| [5,12] XII. Il importe beaucoup de posséder sur une terre une forte quantité de cytise,
puisqu'il est très utile aux poules, aux abeilles, aux chèvres, aux boeufs et à
toute espèce de bestiaux : tant parce qu'il les engraisse promptement, et qu'il
procure aux brebis une grande abondance de lait, que parce qu'il peut fournir
huit mois un fourrage vert, et ensuite un fourrage sec. D'ailleurs le cytise
pousse promptement dans toute espèce de champ, quelle que soit sa maigreur. Il
ne souffre aucun dommage de ce qui nuit aux autres végétaux. Si les femmes même
viennent à manquer de lait, il faut faire macérer dans de l'eau du cytise sec,
qu'on devra laisser tremper toute une nuit, et en mêlant le lendemain trois
hémines de son suc exprimé avec une petite quantité de vin, on obtiendra un
breuvage au moyen duquel la santé des mères sera consolidée en même temps que
l'abondance de leur lait sera profitable à leurs enfants.
On peut semer le cytise en automne vers les ides d'octobre, ou bien au
printemps. Quand la terre a été convenablement labourée, dressez-la en petites
planches et, en automne, sentez la graine de cytise, comme on sème la dragée. Au
printemps, disposez votre plant, et placez-le à la distance de quatre pieds en
tous sens. Si vous n'avez pas de graine, plantez des cimes de cytise à l'époque
du printemps, et buttez-les avec de la terre bien fumée. S'il ne survient pas de
pluie, arrosez pendant les quinze premiers jours ; dès qu'il commencera à
pousser des feuilles, sarclez-le, et au bout de trois ans coupez-le et donnez-le
à votre bétail. En vert, quinze livres de cytise suffisent pour le cheval, vingt
pour le boeuf, et proportionnellement pour les autres bestiaux.
On peut aussi, avant le mois de septembre, planter, avec assez d'avantage des
boutures de cytise, parce qu'il prend facilement, et qu'il résiste bien à tous
les contretemps.
Si vous l'employez sec, vous modérez la ration, parce qu'il est alors plus
substantiel ; au reste, vous le ferez d'abord macérer dans l'eau, puis vous le
mêlerez avec de la paille. Lorsque vous voudrez faire sécher le cytise,
coupez-le vers le mois de septembre, au moment où sa graine commence à grossir,
et exposez-le au soleil pendant un petit nombre d'heures, jusqu'à ce qu'il soit
fané ; mettez-le ensuite sécher à l'ombre, et serrez-le.
J'ai jusqu'ici suffisamment parlé des arbres ; je consacrerai le livre suivant à
l'exposition des soins que réclament les troupeaux et à l'étude des remèdes qui
leur sont nécessaires.
| [5,12] XII. Cytisum in agro esse quam plurimum maxime refert, quod gallinis, apibus,
ouibus, capris, bubus quoque et omni generi pecudum utilissimus est; quod ex eo
cito pinguescit, et lactis plurimum praebet ouibus, tum etiam quod octo mensibus
uiridi eo pabulo uti et postea arido possis. Praeterea in quolibet agro quamuis
macerrimo celeriter comprehendit; omnem iniuriam sine noxa patitur. <2> Mulieres
quidem si lactis inopia premuntur, cytisum aridum in aqua macerare oportet, et
cum tota nocte permaduerit, postero die expressi succi ternas heminas permiscere
modico uino atque ita potandum dare; sic et ipsae ualebunt et pueri abundantia
lactis confirmabuntur. Satio autem cytisi uel autumno circa Idus Octobres, uel
uere fieri potest. <3> Cum terram bene subegeris, areolas facito ibique uelut
ocimi semen cytisi autumno serito. Plantas deinde uere disponito ita ut inter se
quoquouersus quattuor pedum spatio distent. Si semen non habueris, cacumina
cytisorum uere deponito, et stercoratam terram circumaggerato. <4> Si pluuia non
incesserit, rigato quindecim proximis diebus; simul atque nouam frondem agere
coeperit, sarrito, et post triennium deinde caedito, et pecori praebeto. Equo
abunde est uiridis pondo XV, bubus pondo uicena, ceterisque pecoribus pro
portione uirium. Potest etiam circa saepem agri satis commode ramis cytisus
seri, quoniam facile comprehendit et iniuriam sustinet. Aridum si dabis, parcius
praebeto, quoniam uires maiores habet, priusque aqua macerato, et exemptum
paleis permisceto. <5> Cytisum cum aridum facere uoles, circa mensem Septembrem,
ubi semen eius grandescere incipiet, caedito, paucisque horis, dum flaccescat,
in sole habeto; deinde in umbra exsiccato, et ita condito. Hactenus de arboribus
praecepisse abunde est, reddituro pecoris curam et remedia sequenti uolumine.
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