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| [3, XIX, 48] Ino, qui est appelée Leucothée en Grèce et Matuta chez nous, sera
considérée comme une déesse, parce qu’elle est la fille de Cadmus, alors que
Circé, Pasiphaé et Éétès issus de Perséis, fille d’Océan, et du Soleil,
ne seront pas comptés parmi les dieux. Et pourtant nos colons de Circeii
vénèrent avec dévotion aussi Circé. Alors devrons-nous la considérer aussi comme
est une déesse ? Que répondras-tu à Médée, qui eut comme père Éétès, comme mère
Idyia et comme grands-pères deux dieux : Soleil et Océan ? Et à son frère
Absyrtos (que Pacuvius appelle Égialé, mais le premier nom est le plus
courant dans la littérature antique) ? Et s’ils ne sont pas des dieux, je me
demande ce que devient Ino : tous ont la même origine.
| [3,48] Quid deinde, Ino dea ducetur et Leukothea a Graecis, a nobis Matuta
dicetur, cum sit Cadmi filia, Circe autem er Pasiphae et Aeeta e Perseide
Oceani filia natae patre Sole in deorum numero non habebuntur? Quamquam
Circen quoque coloni nostri Cercienses religiose colunt. Ergo hanc deam
ducis: quid Medeae respondebis, quae duobus dis auis, Sole et Oceano, Aeeta
patre, matre Idyia procreata est, quid huius Absyrto fratri -- qui est apud
Pacuuium Aegialeus, sed illud nomen ueterum litteris usitatius --? Qui si
di non sunt, uereor, quid agat Ino; haec enim omnia ex eodem fonte
fluxerunt.
| | [3, XIX, 49] Amphiaraos et Trophonios sont-ils des dieux ? Nos publicains,
face au contrat établi avec les censeurs, qui exemptait d’impôts les propriétés
des dieux immortels, soutenaient que ne pouvait pas être tenu pour un dieu celui
qui, autrefois, avait été un mortel. Mais si ce sont des dieux,
Érechthée en est sûrement un, lui dont nous avons vu à Athènes le temple et
le prêtre. Et si nous faisons de lui un dieu, comment pouvons-nous douter de la
divinité de Codros et des autres qui sont tombés en combattant pour la
liberté de leur patrie ? Et si cette conclusion n’est pas acceptable, ne le sont
pas non plus les prémisses d’où elle découle.
| [3,49] An Amphiataus erit deus et Trophonius? Nostri quidem publicani, cum
essent agri in Boeotia deorum inmortalium excepti lege censoria, negabant
inmortalis esse ullos, qui aliquando homines fuissent. Sed si sunt hi di,
est certe Erectheus, cuius Athenis et delubrum uidimus et sacerdotem. Quem
si deum facimus, quid aut de Codro dubitare possumus aut de ceteris, qui
pugnantes pro patriae libertate ceciderunt? Quod si probabile non est, ne
illa quidem superiora, unde haec manant, probanda sunt.
| | [3, XIX, 50] Il est du reste compréhensible que dans la plupart des cités, pour
exciter le courage, et pour que les hommes appartenant à l’élite soient
davantage enclins à affronter le danger pour la défense de l’État, on rende les
honneurs divins à la mémoire des héros. De fait, c’est précisément pour cette
raison, à Athènes, qu’Érechthée et ses filles ont été comptées parmi les dieux ;
et, toujours, à Athènes on trouve le sanctuaire des filles de Léon, dit
Leokórion. Les Alabandins vénèrent Alabandos, fondateur de leur cité, avec une
dévotion supérieure à celle qu’ils accordent aux dieux les plus authentiques.
Se trouvant dans leur cité, Stratonicus fit une de ces réponses, pleine
d’esprit, comme il en a l’habitude, à l’un d’eux qui l’importunait en affirmant
qu’Alabandos était un dieu et qu’Hercule n’en était pas un : « Alors Alabandos
sera en colère contre moi et Hercule contre toi. »
| [3,50] Atque in plerisque ciuitatibus intellegi potest augendae uirtutis
gratia, quo libentius rei publicae causa periculum adiret optimus quisque,
uirorum fortium memoriam honore deorum immortalium consecratam. Ob eam enim
ipsam causam Erectheus Athenis filiaeque eius in numero deorum sunt,
itemque Leonaticuml est delubrum Athenis, quod Leokorion nominatur.
Alabandenses quidem sanctius Alabandum colunt, a quo est urbs illa condita,
quam quemquam nobilium deorum; apud quos non inurbane Stratonicus ut multa,
cum quidam ei molestus Alabandum deum esse confirmaret, Herculem negaret,
'ergo', inquit, 'mihi Alabandus, tibi Hercules sit iratus'.
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