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| [4] II faut avoir des étables bien construites, et un bon
voisinage. Ayez de bonnes étables, de bonnes écuries,
et des râteliers.: les barres de ceux-ci seront distantes
d'un pied avec cette disposition, les boeufs ne
gaspilleront point leur nourriture. Ayez des bâtiments
de maître en rapport avec votre fortune. Si votre
campagne est assise sur un bon fond, bien construite et
orientée ; si elle est meublée convenablement, vous la
visiterez plus souvent et plus volontiers; elle
s'améliorera, on commettra moins de fautes, et on
récoltera davantage, car rien ne remplace l'oeil du maître.
Soyez affable à l'égard de vos voisins, et n'offensez pas
vos gens sans raison. Si vous obtenez l'affection du
voisinage, vous écoulerez plus facilement vos produits,
et vous trouverez sans peine des bras pour exécuter vos
travaux à la journée ou à forfait. Si vous bâtissez, ils
vous aideront en payant de leur personne, ou en vous
donnant leurs attelages et leurs matériaux. S'il vous
arrive quelque chose de fâcheux (ce qu'à Dieu ne plaise !),
ils vous prêteront une assistance bienveillante.
| [4] IV. Bubilia uti bene aedificata habeantur, et uicinia bona.
Bubilia bona, bonas praesepis, faliscas clatratas.
Clatros interesse oportet pede. Si ita feceris, pabulum
boues non eiicient. Villam urbanam pro copia
aedificato. In bono praedio si bene aedificaueris, bene
posiueris : ruri si recte habitaueris, libentius et saepius
uenies, fundus melius erit, minus peccabitur, fructi plus
capies. Frons occipitio prior est. Vicinis bonus esto.
Familiam ne siueris peccare. Si te libenter uicinitas
uidebit, facilius tua uendes, opera facilius locabis,
operarios facilius conduces. Si aedificabis, operis,
iumentis, materie adiuuabunt. Si quid (bona salute) usus
uenerit, benigne defendent.
| | [5] Devoir de l'intendant.
Voici les devoirs de l'intendant : toute sa conduite sera
bien réglée; il observera les jours de fêtes, respectera le
bien d'autrui et fera respecter le sien. Il apaisera les
disputes de ses domestiques; si quelqu'un a commis une
faute, la punition sera équitablement proportionnée au
délit. Il veillera à ce qu'ils soient bien entretenus, qu'ils
ne souffrent ni la faim ni la soif, et surtout à ce qu'ils
s'abstiennent de mal faire ou de voler. Le mal ne se fera
qu'autant qu'il le voudra bien; et s'il l'a permis, le maître
ne laissera pas son indulgence impunie. Qu'il soit
reconnaissant du bien qu'on lui a fait, afin de stimuler
les autres à bien faire. L'intendant sera sédentaire,
toujours sobre, et n'ira pas ailleurs quêter un festin.
Qu'il tienne les domestiques en haleine, et fasse
exécuter les ordres du maître. Qu'il ne se croie pas plus
habile que le propriétaire ; qu'il traite les amis de sa
maison comme les siens propres. Qu'il écoute ceux qu'il
lui aura donnés pour conseils. Que ses pratiques
religieuses soient confinées dans les carrefours, ou près
de son foyer. Qu'il ne prête à personne ni semence, ni
aliments, ni grain, ni vin, ni huile. Qu'il soit seulement
en relations avec deux ou trois fermes, pour prêter ou
pour emprunter ce dont on a besoin ; après cela il n'aura
d'affaires avec qui que ce soit. Qu'il compte souvent
avec le maître. Qu'il ne retienne pas contre les
conventions ni les ouvriers, ni les journaliers, ni les
vignerons. Qu'il n'achète ou ne récolte rien à l'insu du
maître. Qu'il éloigne les parasites; qu'il ne consulte ni
aruspice, ni augure, ni devin, ni astrologue. Qu'il
n'épargne pas sur la semence, c'est une mauvaise
économie. Qu'il surveille tous les travaux, afin qu'il
sache comment ils s'exécutent; et que, sans se fatiguer,
il paye souvent de sa personne. Ce faisant, il connaîtra
les dispositions de ses gens, qui n'en seront que plus
ardents au travail : il n'aura pas autant de loisir pour se
promener, mais sa santé sera plus robuste et son
sommeil plus paisible. Debout le premier, il se
couchera le dernier : auparavant il s'assurera si les
portes de la ferme sont closes, si chacun est couché à
son poste, et si les animaux sont affourragés. Il aura le
plus grand soin des boeufs, et flattera les bouviers, afin
que leurs animaux soient bien tenus. Il tiendra en bon
état les charrues et les socs. Il ne conduira ni troupeaux,
ni chariots, ni charrues, sur la terre détrempée; sans
cette précaution, les endroits piétinés seront stériles
pour trois ans. Les troupeaux et les boeufs recevront
régulièrement de la litière ; leurs pieds seront nettoyés.
Qu'il éloigne la galle des moutons et du gros bétail ; que
tous les travaux se fassent à propos; car en agriculture
tout s'enchaîne de telle sorte, qu'un travail retardé
retarde tous les autres. Si la litière manque, on prendra
des feuilles de chêne, et on les mettra sous les pieds des
moutons et des boeufs. Qu'il ait soin d'amasser un bon
tas de fumier; qu'il le conserve avec soin ; et lorsqu'il le
transportera, qu'il l'étende et l'éparpille. L'automne est
le moment du transport. C'est à l'automne qu'on
découvre les racines des oliviers et qu'on les fume. Qu'il
coupe les ramilles de peuplier, d'orme et de chêne; qu'il
les entasse pour les donner aux brebis avant qu'elles ne
soient complétement séchées. Quant au regain et aux
herbes de la seconde coupe, elles seront bien sèches,
dans le même but. Après les pluies d'automne il sèmera
les raves, les fourrages, et les lupins.
| [5] V. Villici officia.
Haec erunt uilici officia. Disciplina bona utatur. Feriae
seruentur. Alieno manum abstineat. Sua seruet
diligenter. Litibus familia supersedeat. Si quis quid
deliquerit, pro noxa bono modo uindicet. Familiae male
ne sit, ne algeat, ne esuriat; opere bene exerceat :
facilius malo et alieno prohibebit. Vilicus si nolet male
facere, non faciet. Si passus erit, dominus impune ne
sinat esse. Pro beneficio gratiam referat, ut aliis recte
facere libeat. Vilicus ne sit ambulator, sobrius siet
semper, ad coenam ne quo eat. Familiam exerceat :
consideret, quae dominus imperauerit, fiant. Ne plus
censeat sapere se, quam dominum. Amicos domini, eos
habeat sibi amicos. Cui iussus siet, auscultet. Rem
diuinam nisi compitalibus in compito aut in foco ne
faciat. Iniussu domini credat nemini. Quod dominus
crediderit, exigat. Satui semen, cibaria, far, uinum,
oleum mutuum dederit nemini. Duas aut tres familias
habeat, unde utenda roget, et quibus det : praeterea
nemini. Rationem cum domino crebro putet.
Operarium, mercennarium, politorem diutius eundem
ne habeat die. Ne quid emisse uelit insciente domino,
ne quid dominum celauisse uelit. Parasitum nequem
habeat. Haruspicem, augurem, hariolum, chaldaeum ne
quem consuluisse uelit. Segetem ne defrudet: nam id
infelix est. Opus rusticum omne curet uti sciat facere, et
id faciat saepe, dum ne lassus fiat. Si fecerit, scibit in
mente familiae quid siet, et illi animo aequiore facient.
Si hoc faciet, minus libebit ambulare, et ualebit rectius,
et dormibit libentius. Primus cubitu surgat: postremus
cubitum eat. Prius uillam uideat clausa uti siet, et uti
suo quisque loco cubet et uti iumenta pabulum habeant.
Boues maxima diligentia curatos habeto. Bubulcis
obsequitor, partim, quo libentius boues curent. Aratra
uomeresque facito uti bonos habeas. Terram cariosam
caue ne ares, neue plostrum, neue pecus impellas. Si ita
non caueris, quo impuleris, triennii fructum amittes.
Pecori et bubus diligenter substernatur; ungulae
curentur. Scabiem pecori et iumentis caueto. Id ex
fame, et si impluit, fieri solet. Opera omnia mature
conficias face. Nam res rustica sic est : si unam rem
sero feceris, omnia opera sero facies. Stramenta si
deerunt, frondem iligneam legito; eam substernito
ouibus bubusque. Sterquilinum magnum stude ut
habeas. Stercus sedulo conserua, cum exportabis,
saprgito et comminuito. Per autumnum euehito. Circum
oleas autumnitate ablaqueato, et stercus addito.
Frondem populneam, ulmeam, querneam caedito, per
tempus eam condito, non peraridam, pabulum ouibus.
Item faenum cordum, sicilimenta de prato, ea arida
condito. Post imbrem autumnum rapinam, pabulum
lupinumque serito.
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