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| [3, XL, 94] Avec ces paroles, Cotta mit fin à son discours. Alors Lucilius dit : «
C’est avec beaucoup de véhémence que tu as attaqué la doctrine de la providence
divine ; les Stoïciens l’ont élaborée avec une grande piété et une grande
sagesse. Mais comme il se fait tard, tu nous accorderas quelque jour pour nous
opposer à tes objections. Ma discussion contre toi touche la défense des valeurs
les plus profondes de la religion et de la famille, des temples et des autels
des dieux, des murs de la Cité que vous autres, Pontifes, vous considérez comme
sacrés, et vous mettez un plus grand soin à défendre la cité avec le sentiment
religieux qu’en édifiant des fortifications. Tant que je vivrai, je considérerai
comme un sacrilège de renoncer à ces valeurs ».
| [3,94] Quae cum dixisset, Cotta finem. Lucilius autem "Vehementius", inquit,
"Cotta tu quidem inuectus es in eam Stoicorum rationem, quae de prouidentia
deorum ab illis sanctissume et prudentissume constituta est. Sed quoniam
aduesperascit, dabis nobis diem aliquem, ut contra ista dicamus. Est enim
mihi tecum pro aris et focis certamen et pro deorum templis atque delubris
proque urbis muris, quos uos pontifices sanctos esse dicitis diligentiusque
urbem religione quam ipsis moenibus cingitis; quae deseri a me, dum quidem
spirare potero, nefas iudico."
| | [3, XL, 95] Alors, Cotta : « Pour ce qui me concerne, Balbus, je désire être réfuté
et j’ai préféré discuter l’argument en question sans, au final, porter un
jugement personnel, et j’ai déjà la certitude que tu me battras facilement.
« Sûrement », dit Velléius, du moment qu’il pense que mêmes les rêves nous
viennent de Jupiter, ces rêves qui, toutefois, ne sont pas eux-mêmes aussi vains
que les discours des Stoïciens sur la nature des dieux. »
Nous nous en allâmes sur ces paroles : À Velléius, le discours de Cotta
paraissait contenir plus de vérité ; pour ma part, il me semblait que celui de
Balbus avait plus de vraisemblance.
| [3,95] Tum Cotta: "Ego uero et opto redargui me, Balbe, et ea, quae
disputaui, disserere malui quam iudicare, et facile me a te uinci posse
certo scio." "Quippe", inquit Velleius, "qui etiam somnia putet ad nos
mitti ab Ioue, quae ipsa tamen tam leuia non sunt, quam est Stoicorum de
natura deorum oratio." Haec cum essent dicta, ita discessimus, ut Velleio
Cottae disputatio uerior, mihi Balbi ad ueritatis similitudinem uideretur
esse propensior.
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