Itinera Electronica
Du texte à l'hypertexte

Cicéron, De la nature des Dieux, Livre III

Chapitre 1

 

[3, 0, 0] Livre trois. [3,0] Liber tertius.
[3, I, 1] À ces mots de Balbus, Cotta sourit et dit : « Il est tard pour que tu me suggères la thèse que je dois défendre. Car, tout en écoutant ton exposition, je réfléchissais aux objections que je pourrais te faire, non tant pour te réfuter que pour t’interroger sur les points qui pour moi étaient le moins clair. Or, comme chacun doit utiliser son propre jugement, le fait est qu’il m’est difficile dans la pratique d’adopter ton opinion. [3,1] Quae cum Balbus dixisset, tum adridens Cotta "Sero", inquit, "mihi, Balbe, praecipis, quid defendam. Ego enim te disputante, quid contra dicerem, mecum ipse meditabar neque tam refellendi tui causa quam ea, quae minus intellegebam, requirendi. Cum autem suo cuique iudicio sit utendum, difficile factu est me id sentire, quod tu uelis."
[3, I, 2] Alors Velléius dit : « Tu ne sais pas combien je suis impatient de t’entendre, Cotta. Balbus s’est réjoui de ton discours contre Épicure ; aussi, à mon tour, je me poserai en écouteur attentif à ce que tu diras à l’encontre des Stoïciens. Et j’espère que tu viendras bien aguerri, comme à ton habitude. » [3,2] Hic Velleius "Nescis", inquit, "quanta cum expectatione, Cotta, sim te auditurus. Iucundus enim Balbo nostro sermo tuus contra Epicurum fuit; praebebo igitur ego me tibi uicissim attentum contra Stoicos auditorem. Spero enim te, ut soles, bene paratum uenire."
[3, I, 3] Alors Cotta dit : « Pour sûr, par Hercule ! Velléius, car ma polémique avec Lucilius est différente de celle que j’ai eue avec toi. » « Comment cela ? » demanda-t-il. « C’est qu’il me semble que votre Épicure ne fait pas montre d’une grande combativité sur la question des dieux immortels : il n’ose pas en nier l’existence, pour ne s’exposer aux reproches ou à une accusation, et ça s’arrête là ; quand ensuite il affirme que les dieux ne font rien, ne s’occupent de rien, qu’ils sont dotés de membres humains mais qu’ils n’en font aucun usage, j’ai l’impression qu’il plaisante et qu’il estime suffisant d’avoir affirmé qu’il existe un être heureux et éternel. [3,3] Tum Cotta "Sic mehercule", inquit, "Vellei; neque enim mihi par ratio cum Lucilio est, ac tecum fuit". "Qui tandem?" inquit ille. "Quia mihi uidetur Epicurus uester de dis immortalibus non magnopere pugnare: tantummodo negare deos esse non audet, ne quid inuidiae subeat aut criminis; cum uero deos nihil agere, nihil curare confirmat membrisque humanis esse praeditos, sed eorum membrorum usum nullum habere, ludere uidetur satisque putare, si dixerit esse quandam beatam naruram et aeternam.
[3, I, 4] Je crois par ailleurs que tu as remarqué la quantité d’arguments exposés par Balbus, et combien ils sont liés les uns aux autres, et cohérents, même s’ils ne contiennent aucun fonds de vérité. C’est pourquoi je pense, comme je l’ai dit, que je ne vais pas réfuter ton discours mais m’informer de ce qui demeure, pour moi, le moins clair. Par conséquent, Balbus, je te laisse le choix : répondre à mes questions sur ce que je n’ai pas compris, point par point, ou écouter l’intégralité de mon discours». [3,4] A Balbo autem animaduertisti, credo, quam multa dicta sint quamque, etiamsi minus uera, tamen apta inter se et cohaerentiA- Itaque cogito, ut dixi, non tam refellere eius orationem quam ea, quae minus intellexi, requirere. Quare, Balbe, tibi permitto, responderene mihi malis de singulis rebus quaerenti ex te ea, quae parum accepi, an uniuersam audire orationem meam." Tum Balbus: "Ego uero, si quid explanari tibi uoles, respondere malo; sin me interrogare non tam intellegendi causa quam refellendi, utrum uoles, faciam, uel ad singula, quae requires, statim respondebo uel, cum peroraris, ad omniA-"


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Dernière mise à jour : 28/03/2002