans un empire pauvre. Et voici quelle était la récompense de si nobles principes : rien de ce qui est dû à la vertu ne pouvait s'acheter à prix d'argent et l'État venait au secours de l'indigence des hommes illustres.
10. Ainsi pendant la seconde guerre punique, Cn. Scipion avait écrit d'Espagne au sénat pour demander un successeur, parce qu'il avait une fille à marier et qu'on ne pouvait en son absence lui constituer une dot. Le sénat, ne voulant point priver la république des services d'un bon général, se chargea du rôle de père de famille, fit régler la dot par l'épouse et les parents de Scipion, en prit la valeur sur le trésor public et maria ainsi la jeune fille. (An de R. 539.) Cette dot fut de quarante mille as. On peut juger par là et de la bonté des sénateurs et de la mesure des anciens patrimoines. Ils étaient si modiques que Tuccia, fille de Céson, fut considérée comme richement dotée pour avoir apporté en mariage une dot de dix mille as et que Mégullia qui entra avec cinquante mille as dans la maison de son mari fut surnommée la Dotée. C'est encore la libéralité du sénat qui empêcha la fille de Fabricius Luscinus et celle de Scipion d'être mariées sans dot, car elles ne pouvaient attendre de l'héritage paternel rien de plus qu'une gloire éclatante.
11. M. Scaurus nous apprend, dans le premier de ses trois livres de Mémoires sur sa vie, quel pauvre héritage il reçut de son père : dix esclaves seulement, dit-il, et trente-cinq mille écus composaient toute la succession. C'est dans cette pauvreté que fut élevé cet esprit supérieur, cet homme qui devait être un jour à la tête du sénat. (An de R. 638.)
Nous devons donc considérer ces exemples, y chercher un réconfort et un apaisement, nous qui ne cessons jamais de nous plaindre de la médiocrité de notre fortune. Point ou très peu d'argenterie, peu d'esclaves, sept arpents de terre aride, des ressources domestiques insuffisantes pour les frais des funérailles, des filles sans dot, mais d'illustres consulats, des dictatures éclatantes, d'innombrables triomphes, voilà les objets que ces exemples offrent à nos yeux. Pourquoi attaquer et décrier nuit et jour, comme le plus grand malheur du genre humain, cette médiocrité qui a nourri d'un lait moins abondant que salutaire les Publicola, les Aemilius, les Fabricius, les Curius, les Scipions, les Scaurus et d'autres semblables modèles d'une solide vertu ? Relevons plutôt notre courage et retrempons au souvenir des temps antiques nos âmes amollies par le spectacle des richesses. J'en atteste la chaumière de Romulus, l'humble toit de l'ancien Capitole, le feu éternel de Vesta qui se contente encore aujourd'hui de vases d'argile, il n'est aucune opulence préférable à la pauvreté de ces grands hommes.
[4,4] IV. De paupertate.
4.4.init. Maxima ornamenta esse matronis liberos, apud Pomponium Rufum collectorum libro sic inuenimus: Cornelia Gracchorum mater, cum Campana matrona apud illam hospita ornamenta sua pulcherrima illius saeculi ostenderet, traxit eam sermone, {donec} e schola redirent liberi, et 'haec' inquit 'ornamenta sunt mea'. omnia nimirum habet qui nihil concupiscit, eo quidem certius quam cuncta possidet, quia dominium rerum conlabi solet, bonae mentis usurpatio nullum tristioris fortunae recipit incursum. itaque quorsum attinet aut diuitias in prima felicitatis parte aut paupertatem in ultimo miseriarum statu ponere, cum et illarum frons hilaris multis intus amaritudinibus sit referta et huius horridior aspectus solidis et certis bonis abundet? quod melius personis quam uerbis repraesentabitur.
4.4.1 Regio imperio propter nimiam Tarquinii superbiam finito consulatus initium Valerius Publicola cum Iunio Bruto auspicatus est idemque postea tres consulatus acceptissimos populo Romano gessit et plurimorum ac maximorum operum praetexto titulum imaginum suarum amplificauit, cum interim fastorum illud columen patrimonio ne ad exequiarum quidem inpensam sufficiente decessit, ideoque publica pecunia ductae sunt. non adtinet ulteriore disputatione tanti uiri paupertatem scrutari: abunde enim patet quid uiuus possederit, cui mortuo lectus funebris et rogus defuit.
4.4.2 Quantae amplitudinis Menenium Agrippam fuisse arbitremur, quem senatus et plebs pacis inter se faciendae auctorem legit? quantae scilicet esse debuit arbiter publicae salutis. hic, nisi a populo conlatis in capita sextantibus funeratus esset, ita pecuniae inops decessit sepulturae honore caruisset. uerum idcirco perniciosa seditione diuidua ciuitas manibus Agrippae in unum contrahi uoluit, quia eas pauperes quidem, sed sanctas animaduerterat. cuius ut superstitis nullum fuit, quod in censum deferretur, ita extincti hodieque amplissimum est patrimonium Romana concordia.
4.4.3 In C- uero Fabricii et Q- Aemilii Papi prin cipum saeculi sui domibus argentum fuisse confitear oportet: uterque enim patellam deorum et salinum habuit, sed eo lautius Fabricius, quod patellam suam corneo pediculo sustineri uoluit. Papus quoque satis animose, qui cum hereditatis nomine ea accepisset, religionis causa abalienanda non putauit.
4.4.4 Illi etiam praediuites, qui ab aratro arcessebantur, ut consules fierent, uoluptatis causa sterile atque aestuosissimum Pupiniae solum uersabant deliciarumque gratia uastissimas glebas plurimo cum sudore dissipabant? immo uero, quos pericula rei publicae imperatores adserebant, angustiae rei familiaris quid cesso proprium nomen ueritati reddere? bubulcos fieri cogebant.
4.4.5 Atilium autem, qui ad eum arcessendum a senatu missi erant ad imperium populi Romani suscipiendum, semen spargentem uiderunt. sed illae rustico opere adtritae manus salutem publicam stabilierunt, ingentes hostium copias pessum dederunt, quaeque modo arantium boum iugum rexerant, triumphalis currus habenas retinuerunt, nec fuit his rubori eburneo scipione deposito agrestem stiuam aratri repetere. potest pauperes consolari Atilius, sed multo magis docere locupletes quam non sit necessaria solidae laudis cupidini anxia diuitiarum conparatio.
4.4.6 Eiusdem nominis et sanguinis Atilius Regulus, primi Punici belli qua gloria, qua clades maxima, cum in Africa insolentissimae Karthaginis opes crebris uictoriis contunderet ac prorogatum sibi ob bene gestas res in proximum annum imperium cognosset, consulibus scripsit uilicum in agello, quem vii iugerum in Pupinia habebat, mortuum esse, occasionemque nanctum mercennarium amoto inde rustico instrumento discessisse, ideoque petere ut sibi successor mitteretur, ne deserto agro non esset unde uxor ac liberi sui alerentur. quae postquam senatus a consulibus accepit, et agrum Atili ilico colendum locari et alimenta coniugi eius acliberis praeberi resque, quas amiserat, redimi publice iussit. tanti aerario nostro uirtutis Atilianae exemplum, quo omnis aetas Romana gloriabitur, stetit.
4.4.7 Aeque magna latifundia L- Quinti Cincinnati fuerunt: vii enim iugera agri possedit ex hisque tria, quae pro amico ad aerarium subsignauerat, multae nomine amisit. poenam quoque pro filio Caesone, quod ad causam dicendam non occurrisset, huius agelli reditu soluit. et tamen ei quattuor iugera aranti non solum dignitas patris familiae constitit, sed etiam dictatura delata est. anguste se habitare nunc putat cuius domus tantum patet, quantum Cincinnati rura patuerunt.
4.4.8 Quid Aelia familia, quam locuples! XVI eodem tempore Aeli fuerunt, quibus una domuncula erat eodem loci, quo nunc sunt Mariana monumenta, et unus in agro Veiente fundus minus multos cultores desiderans quam dominos habebat inque circo maximo et Flaminio spectaculi locus. quae quidem loca ob uirtutem publice donata possidebant.
4.4.9 Eadem gens nullum ante scripulum argenti habuit quam Paulus Perse deuicto Q- Aelio Tuberoni genero suo quinque pondo argenti ex praeda donaret: taceo enim quod princeps ciuitatis filiam ei nuptum dedit, cuius pecunia tam ieiunos penates uidebat. qui ipse quodque adeo inops decessit, ut, nisi fundus, quem unum reliquerat, uenisset, unde uxor eius dotem reciperet non extitisset. animi uirorum et feminarum uigebant in ciuitate, eorumque bonis dignitatis aestimatio cunctis in rebus ponderabatur. haec imperia conciliabant, haec iungebant adfinitates, haec in foro, haec intra priuatos parietes plurimum poterant: patriae enim rem unus quisque, non suam augere properabat pauperque in diuite quam diues in paupere imperio uersari malebat. atque huic tam praeclaro proposito illa merces reddebatur, quod nihil eorum, quae uirtuti debentur, emere pecunia licebat, inopiaeque inlustrium uirorum publice succurrebatur.
4.4.10 Itaque, cum secundo Punico bello Cn- Scipio ex Hispania senatui scripsisset petens ut sibi successor mitteretur, quia filiam uirginem adultae iam aetatis haberet, neque ei sine se dos expediri posset, senatus, ne res publica bono duce careret, patris sibi partes desumpsit consilioque uxoris ac propinquorum Scipionis constituta dote summam eius ex aerario erogauit ac puellam nuptum dedit. dotis modus xl milia aeris fuit, quo non solum humanitas patrum conscriptorum, sed etiam habitus ueterum patrimoniorum cognosci potest: namque adeo fuerunt arta, ut Tuccia Caesonis filia maximam dotem ad uirum x aeris attulisse uisa sit, et Megullia, quia cum quinquaginta milibus aeris mariti domum intrauit, Dotatae cognomen inuenerit. idem senatus Fabricii Luscini Scipionisque filias ab indotatis nuptiis liberalitate sua uindicauit, quoniam paternae hereditati praeter opimam gloriam nihil erat quod acceptum referrent.
4.4.11 M- autem Scaurus quantulam a patre hereditatem acceperit in primo libro eorum, quos de uita sua tres scripsit, refert: ait enim sibi sex sola mancipia totumque censum quinque atque xxx milium nummum relictum. in hac ille pecunia futurus senatus princeps nutritus est spiritus. Haec igitur exempla respicere, his adquiescere solaciis debemus, qui paruulos census nostros numquam querellis uacuos esse sinimus. nullum aut admodum parui ponderis argentum, paucos seruos, vii iugera aridae terrae, indigentia domesticae inpensae funera, inopes dotum filias, sed egregios consulatus, mirificas dictaturas, innumerabiles triumphos cernimus. quid ergo modicam fortunam quasi praecipuum generis humani malum diurnis {atque} nocturnis conuiciis laceramus, quae ut non abundantibus, ita fidis uberibus Publicolas, Aemilios, Fabricios, Curios, Scipiones, Scauros hisque paria robora uirtutis aluit. exurgamus potius animis pecuniaeque aspectu debilitatos spiritus pristini temporis memoria recreemus: namque per Romuli casam perque ueteris Capitolii humilia tecta et aeternos Vestae focos fictilibus etiam nunc uasis contentos iuro nullas diuitias talium uirorum paupertati posse praeferri.


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Dernière mise à jour : 16/02/2004