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Du texte à l'hypertexte

Velleius Paterculus, Histoire romaine, Livre II

Chapitre 1

  Chapitre 1

[2,0] LIVRE SECOND. [2,0] LIBER POSTERIOR.
[2,1] I. - Le premier Scipion avait ouvert la route à la puissance romaine, c'est à la corruption que le second l'ouvrit. En effet, une fois supprimée la crainte qu'inspirait Carthage, une fois disparue la rivale qui leur disputait l'empire, ce n'est point par une marche insensible mais d'une course folle que les Romains laissant là la vertu, se précipitèrent vers les vices. Les anciens usages furent abandonnés, de nouveaux furent introduits ; aux veilles succéda le sommeil ; aux armes, les plaisirs ; la cité délaissa le travail pour l'oisiveté. C'est alors que Scipion Nasica construisit des colonnades dans le Capitole, que Métellus fit celles dont nous avons déjà parlé, que dans le cirque, Cneius Octavius en bâtit une bien plus magnifique encore ; et que la splendeur de l'Etat entraîna le faste des particuliers. Vint ensuite la lamentable et honteuse guerre d'Espagne contre Viriathe, un chef de brigands. La fortune y fut indécise mais plus souvent contraire aux Romains. Viriathe tué par la ruse plutôt que par le courage de Servilius Caepio, la guerre de Numance s'alluma, plus pénible encore. Cette ville n'eut jamais sous les armes plus de dix mille de ses citoyens, mais grâce à leur opiniâtre fermeté, à l'incapacité de nos chefs, ou à l'indulgence du sort, ils forcèrent non seulement les autres généraux mais même l'illustre Pompée, le premier des Pompées qui obtint le consulat, à conclure les plus honteux traités et en imposèrent de non moins honteux et exécrables au consul Mancinus Hostilius. Pompée dut l'impunité à son crédit. Mancinus éprouva une telle humiliation qu'il consentit à se laisser livrer aux ennemis par les féciaux, nu, les mains liées derrière le dos. Mais ceux-ci, comme avaient fait autrefois les vainqueurs des fourches Caudines, refusèrent de le recevoir et dirent qu'un État n'avait pas le droit de payer du sang d'un seul homme la violation de sa parole. [2,1] Potentiae Romanorum prior Scipio uiam aperuerat, luxuriae posterior aperuit: quippe remoto Carthaginis metu sublataque imperii aemula non gradu, sed praecipiti cursu a uirtute descitum, ad uitia transcursum; uetus disciplina deserta, noua inducta; in somnum a uigiliis, ab armis ad uoluptates, a negotiis in otium conuersa ciuitas. 2 Tum Scipio Nasica in Capitolio porticus, tum, quas praediximus, Metellus, tum in circo Cn- Octauius multo amoenissimam moliti sunt, publicamque magnificentiam secuta priuata luxuria est. 3 Triste deinde et contumeliosum bellum in Hispania duce latronum Viriatho secutum est: quod ita uaria fortuna gestum est, ut saepius Romanorum gereretur aduersa. Sed interempto Viriatho fraude magis quam uirtute Seruilii Caeponius Numantinum grauius exarsit. 4 Haec urbs numquam plura quam decem milia propriae iuuentutis armauit, sed uel ferocia ingenii uel inscitia nostrorum ducum uel fortunae indulgentia cum alios duces, tum Pompeium magni nominis uirum ad turpissima deduxit foedera (hic primus e Pompeis consul fuit), nec minus turpia ac detestabilia Mancinum Hostilium consulem. 5 Sed Pompeium gratia impunitum habuit, Mancinum uerecundia poenam non recusando perduxit huc, ut per fetialis nudus ac post tergum religatis manibus dederetur hostibus. Quem illi recipere se negauerunt, sicut quondam Caudini fecerant, dicentes publicam uiolationem fidei non debere unius lui sanguine.


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Dernière mise à jour : 13/03/2008