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Du texte à l'hypertexte

Cicéron, De la nature des Dieux, Livre III

Chapitre 3

 

[3, III, 7] Alors Cotta répondit : « Considérons chacun des points en particulier. Si la première affirmation concerne l’existence des dieux, croyance partagée par tous, hormis par les impies, et qui ne peut s’effacer de mon esprit, cette croyance, toutefois, dont je demeure convaincu par l’autorité de nos ancêtres, tu ne la démontres pas. » « Eh bien », dit Balbus, « si tu en es convaincu, quel besoin ai-je d’en faire la démonstration ? » À quoi Cotta répondit : « La raison est je me joins à cette discussion comme si je n’avais jamais entendu ni rien pensé sur les dieux immortels ; accepte-moi comme un élève ignorant et primitif, et enseigne-moi ce que je te demande. » [3,7] Tum Cotta "Primum quidque uideamus", inquit, "et si id est primum, quod inter omnis nisi admodum impios conuenit, mihi quidem ex animo exuri non potest, esse deos, id tamen ipsum, quod mihi persuasum est auctoritate maiorum, cur ita sit, nihil tu me doces." "Quid est", inquit Balbus, "si tibi persuasum est, cur a me uelis discere?" Tum Cotta "Quia sic adgredior", inquit, "ad hanc disputationem, quasi nihil umquam audierim de dis immortalibus, nihil cogitauerim; rudem me et integrum discipulum accipe et ea, quae requiro, doce."
[3, III, 8] « Apprends-moi alors », dit-il, « ce que tu veux savoir. » Ce que je veux savoir ? Avant toutes choses, pourquoi tu t’es dépensé à clarifier, avec force détails, une vérité si manifeste, dont toi-même tu avais affirmé qu’elle n’avait même pas besoin d’être discutée, étant donné que l’existence des dieux est une évidence sur laquelle tout le monde s’accorde. « Parce que j’ai remarqué », dit-il, « que souvent toi aussi, Cotta, quand tu t’exprimais au forum, tu accablais le juge sous le plus grand nombre d’arguments possible, pourvu que la cause t’en fournît l’opportunité. Et les philosophes agissent pareillement, et moi-même j’ai appliqué cette méthode pour autant que cela m’a été possible. Mais toi, en me posant cette question, c’est comme si tu me demandais pourquoi je te regarde avec mes deux yeux et que je n’en ferme pas un, puisque je peux arriver au même résultat avec un seul. » [3,8]"Dic igitur", inquit, "quid requiras." "Egone, primum illud, cur, quom istam partem ne egere quidem oratione dixisses, quod esset perspicuum et inter omnis constaret deos esse, de eo ipso tam multa dixeris." "Quia te quoque", inquit, "animaduerti, Cotta, saepe, cum in foro diceres, quam plurimis posses argumentis onerare iudicem, si modo eam facultatem tibi daret causA- Atque hoc idem et philosophi faciunt et ego, ut potui, feci. Tu autem quod quaeris, similiter facis, ac si me roges, cur te duobus contuear oculis et non altero coniueam, cum idem uno adsequi possim."


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Dernière mise à jour : 28/03/2002