[3,19] XIX. Explication du mot "parcus" par Gabius Bassus; étymologie qu'il en donne.
De quelle manière et dans quels termes Favorinus, tout en se moquant, réfuta
cette opinion de Gabius.
Toutes les fois que l'on dînait chez le philosophe Favorinus,
lorsque chacun était à sa place, et que la table était servie, un
esclave placé près des convives faisait une lecture dans un auteur
grec ou latin; c'est ainsi qu'un jour, où j'étais invité, j'entendis
lire le traité de l'Origine des mots et des noms, de Gabius Bassus,
savant distingué. On en vint au passage où l'auteur dit : « "Parcus"
est un mot composé; c'est l'équivalent de "par arcae", semblable à
une cassette : en effet, comme une cassette enferme tout et garde
fidèlement ce qu'on lui confie, de même l'homme économe, sachant
se contenter de peu, garde et conserve tout comme la cassette,
"sicuti arca". Voilà l'étymologie de "parcus", qui est la même
chose que "par arcae". » Favorinus n'eut pas plutôt entendu ces
paroles : « il me semble, dit-il , que ce Gabius Bassus cherche
une étymologie bien minutieuse, bien ridicule et bien bizarre,
au lieu de nous donner la véritable. Car si on peut donner libre
cours à son imagination, pourquoi ne dirait-on pas, avec plus de
vraisemblance, que "parcus" est une forme abrégée de "pecuniarcus",
puisque le propre de l'homme économe est de faire tous ses
efforts pour ménager l'argent et pour empêcher la dépense, "pecuniam
arcere". Pourquoi, ajouta-t-il, ne pas adopter l'explication
qui est en même temps la plus vraie et la plus simple? car "parcus" n'est formé
ni de "arca", ni de "arcere", mais de "parum", peu, ou de "paruus", petit".
| [3,19] XIX. Qua ratione Gauius Bassus scripserit "parcum" hominem appellatum et quam
esse eius uocabuli causam putarit; et contra, quem in modum quibusque uerbis
Fauorinus hanc traditionem eius eluserit. 1 Apud cenam Fauorini philosophi cum
discubitum fuerat coeptusque erat apponi cibus, seruus assistens mensae eius
legere inceptabat aut Graecarum quid litterarum aut nostratium; uelut eo die,
quo ego affui, legebatur Gauii Bassi, eruditi uiri, liber de origine uerborum et
uocabulorum. 2 In quo ita scriptum fuit: ""Parcus" composito uocabulo est dictus
quasi "par arcae", quando, sicut in arca omnia reconduntur eiusque custodia
seruantur et continentur, ita homo tenax paruoque contentus omnia custodita ac
recondita habet sicuti arca. Quam ob causam "parcus" quasi "pararcus" est
nominatus." 3 Tum Fauorinus, ubi haec audiuit: "superstitiose" inquit "et nimis
moleste atque odiose confabricatus commolitusque magis est originem uocabuli
Gauius iste Bassus, quam enarrauit. 4 Nam si licet res dicere commenticias, cur
non probabilius uideatur, ut accipiamus "parcum" ob eam causam dictum, quod
pecuniam consumi atque inpendi arceat et prohibeat quasi "pecuniarcus"? 5 Quin
potius," inquit "quod simplicius ueriusque est, id dicimus? "Parcus" enim neque
ab arca neque ab arcendo, sed ab eo, quod est "parum" et "paruum", denominatus est."
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