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| [7,34] XXXIV. Après cette décision, il engagea les Édues à oublier leurs querelles et leurs dissensions,
pour s'occuper uniquement de la guerre, assurés qu'ils étaient de recevoir, après la soumission de
la Gaule, les récompenses qu'ils auraient méritées; il les chargea de lui envoyer promptement toute
leur cavalerie et dix mille fantassins, dont il ferait des détachements pour escorter ses convois.
Divisant son armée en deux corps, il donne quatre légions à Labiénus pour aller chez les Sénons et
les Parises; lui-même, à la tête de six autres légions, il s'avance vers Gergovie, le long de la
rivière d'Allier. Il avait donné à Labiénus une partie de la cavalerie, et gardé le reste avec lui.
A la nouvelle de la marche de César, Vercingétorix fit aussitôt rompre tous les ponts de la
rivière, et remonta l'Allier sur la rive gauche.
| [7,34] Hoc decreto interposito cohortatus Aeduos, ut controuersiarum ac
dissensionis obliuiscerentur atque omnibus omissis his rebus huic bello
seruirent eaque quae meruissent praemia ab se deuicta Gallia exspectarent
equitatumque omnem et peditum milia decem sibi celeriter mitterent, quae in
praesidiis rei frumentariae causa disponeret, exercitum in duas partes diuisit:
quattuor legiones in Senones Parisiosque Labieno ducendas dedit, sex ipse in
Aruernos ad oppidum Gergouiam secundum flumen Elauer duxit; equitatus partem
illi attribuit, partem sibi reliquit. Qua re cognita Vercingetorix omnibus
interruptis eius fluminis pontibus ab altera fluminis parte iter facere coepit.
| | [7,35] XXXV. Les deux armées étaient en présence, les camps presque en face l'un de l'autre; et les
éclaireurs disposés par l'ennemi empêchaient les Romains de construire un pont et de faire
passer les troupes. Cette position devenait très embarrassante pour César, qui craignait d'être
arrêté une partie de l'été par la rivière, l'Allier n'étant presque jamais guéable avant l'automne.
Pour y obvier, il campa dans un lieu couvert de bois, vis-à-vis l'un des ponts que Vercingétorix
avait fait détruire; et s'y tenant caché le lendemain avec deux légions, il fit partir le
reste des troupes avec tous les bagages, dans l'ordre accoutumé, en retenant quelques cohortes;
pour que le nombre des légions parût au complet. II ordonna de faire la plus longue
marche possible, et quand il put supposer, d'après le tempsé coulé, que l'armée était arrivée
au lieu du campement, il se mit à rétablir le pont sur les anciens pilotis, dont la partie inférieure
était restée intacte. L'ouvrage fut bientôt achevé: César fit passer les légions, prit une position avantageuse,
et rappela les autres troupes. A cette nouvelle, Vercingétorix, pour n'être pas forcé de
combattre malgré lui, se porta en avant à grandes journées.
| [7,35] Cum uterque utrimque exisset exercitus, in conspectu fereque e regione
castris castra ponebant dispositis exploratoribus, necubi effecto ponte Romani
copias traducerent. Erat in magnis Caesaris difficultatibus res, ne maiorem
aestatis partem flumine impediretur, quod non fere ante autumnum Elauer uado
transiri solet. Itaque, ne id accideret, siluestri loco castris positis e
regione unius eorum pontium, quos Vercingetorix rescindendos curauerat, postero
die cum duabus legionibus in occulto restitit; reliquas copias cum omnibus
impedimentis, ut consueuerat, misit, apertis quibusdam cohortibus, uti numerus
legionum constare uideretur. His quam longissime possent egredi iussis, cum iam
ex diei tempore coniecturam ceperat in castra peruentum, isdem sublicis, quarum
pars inferior integra remanebat, pontem reficere coepit. Celeriter effecto opere
legionibusque traductis et loco castris idoneo delecto reliquas copias
reuocauit. Vercingetorix re cognita, ne contra suam uoluntatem dimicare
cogeretur, magnis itineribus antecessit.
| | [7,36] XXXVI. De là César parvint en cinq marches à Gergovie; et le même jour, après une légère
escarmouche de cavalerie, il reconnut la position de la ville, qui était assise sur une montagne élevée
et d'un accès partout très difficile; il désespéra de l'enlever de force, et ne voulut s'occuper de
ce siége qu'après avoir assuré ses vivres. De son côté, Vercingétorix campait sur une montagne
près de la ville, ayant autour de lui, séparément, mais à de faibles distances, les troupes de
chaque cité, qui couvrant la chaîne entière des collines, offraient de toutes parts un aspect effrayant.
Chaque matin, soit qu'il eût quelque chose à leur communiquer, soit qu'il s'agît de prendre
quelque mesure, il faisait, au lever du soleil, venir les chefs dont il avait formé son conseil; et
il ne se passait presque pas de jour que, pour éprouver le courage et l'ardeur de ses troupes,
il n'engageât une action avec sa cavalerie entremêlée d'archers. En face de la ville, au pied
même de la montagne, était une éminence escarpée de toutes parts et bien fortifiée; en l'occupant,
nous privions probablement l'ennemi d'une grande partie de ses eaux et de la facilité de fourrager;
mais elle avait une garnison, à la vérité un peu faible. César, dans le silence de la nuit, sort de
son camp, s'empare du poste; dont il culbute la garde, avant que de la ville on puisse lui envoyer
du secours, y met deux légions, et tire du grand au petit camp un double fossé de douze pieds,
pour qu'on puisse aller et venir même individuellement, sans crainte d'être surpris par l'ennemi.
| [7,36] Caesar ex eo loco quintis castris Gergouiam peruenit equestrique eo die
proelio leui facto perspecto urbis situ, quae posita in altissimo monte omnes
aditus difficiles habebat, de expugnatione desperauit, de obsessione non prius
agendum constituit, quam rem frumentariam expedisset. At Vercingetorix castris,
prope oppidum positis, mediocribus circum se interuallis separatim singularum
ciuitatium copias collocauerat atque omnibus eius iugi collibus occupatis, qua
despici poterat, horribilem speciem praebebat; principesque earum ciuitatium,
quos sibi ad consilium capiendum delegerat, prima luce cotidie ad se conuenire
iubebat, seu quid communicandum, seu quid administrandum uideretur; neque ullum
fere diem intermittebat quin equestri proelio interiectis sagittariis, quid in
quoque esset animi ac uirtutis suorum perspiceret. Erat e regione oppidi collis
sub ipsis radicibus montis, egregie munitus atque ex omni parte circumcisus;
quem si tenerent nostri, et aquae magna parte et pabulatione libera prohibituri
hostes uidebantur. Sed is locus praesidio ab his non nimis firmo tenebatur.
Tamen silentio noctis Caesar ex castris egressus, priusquam subsidio ex oppido
ueniri posset, deiecto praesidio potitus loco duas ibi legiones collocauit
fossamque duplicem duodenum pedum a maioribus castris ad minora perduxit, ut
tuto ab repentino hostium incursu etiam singuli commeare possent.
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