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| [61] Le proconsul C. Sextius, vainqueur des Salluviens, fonde la
colonie d'Aquae Sextiae, ainsi appelée du nom de son fondateur et de
l'abondance de ses sources d'eaux chaudes et froides. - Le proconsul
Cn. Domitius remporte, près de Vindalium, une victoire sur les
Allobroges, qui s'étaient attiré cette guerre pour avoir reçu dans
sa fuite. et aidé de tous leurs moyens, Teutomatius, roi des
Salluviens, et pour avoir ravagé le territoire des Éduens, alliés du
peuple romain. - À l'expiration de son séditieux tribunat, C.
Gracchus occupe aussi l'Aventin avec une multitude en armes. Le
consul L. Opimius, à la tête du peuple appelé aux armes par un
sénatus-consulte, l'en chasse et le tue ainsi que Fulvius Flaccus,
homme consulaire, et complice de ses fureurs. - Le consul Q. Fabius
Maximus, petit-fils de Paul Émile, remporte une victoire sur les
Allobroges et sur Bituitus, roi des Arvernes. Cent vingt mille
hommes de l'armée de Bituitus furent taillés en pièces. Lui-même,
étant parti pour Rome afin de satisfaire aux ordres du sénat, fut
retenu et mis en surveillance à Albe, parce que son retour en Gaule
paraissait dangereux. On ordonne aussi par un décret de saisir son
fils Congennetiacus, et de l'envoyer à Rome. - Les Allobroges sont
reçus à discrétion. - L. Opimius, accusé devant le peuple par le
tribun Q. Décius, d'avoir jeté des citoyens en prison sans
condamnation, est absous. (trad. Collection Nisard)
| [61] LIBER LXI.
C- Sextius procos- uicta Salluuiorum gente coloniam Aquas Sextias
condidit, ob aquarum copiam e caldis frigidisque fontibus atque a
nomine suo ita appellatas.
Cn- Domitius procos- aduersus Allobrogas ad oppidum Vindalium
feliciter pugnauit.
Quibus bellum inferendi causa fuit quod Toutomotulum, Salluuiorum
regem, fugientem recepissent et omni ope iuuissent, quodque Aeduorum
agros, sociorum populi R-, uastassent.
C- Gracchus seditioso tribunatu acto cum Auentinum quoque armata
multitudine occupasset, a L- Opimio cos- ex S- C- uocato ad arma
populo pulsus et occisus est, et cum eo Fuluius Flaccus consularis,
socius eiusdem furoris.
Q- Fabius Maximus cos-, Pauli nepos, aduersus Allobrogas et
Bituitum, Aruernorum regem, feliciter pugnauit. Ex Bituiti exercitu
occisa milia CXX; ipse cum ad satisfaciendum senatui Romam profectus
esset, Albam cusdodiendus datus est, quia contra pacem uidebatur, ut
in Galliam remitteretur.
Decretum quoque est, ut Congonnetiacus, filius eius, conprehensus
Romam mitteretur.
Allobroges in deditionem recepti.
L- Opimius accusatus apud populum a. Q- Decio trib- pl-, quod
indemnatos ciues in carcerem coniecisset, absolutus est.
| | [62] Le consul Q. Marcius subjugue les Stynes, peuplade des Alpes. -
Micipsa, roi des Numides, meurt et laisse son royaume à ses trois
fils, Adherbal, Hiempsal et Jugurtha, fils de son frère et qu'il
avait adopté. - L. Caecilius Métellus soumet les Dalmates. -
Jugurtha attaque son frère Hiempsal, le défait et le tue; il chasse
de son royaume Adherbal, que le sénat y rétablit. - Les censeurs L.
Caecilius Métellus et Cn. Domitius Ahenobarbus excluent du sénat
trente-deux sénateurs. - Guerres intestines entre les rois de Syrie.
(trad. Collection Nisard)
| [62] LIBER LXII.
Q- Marcius cos- Stynos, gentem Alpinam, expugnauit.
Micipsa, Numidiae rex, mortuus regnum tribus filiis reliquit:
Atherbali, Hiempsali, Iugurthae, fratris filio, quem adoptauerat.
L- Caecilius Metellus Dalmatas subegit.
Iugurtha Hiempsalem fratrem petiit bello.
Qui uictus occiditur; Atherbalem regno expulit; is a senatu
restitutus est.
L- Caecilius Metellus Cn- Domitius Ahenobarbus censores duos et XXX
senatu mouerunt.
Praeterea motus Syriae regumque continet.
| | [63] En Thrace, mauvais succès du consul Porcius Caton contre les
Scordisques. - Clôture du lustre par les censeurs: trois cent
quatre-vingt-quatorze mille trois cent trente-six citoyens inscrits
au cens. - Les vestales Aemilia Licinia et Marcia sont condamnées
pour inceste. Toutes les circonstances de ce crime, sa découverte,
sa punition, sont racontées dans ce livre. - Les Cimbres, nation
vagabonde, portent la dévastation en Illyrie, et mettent en fuite le
consul Papirius Carbon avec son armée. - En Thrace, le consul Livius
Drusus remporte une victoire sur les Scordisques, peuple originaire
de la Gaule. (trad. Collection Nisard)
| [63] LIBER LXIII.
C- Porcius cos- in Thracia male aduersus Scordiscos pugnauit.
Lustrum a censoribus conditum est.
Censa sunt ciuium capita CCCXCIIII milia CCCXXXVI.
Aemilia, Licinia, Marcia, uirgines Vestales, incesti damnatae sunt,
idque incestum quem ad modum et commissum et deprehensum et
uindicatum sit re fertur.
Cimbri, gens uaga populabundi in Illyricum uenerunt.
Ab his Papirius Carbo cos- cum exercitu fusus est.
Liuius Drusus cos- aduersus Scordiscos, gentem a Gallis oriundam, in
Thracia feliciter pugnauit.
| | [64] Jugurtha poursuit de ses armes Adherbal, l'assiège dans Cirta,
et le fait mettre à mort malgré les ordres à lui intimés par le
sénat. En conséquence la guerre est déclarée à Jugurtha; le consul
Calpurnius Bestia, chargé de la diriger, fait la paix avec le
Numide, sans l'ordre du sénat et du peuple. Jugurtha, sommé, au nom
de la foi publique, de faire connaître ceux dont il a suivi les
conseils, et accusé en outre d'avoir corrompu, par ses largesses
plusieurs membres du sénat, vient à Rome, où il fait tuer un petit
roi nommé Massiva, parce qu'il profitait des mauvaises dispositions
du peuple romain à son égard pour chercher à le déposséder de son
royaume. Comme ce meurtre le met en péril et qu'il se voit l'objet
d'une accusation capitale, il s'enfuit secrètement et sort de Rome
en s'écriant, dit-on: "O ville vénale, qui périrait bientôt si elle
trouvait un acheteur!" - Le lieutenant A. Postumius, battu dans un
combat contre Jugurtha, ajoute encore à ce revers la honte d'une
paix ignominieuse que le sénat refuse de ratifier. (trad. Collection
Nisard)
| [64] LIBER LXIV.
Atherbal bello petitus ab Iugurtha et in oppido Cirtha obsessus
contra denuntiationem senatus ab eo occisus est, et ob hoc bellum
Iugurthae indictum, idque Calpurnius Bestia cos- gerere iussus pacem
cum Iugurtha iniussu populi et senatus fecit.
Iugurtha fide publica euocatus ad indicandos auctores consiliorum
suorum, quod multos pecunia in senatu corrupisse dicebatur, Romam
uenit et propter caedem admissam in regulum quemdam nomine Massiuam,
qui regnum eius populo R- inuisi adfectabat, Romae interfectum cum
periclitaretur causam capitis dicere, clam profugit et cedens urbe
fertur dixisse : "O urbem uenalem et cito perituram, si emptorem
inuenerit."
A- Postumius legatus infeliciter proelio aduersus Iugurtham gesto
pacem quoque adiecit ignominiosam, quam non esse seruandam senatus
censuit.
| | [65] Le consul Q. Caecilius Métellus défait Jugurtha dans deux
combats et ravage toute la Numidie. - M. Junius Silanus, consul, est
vaincu dans un combat contre les Cimbres. Leurs députés viennent
demander une demeure et des terres où ils puissent s'établir; le
sénat refuse. - Le proconsul M. Minucius remporte une victoire sur
les Thraces. - Le consul L. Cassius est taillé en pièces avec son
armée, sur les frontières des Allobroges par les Gaulois Tigurins,
peuplade helvétique qui s'était séparée du reste de la nation. Les
soldats qui avaient échappé à ce désastre entrent en composition
avec les ennemis, et obtiennent la vie sauve en livrant des otages
et la moitié de tout ce qu'ils possèdent. (trad. Collection Nisard)
| [65] LIBER LXV.
Q- Caecilius Metellus cos- duobus proeliis Iugurtham fudit totamque
Numidiam uastauit.
M- Iunius Silanus cos- aduersus Cimbros infeliciter pugnauit.
Legatis Cimbrorum sedem et agros in quibus consisterent
postulantibus senatus negauit.
M- Minucius procos- aduersus Thracas prospere pugnauit.
L- Cassius cos- a Tigurinis Gallis, pago Heluetiorum, qui a ciuitate
secesserant, in finibus Nitiobrogum cum exercitu caesus est.
Milites, qui ex ea caede superauerant, obsidibus datis et dimidia
rerum omnium parte, ut incolumes dimitterentur, cum hostibus pacti
sunt.
| | [66] Jugurtha, chassé de la Numidie, par C. Marius, est secouru par
Bocchus, roi des Maures. Les troupes de ce dernier sont taillées en
pièces à leur tour. Alors renonçant à continuer une guerre commencée
sous de si malheureux auspices. Bocchus fait charger de chaînes
Jugurtha, et le livre à Marius. C'est surtout à l'habileté de L.
Cornelius Sylla, questeur de Marius, que l'on doit ce résultat.
(trad. Collection Nisard)
| [66] LIBER LXVI.
Iugurtha pulsus a C- Mario Numidia cum auxilio Bocchi, Maurorum
regis, adiutus esset, caesis proelio Bocchi quoque copiis, nolente
Boccho bellum infeliciter susceptum diutius sustinere uinctus ab eo
et Mario traditus est; in qua re praecipua opera L- Corneli Syllae,
quaestoris C- Mari, fuit.
| | [67] M. Aurélius Scaurus, lieutenant du consul, est défait par les
Cimbres et tombe lui-même en leur pouvoir. Appelé par eux en
conseil, il s'efforce de les faire renoncer au projet de passer les
Alpes et de pénétrer en Italie, en leur disant que les Romains ne
peuvent être vaincus. Il est tué par le roi Boiorix, jeune homme
rempli d'orgueil et d'arrogance. - Le consul Cn. Manlius et le
proconsul Q. Servilius Caepion sont vaincus, près d'Orange, par les
mêmes ennemis, qui se rendent maîtres de leurs deux camps. Quatre-
vingt mille soldats et quarante mille valets d'armée périssent dans
cette défaite. Caepion est condamné pour l'avoir causée par sa
témérité; l'on prononce contre lui, pour la première fois depuis le
roi Tarquin, la peine de la confiscation des biens; il est déposé du
commandement. - Triomphe de Marius. - Jugurtha est conduit, avec ses
deux fils, devant le char du triomphateur. Il est ensuite tué dans
sa prison. - Marius entre au sénat avec la robe triomphale, ce que
personne n'avait fait avant lui. - Les craintes inspirées par la
guerre cimbrique lui font continuer, pendant plusieurs années, le
consulat. Il est élu une seconde et une troisième fois, malgré son
absence. Il brigue en secret un quatrième consulat, et l'obtient. -
Cn. Domitius est nommé souverain pontife, par les suffrages du
peuple. - Les Cimbres dévastent tous les pays situés entre le Rhône
et les Pyrénées; ils pénètrent en Espagne par un défilé, et y
exercent de grands ravages. Défaits par les Celtibères, ils rentrent
dans la Gaule et s'y joignent à un autre peuple belliqueux, les
Teutons. (trad. Collection Nisard)
| [67] LIBER LXVII.
M- Aurelius Scaurus, legatus consulis, a Cimbris fuso exercitu
captus est, et cum in consilium ab his aduocatus deterreret eos ne
Alpes transirent Italiam petituri, eo quod diceret Romanos uinci non
posse, a Boiorige, feroci iuuene, occisus est.
Ab isdem hostibus Cn- Manlius cos- et Q- Seruilius Caepio procos-
uicti proelio castris quoque binis exuti sunt, militum milia LXXX
occisa, calonum et lixarum XL (secundum Antiatem) apud Arausionem.
Caepionis, cuius temeritate clades accepta erat, damnati bona
publicata sunt, primi post regem Tarquinium imperiumque ei
abrogatum.
In triumpho C- Mari ductus ante currum eius Iugurtha cum duobus
filiis et in carcere necatus est.
Marius triumphali ueste in senatum uenit, quod nemo ante eum
fecerat, eique propter metum Cimbrici belli continuatus per
complures annos est consulatus.
Secundo et tertio absens consul creatus quartum consulatum
dissimulanter captans consecutus est.
Cn- Domitius pont- max- populi suffragio creatus est.
Cimbri uastatis omnibus quae inter Rhodanum et Pyrenaeum sunt, per
saltum in Hispaniam transgressi ibique multa loca populati a
Celtiberis fugati sunt, reuersique in Galliam in Veliocassis se
Teutonis coniunxerunt.
| | [68] Le préteur M. Antonius poursuit les pirates jusqu'en Cilicie. -
Le consul C. Marius se défend dans son camp assiégé avec vigueur par
les Teutons et les Ambrons. Il gagne ensuite sur eux deux grandes
batailles aux environs d'Aquae Sextiae; deux cent mille ennemis sont
tués; quatre-vingt-dix mille sont faits prisonniers. - Marius,
malgré son absence, est créé consul pour la cinquième fois. On lui
offre le triomphe; il le refuse jusqu'à ce qu'il ait vaincu les
Cimbres. - Q. Catulus, proconsul, qui gardait les défilés des Alpes,
est battu par les Cimbres; il se retire sur l'Adige et s'y retranche
dans un château fort. Les Cimbres le forcent encore d'abandonner
cette position. Après s'être ainsi ouvert un passage par leur
valeur, ils pénètrent en Italie en poursuivant le proconsul et son
armée. Mais Catulus et C. Marius parviennent à opérer leur jonction.
Ils livrent la bataille et la gagnent. Cent quarante mille ennemis
restent, dit-on, sur le champ de bataille; soixante mille sont faits
prisonniers. Marius est reçu aux applaudissements de toute la ville;
on lui offre deux triomphes; il se contente d'un seul. Les nobles,
qui d'abord n'avaient pu voir, sans jalousie, un homme nouveau élevé
à de si grands honneurs, avouent eux-mêmes qu'il a sauvé la
république. - Publicius Malleolus, meurtrier de sa mère, est cousu
dans un sac et jeté à la mer. C'est le premier exemple de ce genre
de supplice. - Les anciles s'agitèrent, dit-on, avec bruit, avant la
fin de la guerre cimbrique. - Ce livre contient en outre le récit
des guerres qui eurent lieu entre les rois de Syrie. (trad.
Collection Nisard)
| [68] LIBER LXVIII.
M- Antonius praetor in Ciliciam maritimos praedones - id est piratas
- persecutus est.
C- Marius cos- summa ui oppugnata a Teutonis et Ambronibus castra
defendit.
Duobus deinde proeliis circa Aquas Sextias eosdem hostes deleuit, in
quibus caesa traduntur hostium CC milia, capta XC-
Marius absens quinto cos- creatus est.
Triumphum oblatum, donec et Cimbros uinceret, distulit.
Cimbri cum repulso ab Alpibus fugatoque Q- Catulo procos-, qui
fauces Alpium obsidebat, (ad flumen Athesim cohortem quae castellum
editum insederat, reliquerat, quae tamen uirtute sua explicata
fugientem procos- exercitumque consecuta est) in Italiam
traiecissent, iunctis eiusdem Catuli et C- Mari exercitibus, proelio
uicti sunt ; in quo caesa traduntur hostium milia CXL, capta LX.
Marius totius ciuitatis consensu exceptus pro duobus triumphis qui
offerebantur, uno contentus fuit. Primores ciuitatis, qui ei
aliquamdiu ut nouo homini ad tantos honores euecto inuiderant,
conserua tam ab eo rem p- fatebantur.
Publicius Marcellus matre occisa primus in culleo insutus in mare
praecipitatus est.
Ancilia cum strepitu mota esse, antequam Cimbricum bellum
consummaretur, refertur.
Bella praeterea inter Syriae reges gesta continet.
| | [69] L. Apuléius Saturninus, appuyé du crédit de C. Marius, fait
tuer par des soldats A. Nunnius, son compétiteur, et se fait ainsi
élire tribun du peuple. Il exerce le tribunat, comme il l'avait
obtenu, par la violence. Après avoir fait passer, par les mêmes
moyens, une loi agraire, il fait assigner Metellus Numidicus, qui
refusait de jurer obéissance à cette loi. Celui-ci, voyant tous les
bons citoyens disposés à le défendre, se rend volontairement en
exil, pour ne pas être la cause d'une guerre civile. Il se retire à
Rhodes, et s'y console par l'étude et par la conversation des grands
hommes. Après son départ, C. Marius, l'auteur de la sédition et qui
avait acheté un sixième consulat, en répandant de l'argent dans les
tribus, lui fait interdire l'eau et le feu. - Le même Apuléius
Saturninus, tribun du peuple, tue C. Memmius, candidat au consulat,
dont il craignait surtout l'opposition à ses projets contre les
patriciens. Ces violences soulèvent enfin le sénat; C. Marius, homme
d'un caractère variable et changeant au gré des événements, embrasse
lui-même la cause de cet ordre, lorsqu'il voit qu'il lui est
impossible de sauver Saturninus; on s'arme contre celui-ci; il est
vaincu et périt à la suite d'une sorte de guerre civile, avec le
préteur Glaucia et les autres complices de ses fureurs. - Q.
Caecilius Metellus revient d'exil; son retour excite, dans toute la
ville, les plus grandes démonstrations de joie. - Le proconsul
Manius Aquillius termine en Sicile une guerre des esclaves. (trad.
Collection Nisard)
| [69] LIBER LXIX.
L- Apuleius Saturninus, adiuuante C- Mario et per milites occiso A-
Nunnio competitore tribunus plebis per uim creatus, non minus
uiolenter tribunatum, quam petierat, gessit et cum legem agrariam
per uim tulisset, diem dixit.
Qui cum a bonis ciuibus defenderetur, ne causa certaminum esset, in
exilium uoluntarium, Rhodum profectus est, ibique audiendo et
legendo magnos uiros auocabatur.
Profecto C- Marius, seditionis auctor, cui sextum consulatum pecunia
per tribus sparsa emerat, aqua et igni interdixit.
Idem Apuleius Saturninus trib- pleb- C- Memmium, candidatum
consulatus, quoniam aduersarium eum actionibus suis timebat,
occidit.
Quibus rebus concitato senatu, in cuius causam et C- Marius, homo
uarii mutabilis ingenii consiliique semper secundum fortunam,
transierat, oppressus armis cum Glaucia praetore et aliis eiusdem
furoris sociis bello quodam interfectus est.
Q- Caecilius Metellus ab exilio ingenti totius ciuitatis fauore
reductus est.
M- Aquilius procos- in Sicilia bellum seruile excitatum confecit.
| | [70] Manius Aquillius, accusé de concussion, refuse de prier lui-
même ses juges. M. Antonius, chargé de le défendre, déchire la
tunique de son client pour montrer les honorables cicatrices dont sa
poitrine est couverte. Cette vue le fait absoudre sans hésitation.
Ce fait ne s'appuie que sur le témoignage de Cicéron. - Le proconsul
T. Didius obtient quelques avantages contre les Celtibères. -
Ptolémée, surnommé Apion, roi de Cyrène, nomme, en mourant, le
peuple romain son héritier: le sénat donne la liberté aux villes qui
avaient fait partie de son royaume. - Ariobarzane est rétabli, par
L. Cornélius Sylla, sur le trône de Cappadoce. - Des députés
parthes, envoyés par Arsace, leur roi, viennent trouver Sylla pour
demander l'amitié du peuple romain. - P. Rutitius, s'étant attiré la
haine de l'ordre équestre, en qui résidait le pouvoir judiciaire,
parce qu'il s'était opposé, en Asie, aux injustices des publicains
lorsqu'il était lieutenant du proconsul Q. Mucius, est condamné
comme coupable de concussion, malgré son extrême probité, et envoyé
en exil. - Le préteur C. Sentius n'est pas heureux dans son
expédition contre les Thraces. Le sénat, fatigué des excès auxquels
se livraient les chevaliers dans l'exercice du pouvoir judiciaire,
commence à faire tous ses efforts pour que ce pouvoir lui soit
transféré. M. Livius Drusus, tribun du peuple, appuie les desseins
du sénat. Il emploie, pour augmenter sa puissance, un moyen
dangereux, en excitant le peuple par l'espoir des largesses. - Il
est en outre parlé, dans ce livre, des guerres des rois de Syrie.
(trad. Collection Nisard)
| [70] LIBER LXX.
Cum M- Aquilius de pecuniis repetundis causam diceret, ipse iudices
rogare noluit ; M- Antonius, qui pro eo perorabat, tunicam a pectore
eius discidit, ut honestas cicatrices ostenderet.
Indubitate absolutus est.
Cicero eius rei solus auctor.
T- Didius procos- aduersus Celtiberos feliciter pugnauit.
Ptolemaeus, Cyrenarum rex, cui cognomen Apionis fuit, mortuus
heredem populum R- reliquit et eius regni ciuitates senatus liberas
esse iussit. Ariobarzanes in regnum Cappadociae a L- Cornelio Sylla
reductus est.
Parthorum legati a rege Arsace missi uenerunt ad Syllam ut amicitiam
populi R- peterent.
P- Rutilius, uir summae innocentiae, quoniam legatus C- Muci procos-
a publicanorum iniuriis Asiam defenderat, inuisus equestri ordini
penes quem iudicia erant, repetundarum damnatus in exilium missus
est.
C- Sentius praetor aduersus Thracas infeliciter pugnauit.
Senatus, cum impotentiam equestris ordinis in iudiciis exercendis
ferre nollet, omni ui eniti coepit ut ad se iudicia transferret,
sustinente causam eius M- Liuio Druso trib- pleb-, qui ut uires sibi
adquireret, perniciosa spe largitionum plebem concitauit.
Praeterea motus Syriae regnumque continet.
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