| [2,59] LIX. - On ouvrit ensuite le testament de César. Il y adoptait Caïus Octavius
petit-fils de sa soeur Julie. Nous dirons quelques mots de son origine bien
qu'il l'ait fait avant nous.
Son père Caïus Octavius était sinon de famille patricienne, du moins d'une
famille de chevaliers très en vue. C'était un homme grave, vertueux, intègre et
riche. Il fut nommé préteur avec les plus nobles personnages et c'est lui qui
eut le plus de voix. Sa réputation lui valut d'épouser Atia, fille de Julie.
Sortant de charge, il reçut du sort la Macédoine où il obtint le titre de
général en chef. Comme il revenait pour briguer le consulat, il mourut, laissant
un fils tout jeune encore. Caïus César, son grand-oncle, le fit élever chez son
beau-père Philippe et l'aima comme son propre fils. Quand il eut dix-huit ans,
il l'emmena à la guerre d'Espagne et par la suite le garda toujours auprès de
lui. Jamais il ne le fit loger ailleurs qu'avec lui ni monter dans une autre
litière que la sienne. Il l'honora même pendant son enfance de la dignité de
pontife. Quand les guerres civiles furent terminées, il voulut former par les
arts libéraux l'esprit de ce jeune homme singulièrement doué et il l'envoya
étudier à Apollonie. Il comptait l'avoir comme compagnon d'armes dans la guerre
qu'il devait entreprendre contre les Gètes, puis contre les Parthes.
A la première nouvelle de la mort de son oncle, Octave se rendit à Rome en toute
hâte : les centurions des légions voisines lui avaient cependant promis
sur-le-champ leur aide et celle de leurs soldats, et Salvidiénus et Agrippa lui
avaient conseillé de ne pas mépriser cette offre. A Brindes, on lui donna des
détails sur la mort de César et sur son testament. Comme il s'approchait de
Rome, une immense foule d'amis courut à sa rencontre, et à son entrée dans la
ville, on vit le globe du soleil former un cercle qui entourait exactement sa
tête et brillait des couleurs de l'arc-en-ciel. Il semblait ainsi mettre une
couronne sur la tête de celui qui devait bientôt être si grand.
| [2,59] Caesaris deinde testamentum apertum est, quo C- Octauium, nepotem sororis
suae Iuliae, adoptabat. De cuius origine, etiam si premit iter, pauca dicenda
sunt. Fuit C- Octauius ut non patricia, 2 ita admodum speciosa equestri genitus
familia, grauis, sanctus, innocens, diues. Hic praetor inter nobilissimos uiros
creatus primo loco, cum ei dignatio Iulia genitam Atiam conciliasset uxorem, ex
eo honore sortitus Macedoniam appellatusque in ea imperator, decedens ad
petitionem consulatus obiit praetextato relicto filio. Quem C- Caesar, maior
eius auunculus, 3 educatum apud Philippum uitricum dilexit ut suum, natumque
annos duodeuiginti Hispaniensis militiae adsecutum se postea comitem habuit,
numquam aut alio usum hospitio quam suo aut alio uectum uehiculo,
pontificatusque sacerdotio puerum honorauit. 4 Et patratis bellis ciuilibus ad
erudiendam liberalibus disciplinis singularis indolem iuuenis Apolloniam eum in
studia miserat, mox belli Getici ac deinde Parthici habiturus commilitonem. 5
Cui ut est nuntiatum de caede auunculi, cum protinus ex uicinis legionibus
centuriones suam suorumque militum operam ei pollicerentur neque eam spernendam
Saluidienus et Agrippa dicerent, ille festinans peruenire in urbem omnem ordinem
ac rationem et necis et testamenti Brundusii comperit. 6 Cui aduentanti Romam
inmanis amicorum occurrit frequentia, et cum intraret urbem, solis orbis super
caput eius curuatus aequaliter rotundatusque in colorem arcus uelut coronam
tanti mox uiri capiti imponens conspectus est.
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