| [6,9] CHAPITRE IX - Du changement survenu dans la vie et la fortune.
EXEMPLES ROMAINS
Rien n'est plus capable d'augmenter la confiance ou le diminuer l'inquiétude que
de se rappeler les changements survenus dans la vie et la fortune des hommes
célèbres, soit que l'on considère sa propre situation ou celle de ses proches.
En effet, lorsque, en envisageant le sort d'autrui, nous voyons l'illustration
sortir d'une condition basse et méprisée, qui nous empêche de penser toujours
nous aussi à une amélioration de notre sort ? N'oublions pas que c'est une folie
de se condamner d'avance à un éternel malheur, d'abandonner une espérance que,
malgré son incertitude, on a toujours raison d'entretenir et de se laisser aller
à un désespoir parfois sans retour.
1. Manlius Torquatus passait dans les premières années de sa jeunesse pour avoir
l'esprit si obtus et si lourd que son père L. Manlius, personnage fort
important, le croyant inapte aux affaires soit privées, soit publiques, l'avait
relégué à la campagne et le laissait s'épuiser dans les travaux de
l'agriculture. Dans la suite, ce Manlius délivra son père des dangers d'une
accusation intentée contre lui ; il fit trancher la tête à son fils, quoique
vainqueur, pour avoir combattu malgré sa défense ; enfin, par un glorieux
triomphe, il rendit courage à sa patrie épuisée par les attaques des Latins. On
dirait que la fortune avait répandu sur sa jeunesse cette obscurité comme un
nuage, pour rendre plus éclatante la gloire de sa vieillesse. (Ans de R.
391-413.)
2. Le premier Scipion l'Africain que les dieux firent naître pour montrer aux
hommes en sa personne une image sensible de la perfection morale, mena, dit-on,
pendant les premières années de son adolescence une vie molle qui, sans mériter
d'être taxée de débauche, était néanmoins trop efféminée pour faire prévoir les
trophées conquis sur Carthage et le joug imposé à cette cité vaincue. (An de R. 552.)
3. C. Valérius Flaccus, à l'époque de la seconde guerre punique, passa dans les
plaisirs le commencement de sa jeunesse. Mais P. Licinius, grand pontife, le
nomma flamine dans le dessein de le retirer plus facilement du vice. Dès lors,
l'esprit occupé du culte et des cérémonies sacrées, il apprit, sous l'influence
de la religion, à modérer ses passions et, autant il avait donné d'abord
l'exemple de la débauche, autant il devint dans la suite un modèle de tempérance
et de vertu.
4. Notre cité n'a rien connu de plus décrié que la jeunesse de Q. Fabius Maximus
qui, par sa victoire sur les Gaulois, acquit pour lui et pour sa postérité le
surnom d' Allobrogique, ni non plus rien de plus honorable et de plus glorieux
que la vieillesse du même Fabius.
5. Qui ne sait que dans la foule de nos grands hommes Q. Catulus, par la
considération qu'il s'est acquise, s'est classé en un rang élevé ? Si l'on
remontait au temps de sa jeunesse, on trouverait dans sa vie beaucoup de ,
dissipation et beaucoup de libertinage. Néanmoins, ces habitudes de mollesse ne
l'empêchèrent pas de devenir le premier citoyen de la république, de faire
briller son nom au sommet du mont Capitolin et d'étouffer par son courage une
guerre civile née d'un grand mouvement révolutionnaire. (An de R. 676.)
6. L. Sylla, jusqu'au moment où il fut candidat à la questure, se déshonorait
par la débauche, l'abus du vin et l'amour du théâtre. Aussi Marius, consul, fut,
dit-on, très mécontent de voir que, alors qu'il avait à faire en Afrique une
guerre si rude, le sort lui avait donné un questeur si efféminé. Cependant le
même Sylla, brisant et forçant pour ainsi dire le cercle de vices qui le
tenaient prisonnier, chargea de chaînes les mains de Jugurtha, contint
Mithridate, apaisa les tempêtes de la guerre sociale, abattit la tyrannie de
Cinna et réduisit celui qui avait dédaigné en Afrique comme questeur à se
réfugier précisément dans cette province comme proscrit et exilé. Si l'on
voulait considérer et comparer attentivement deux conduites si différentes et
même si opposées, on serait tenté de penser qu'il y eut dans la même personne
deux Syllas, un jeune débauché et un homme que je qualifierais de brave, s'il
n'avait préféré lui-même le surnom d'heureux. (Ans de R. 646-667.)
7. Maintenant que les grands ont été invités à faire un retour sur eux-mêmes par
un acte de repentir salutaire, ajoutons à leur suite ceux qui ont eu l'ambition
de s'élever au-dessus de leur condition. T. Aufillius, près avoir été chargé en
Asie de la perception d'une toute petite partie des impôts, gouverna dans la
suite cette province tout entière avec des pouvoirs de proconsul et nos alliés
ne s'offensèrent point d'être soumis aux faisceaux d'un homme qu'ils avaient vu
très empressé auprès d'autres autorités. Son administration fut même très
honnête et très brillante et il fit voir ainsi qu'on devait attribuer à la
fortune son premier état et à ses propres vertus son élévation à sa nouvelle
dignité. (An de R. 600.)
8. P. Rupilius n'eut pas en Sicile une fonction de receveur d'impôts; il fut
simplement aide des receveurs, se trouvant dans un dénuement extrême, il se mit
aux gages des alliés pour subsister. Dans la suite, il fit des lois pour toute
la Sicile et délivra ce pays de l'affreuse guerre des pirates et des esclaves
fugitifs. Les ports mêmes de cette île, si l'on peut supposer quelques
sentiments aux choses inanimées, durent sans doute être étonnés du si grand
changement qui s'était fait dans la situation de cet homme. Celui qu'ils avaient
connu salarié et payé à la journée, ils le virent donner des lois et commander
les flottes et les armées. (An de R. 621.)
9. A un tel exemple d'élévation, j'en ajouterai un autre encore plus grand.
Après la prise d'Asculum, Cn. Pompeius, père du grand Pompée, offrit à la vue du
peuple romain, dans le cortège de son triomphe, un adolescent nommé P. Ventidius
(An de R. 664.) C'est ce Ventidius qui depuis vainquit les Parthes, traversa
leur pays et entra à Rome en triomphateur après avoir vengé les mânes de Crassus
tristement restés sans sépulture sur une terre ennemie. Captif, il avait connu
les horreurs de la prison; vainqueur, il remplit le Capitole de manifestations
d'allégresse. Le même Ventidius eut encore le bonheur singulier d'être nommé
préteur et consul dans la même année. (Ans de R. 664-715.)
10. Considérons maintenant les vicissitudes du sort. L. Lentulus, après avoir
été consul, se vit condamné pour concussion en vertu de la loi Cécilia, puis fut
créé censeur avec L. Censorinus. Ainsi la fortune se plut à le ballotter entre
les honneurs et les ignominies, faisant suivre son consulat de sa condamnation
et sa condamnation de son élévation à la censure et ne le laissant ni jouir d'un
bonheur continuel, ni gémir éternellement dans l'adversité. (An de R. 606.)
11. Il lui plut de montrer la même puissance à l'égard de Cn. Cornelius Scipion
Asina. Étant consul, il fut pris par les Carthaginois près des îles Lipari. En
vertu du droit de la guerre, il avait tout perdu; mais bientôt après, la fortune
le secourut par un retour de sa faveur et lui lit tout recouvrer. Il fut même
nommé consul une seconde fois. Qui aurait pu croire que de la possession des
douze faisceaux il passerait dans les prisons de Carthage ? Qui eût pensé que
des prisons de Carthage il reviendrait aux honneurs du pouvoir suprême ? Et
pourtant il devint bien de consul prisonnier et de prisonnier consul. (An de R.
493-499.)
12. Et Crassus, I'immensité de sa fortune ne lui fit-elle pas donner le titre de
riche ? Mais dans la suite son indigence le fit flétrir du surnom hyperbolique
et déshonorant de mangeur. En effet, ses biens, comme il ne pouvait payer la
totalité de ses dettes, furent mis en vente par ses créanciers. Aussi ne lui
épargna-t-on pas cette cruelle raillerie : lorsque, après sa ruine, il se
promenait, ceux qui le rencontraient le saluaient du nom de riche. (An de R. 694.)
13. Mais le sort de Crassus fut moins cruel que celui de Q. Cæpion. Une
brillante préture, un triomphe éclatant, l'honneur du consulat, la dignité de
grand pontife lui valurent le titre de protecteur du sénat. Pourtant il rendit
le dernier soupir dans la prison publique et son corps déchiré par la main du
bourreau et laissé sur les marches des Gémonies fut pour tout le Forum l'objet
d'un horrible spectacle. (An de R. 648.)
14. Marius est remarquable surtout par sa lutte contre la fortune. Il en soutint
tous les assauts avec le plus grand courage et avec une égale vigueur de corps
et d'esprit. Jugé indigne des honneurs à Arpinum, il osa demander la questure à
Rome. Puis, sous le coup des refus qu'il avait subis, il força les portes du
sénat plutôt qu'il n'y entra. Dans la demande du tribunat et de l'édilité, il
essuya encore au Champ de Mars une double humiliation. Il n'en fut pas moins
candidat à la préture. Il se classa le dernier des élus et encore ne
conserva-t-il pas sans risques cette dernière place ; car il fut accusé de
brigue et ce n'est qu'à grand-peine qu'il obtint des juges son acquittement.
Cependant c'est ce Marius, si petit à Arpinum, ce candidat si inconnu à Rome et
si dédaigné, qui devint le grand Marius qui soumit l'Afrique, qui fit marcher le
roi Jugurtha devant son char de triomphe, qui anéantit les armées des Teutons et
des Cimbres, celui dont on voit encore à Rome les deux trophées, dont on lit les
sept consulats dans les fastes consulaires, qui eut le bonheur au sortir de
l'exil d'être créé consul et le pouvoir, après avoir été proscrit, de proscrire
à son tour. Quoi de plus variable et de plus changeant que le sort de cet homme ?
Veut-on le ranger parmi les malheureux ? on le trouvera le plus malheureux de
tous ; parmi les mortels heureux ? il le paraîtra plus que tous. (Ans de R. 629-667.)
15. C. César, qui s'est frayé le chemin du ciel par ses vertus, dans les
premières années de sa jeunesse allait en Asie comme simple particulier,
lorsqu'il tomba entre les mains des pirates aux environs de l'île de Pharmacuse.
Il se racheta au prix de cinquante talents. Telle fut donc la modique somme que
la fortune voulut qu'on payât, sur un brigantin de pirates, pour l'astre le plus
brillant de l'univers. Pourquoi donc nous plaindre désormais de cette déesse,
puisqu'elle n'épargne pas même ceux qui participent avec elle de la divinité ?
Au reste, le dieu sut venger lui-même son outrage : César bientôt après se
rendit maître des pirates et les fit mettre en croix. (An de R. 667.)
| [6,9] 6.9.init. Multum animis hominum et fiduciae adicere et sollicitudinis detrahere
potest morum ac fortunae in claris uiris recognita mutatio, siue nostros status
siue proximorum contemplemur: nam cum aliorum fortunas spectando ex
condicione abiecta atque contempta emersisse claritatem uideamus, quid aberit
quin et ipsi meliora de nobis semper cogitemus, memores stultum esse perpetuae
infelicitatis se praedamnare spemque, quae etiam incerta recte fouetur, interdum
certam in desperationem conuertere?
6.9.1 Manlius Torquatus adeo hebetis atque obtunsi cordis inter initia iuuentae
existimatus, ut a patre L- Manlio amplissimo uiro, quia et domesticis et rei
publicae usibus inutilis uidebatur, rus relegatus agresti opere fatigaretur,
postmodum patrem reum iudiciali periculo liberauit, filium uictorem, quod
aduersus imperium suum cum hoste manum conseruerat, securi percussit, patriam
Latino tumultu fessam speciosissimo triumpho recreauit, in hoc, credo,
fortunae nubilo adulescentiae contemptu perfusus, quo senectutis eius decus
lucidius enitesceret.
6.9.2 Scipio autem Africanus superior, quem di immortales nasci uoluerunt, ut
esset in quo uirtus se per omnes numeros hominibus efficaciter ostenderet,
solutioris uitae primos adulescentiae annos egisse fertur, remotos quidem a
luxuriae crimine, sed tamen Punicis tropaeis, deuictae Carthaginis ceruicibus
inposito iugo teneriores.
6.9.3 C- quoque Valerius Flaccus secundi Punici belli temporibus luxu perditam
adulescentiam inchoauit. ceterum a P- Licinio pontifice maximo flamen factus,
quo facilius a uitiis recederet, ad curam sacrorum et caerimoniarum conuerso
animo, usus duce frugalitatis religione, quantum prius luxuriae fuerat exemplum,
tantum postea modestiae et sanctitatis specimen euasit.
6.9.4 Nihil Q- Fabio Maximo, qui Gallica uictoria cognomen Allobrogi<ci> sibimet
ac posteris peperit, adulescente magis infame, nihil eodem sene ornatius aut
speciosius illo saeculo nostra ciuitas habuit.
6.9.5 Quis ignorat Q- Catuli auctoritatem in maximo clarissimorum uirorum
prouentu excelsum gradum obtinuisse? cuius si superior aetas reuoluatur, multi
lusus, multae deliciae reperiantur. quae quidem ei inpedimento non fuerunt quo
minus patriae princeps existeret, nomenque eius in Capitolino fastigio fulgeret
ac uirtute ciuile bellum ingenti motu oriens sepeliret.
6.9.6 L- uero Sulla usque ad quaesturae suae comitia uitam libidine, uino,
ludicrae artis amore inquinatam perduxit. quapropter C- Marius consul moleste
tulisse traditur, quod sibi asperrimum in Africa bellum gerenti tam delicatus
quaestor sorte obuenisset. eiusdem uirtus quasi perruptis et disiectis
nequitiae, qua obsidebatur, claustris catenas Iugurthae manibus iniecit,
Mitridatem conpescuit, socialis belli fluctus repressit, Cinnae dominationem
fregit eumque, qui se in Africa quaestorem fastidierat, ipsam illam prouinciam
proscriptum et exulem petere coegit. quae tam diuersa tamque inter se contraria
si quis apud animum suum attentiore conparatione expendere uelit, duos in uno
homine Sullas fuisse crediderit, turpem adulescentulum et uirum, dicerem fortem,
nisi ipse <se> felicem appellari maluisset.
6.9.7 Atque ut nobilitati, beneficio paenitentiae se ipsam admonitae respicere,
altiora modo suo sperare ausos subtexamus, T- Aufidius, cum Asiatici publici
exiguam admodum particulam habuisset, postea totam Asiam proconsulari imperio
obtinuit. nec indignati sunt socii eius parere fascibus, quem aliena tribunalia
adulantem uiderant. gessit etiam se integerrime atque splendidissime. quo quidem
modo demonstrauit pristinum quaestum suum fortunae, praesens uero dignitatis
incrementum moribus ipsius inputari debere.
6.9.8 At P- Rupilius non publicanum in Sicilia egit, sed operas publicanis
dedit. idem ultimam inopiam suam auctorato sociis officio sustentauit. ab hoc
postmodum consule leges uniuersi Siculi acceperunt acerbissimoque praedonum ac
fugitiuorum bello li berati sunt. portus ipsos, si quis modo mutis rebus inest
sensus, tantam in eodem homine uarietatem status admiratos arbitror: quem enim
diurnas capturas exigentem animaduerterant, eundem iura dantem classesque et
exercitus regentem uiderunt.
6.9.9 Huic tanto incremento maius adiciam. Asculo capto Cn- Pompei<us> Magni
pater P- Ventidium aetate <in>puberem in triumpho suo populi oculis subiecit.
hic est Ventidius, qui postea Romae ex Parthis et per Parthos de Crassi manibus
in hostili solo miserabiliter iacentibus triumphum duxit. ita qui captiuus
carcerem exhorruerat, uictor Capitolium felicitate celebrauit. in eodem etiam
illud eximium, quod eodem anno praetor <et consul> est factus.
6.9.10 Casuum nunc contemplemur uarietatem. L- Lentulus consularis lege Caecilia
repetundarum crimine oppressus censor cum L- Censorino creatus est. quem quidem
fortuna inter ornamenta et dedecora alterna uice uersauit, consulatu illius
damnationem, damnationi censuram subiciendo et neque bonis eum perpetuis frui
neque malis aeternis ingemescere patiendo.
6.9.11 Isdem uiribus uti uoluit in Cn- Cornelio Scipione Asina. qui consul a
Poenis apud Liparas captus, cum belli iure omnia perdidisset, laetiore subinde
uultu eius adiutus cuncta recuperauit, consul etiam iterum creatus est. quis
crederet illum a xii securibus ad Carthaginiensium peruenturum catenas? quis
rursus existimaret a Punicis uinculis ad summi imperii peruenturum insignia? sed
tamen ex consule captiuus et ex captiuo consul est factus.
6.9.12 Quid, Crasso nonne pecuniae magnitudo locupletis nomen dedit? sed eidem
postea inopia turpem decoctoris appellationem inussit, siquidem bona eius a
creditoribus, quia solidum praestare non poterat, uenierunt. itaque qui amara
suggillatione non caruit, cum egens ambularet, Diues ab occurrentibus
salutabatur.
6.9.13 Crassum casus acerbitate Q- Caepio praecucurrit: is namque praeturae
splendore, triumphi claritate, consulatus decore, maximi pontificis sacerdotio
ut senatus patronus diceretur adsecutus in publicis uinculis spiritum deposuit,
corpusque eius funestis carnificis manibus laceratum in scalis Gemoniis iacens
magno cum horrore totius fori Romani conspectum est.
6.9.14 Iam C- Marius ~ maximae fortunae luctatione: omnes enim eius impetus qua
corporis qua animi robore fortissime sustinuit. Arpinatibus honoribus iudicatus
inferior quaesturam Romae petere ausus est. patientia deinde repulsarum inrupit
magis in curiam quam uenit. in tribunatus quoque et aedilitatis petitione
consimilem campi notam expertus praeturae candidatus supremo in loco adhaesit,
quem tamen non sine periculo obtinuit: ambitus enim accusatus uix atque aegre
absolutionem ab iudicibus impetrauit. ex illo Mario tam humili Arpini, tam
ignobili Romae, tam fastidiendo candidato ille Marius euasit, qui Africam
subegit, qui Iugurtham regem ante currum egit, qui Teutonorum Cimbrorumque
exercitus deleuit, cuius bina tropaea in urbe spectantur, cuius septem in fastis
consulatus leguntur, cui post exilium consulem creari proscriptoque facere
proscriptionem contigit. quid huius condicione inconstantius aut mutabilius?
quem si inter miseros posueris, miserrimus, <si> inter <felices,> felicissimus
reperietur.
6.9.15 C- autem Caesar, cuius uirtutes aditum sibi in caelum struxerunt, inter
primae iuuentae initia priuatus Asiam petens, a maritimis praedonibus circa
insulam Pharmacusam exceptus L se talentis redemit. parua igitur summa
clarissimum mundi sidus in piratico myoparone rependi fortuna uoluit. quid est
ergo quod amplius de ea queramur, si ne consortibus quidem diuinitatis suae
parcit? sed caeleste numen se ab iniuria uindicauit: continuo enim captos
praedones crucibus adfixit.
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