| [3,3] ACTE III, 3 - LYSIMAQUE, DÉMIPHON
LYSIMAQUE (parlant à Pasicompsa dans sa maison)
Je te l'amènerai tout de suite, si je le rencontre.
DÉMIPHON (à part)
Il parle de moi.
LYSIMAQUE
Eh bien ! Démiphon?
DÉMIPHON
Est-elle chez toi?
LYSIMAQUE
A ton avis?
DÉMIPHON
Si j'allais la voir?
LYSIMAQUE
Pas si vite. Un moment.
DÉMIPHON
Que ferai-je?
LYSIMAQUE
Pense à ce que tu as à faire.
DÉMIPHON
Penser? Ce que j'ai de mieux à faire, je crois, c'est d'entrer là, par Hercule !
(Montrant la maison de Lysimaque).
LYSIMAQUE
Ah ! tu veux entrer comme cela, imbécile?
DÉMIPHON
Ai-je à faire autre chose?
LYSIMAQUE
D'abord m'écouter, et me prêter attention. Il y a une précaution que je te
conseille de prendre; car si tu entres, tu voudras la serrer dans tes bras,
causer avec elle, lui donner des baisers.
DÉMIPHON
Mon esprit réside en toi; tu sais ce que je me propose de faire.
LYSIMAQUE
Tu feras une sottise.
DÉMIPHON
On voit bien que tu n'aimes pas.
LYSIMAQUE
Raison de plus. Comment ! avec ton estomac plein de jeûne et ton haleine fétide,
vieux bouc, tu donnerais des baisers à cette femme? Est-ce pour la faire vomir
dès la première approche?
DÉMIPHON
Tu es amoureux, par Pollux, j'en suis sûr, à voir comme tu m'en remontres. Voici
ce que nous allons faire. Si tu m'approuves, nous nous saisirons d'un cuisinier
pour nous préparer chez toi un dîner qui l'occupe jusqu'au soir.
LYSIMAQUE
Je t'approuve. C'est parler, comme il faut, en homme qui sait aimer.
DÉMIPHON
Qu'est-ce qui nous arrête? que n'allons-nous au marché, nous procurer ce qu'il
nous faut pour un beau régal?
LYSIMAQUE
Oui-dà, je te suis; et tu chercheras aussi, par Hercule, un logis pour elle, si
tu es sage; car, passé cette journée, ma foi, elle ne restera pas chez moi. Je
redoute ma femme :si à son retour de la campagne elle venait à la rencontrer ici !
DÉMIPHON
Ça va. Viens. (Ils sortent.)
| [3,3] ACTVS III - III,3
(LYSIMACHUS)
Adducam ego illum iam ad te, si conuenero.
(DEMIPHO)
Me dicit.
(LYSIMACHUS)
Quid ais, Demipho?
(DEMIPHO)
Est mulier domi?
(LYSIMACHUS)
Quid censes?
(DEMIPHO)
Quid si uisam?
(LYSIMACHUS) Quid properas? mane.
(DEMIPHO)
Quid faciam?
(LYSIMACHUS)
565 Quod opus est facto, facito ut cogites.
(DEMIPHO)
Quid cogitem? equidem, hercle, opus hoc facto existimo;
ut illo intro eam.
(LYSIMACHUS)
Itane uero, ueruex? intro eas?
(DEMIPHO)
Quid aliud faciam?
(LYSIMACHUS)
Prius hoc ausculta, atque ades
prius etiam est, quod te facere ego aequom censeo.
570 Nam nunc si illo introieris, amplecti uoles,
confabulari atque osculari.
(DEMIPHO) Tu quidem
meum animum gestas: scis quid acturus siem.
(LYSIMACHUS)
Peruorse facies.
(DEMIPHO) Quodne ames ?
(LYSIMACHUS)
Tanto minus.
Ieiunitatis plenus, anima foetida,
575 senex hircosus, tu osculere mulierem?
Utine adueniens uomitum excutias mulieri?
(DEMIPHO)
Scio, pol, te amare, quom istaec praemonstras mihi.
Quid si igitur unum faciam hoc. Si censes, cocum
aliquem adripiamus, prandium qui percoquat
apud te heic usque ad uesperum.
(LYSIMACHUS)
580 Hem istuc censeo.
Nunc tu sapienter loquere atque amatorie.
(DEMIPHO)
Quid stamus? quin ergo imus, atque opsonium
curamus, pulchre ut simus?
(LYSIMACHUS)
Equidem, te sequor.
Atque, hercle, inuenies tu locum illi, si sapis:
585 nullum, hercle, praeter hunc diem illa apud me erit.
Metuo ego uxorem, cras si rure redierit
ne illam heic offendat.
(DEMIPHO)
Res parata est, sequere me.
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